Rencontre des groupes Voix au chapitre
l'ancien qui a 30 ans exactement et 28 lecteurs (dont 4 à distance)
le nouveau groupe parisien qui a 8 mois et 13 lecteurs
le groupe breton qui a 12 ans et 13 lecteurs.

Les règles du jeu de cette soirée particulière du 18 novembre 2016 :
- chacun tour à tour évoque “quelque chose dans le domaine de la lecture”, qui compte pour soi 
- on peut préciser "son ancienneté dans le groupe" et parfois son expérience d’un autre club de lecture 
- le temps est limité à 3 minutes…
- on peut parler d'un livre, d'un auteur, de plusieurs livres, de plusieurs auteurs, ou encore de ce que représente la lecture pour soi, mais il faut que ça tienne en trois minutes…

Nous sommes 24 : 14 de l'ancien groupe, 8 du nouveau groupe, 2 représentant le groupe breton venus exprès à Paris...

Brigitte
Je suis la plus ancienne à tous les sens du terme. Je suis entrée en 1986 dans un groupe qui cherchait à s'étoffer, créé par Christian (que nous avons retrouvé à l'occasion de ces 30 ans du groupe et qui reviendra nous voir). Le groupe s'est ensuite réuni chez Claire quand elle nous a rejoints.
Pour ma part, je constate que j'ai maintenant plus de mal à passer d'un livre à l'autre. Je suis immergée dans la lecture d'un livre.

Émilie
Je fais partie du Salon des Refusés depuis le début. J'apprécie le groupe pour les livres que je découvre.
La première lecture qui a compté pour moi, c'est Le Petit Prince de Saint-Exupéry que j'ai lu en 6e. C'est une lecture qui me reste - je ressens même de l'émotion encore à parler de ce livre. La lecture est pour moi liée à l'émotion.
Outre les livres que je n'aurais pas lus, le groupe me fait découvrir des points de vue différents sur ma lecture.

Nathalie B (elle est entrée dans le nouveau groupe dès sa création, 8 mois auparavant)
J'ai été intéressée par le débat sur la littérature qu'a eu le groupe, notamment autour de Vernon Subutex. Qui pour moi est de LA LITTÉRATURE !
Je suis entrée en lecture petite. Ce que j'aime, c'est qu'un livre nous change, et c'est ce qui est pour moi la définition de la littérature. Quand on lit, on habille le roman avec ce qu'on l'on est, ce que l'on vit. Un roman qu'on lit, c'est un moment de soi.
Un livre que j'ai envie d'évoquer, c'est Tu ne tueras pas qui met en scène un jeune Israélien et un jeune Palestinien qui commencent dans le conflit et finissent dans l'entraide. Pour moi, la littérature c'est aussi l'identification : j'ai été ainsi un petit enfant dans un saut d'avion avec un fennec. Et j'en suis sortie changée.

Valérie (elle est entrée dans le nouveau groupe dès sa création)
Je suis une très grande lectrice.
Ma passion, c'est le roman d'Europe centrale : il s'agit d'une véritable initiation et compréhension de la littérature de la Mitteleuropa, d'auteurs allant de la période de 1850 jusqu'à la guerre de 1914, en passant par Joseph Roth, Sándor Márai, Stephan Zweig et d'autres qui me conduisent à des voyages en Europe Centrale. La littérature pour moi est indissociable du parcours de l'écrivain. C'est pourquoi la biographie reste un de mes genres préférés. Mais je souhaite vous parler plus particulièrement de théâtre où je vais souvent, et de trois pièces actuellement adaptées de l'œuvre de Zweig : Le Monde d'hier, Amok, La Peur.
Enfin, ma plus grande référence, c'est La Recherche du temps perdu.

Manuel (c'est sa 26ème année dans le groupe ; il a créé le site il y a 16 ans)
C'est difficile de choisir un livre fétiche… J'en citerais deux :
- un de l'époque scolaire, Baudelaire, Le Spleen de Paris
dont j'ai découvert l'analyse avec Sabine au lycée (c'est Sabine, plus tard, j'avais 18 ans, quand elle n'était plus ma prof, qui m'a amené dans ce groupe), ce livre est sur ma table de chevet, c'est un ami, j'en lis quelques pages de temps en temps, c'est une lecture enrichissante
- et une lecture "autonome" : les
Mémoires d'Hadrien de Marguerite Yourcenar, une lecture qui m'émeut, toujours. Lire Zweig m'a donné envie de le relire.

Annick A (c'est sa 9ème année dans le groupe)
Lire pour moi c'est vivre de multiples vies dans un monde à chaque fois nouveau. C'est m'introduire dans la pensée des personnages qui se livrent à moi dans une intimité qu'aucun être réel ne m'offrira jamais, c'est partager leur monde, leur mode de vie, leur vision, leur ambivalence, leur sauvagerie et me laisser ainsi questionner par eux sur la nébuleuse de mon être. C'est m'en faire des amis ou des ennemis chez qui je viens m'inviter et qui viennent déranger le temps d'un livre le cours de ma vie réelle.
Je n'ai pas d'auteurs préférés. J'aime tous ceux qui ont la capacité par la richesse de leur écriture de me faire voyager dans la géographie des idées.
Mémoires d'une jeune fille rangée de Simone de Beauvoir lu à l'âge de 18 ans a influencé la direction de ma vie. Je citerai 2 livres que j'ai partagés avec le groupe lecture :
- Le convoi de l'eau d'Akira Yoshimura, petit livre japonais d'une grande beauté poétique qui nous plonge dans une atmosphère envoûtante. Par le biais de la construction d'un barrage auprès d'un village qui n'a jamais connu la civilisation moderne, il traite du choc des cultures entre le Japon moderne et ancestral et de la rédemption d'un homme, le narrateur, qui se laisse imprégner par la sagesse des villageois.
- Confiteor de Jaume Cabré, chef-d'œuvre littéraire époustouflant, qui défait les lois de la narration pour nous entraîner dans l'histoire du mal à travers les siècles.

Henri (c'est sa 5ème année dans le groupe ; il dit, sans un mot préalable, sans aucun soutien imprimé...)
"Au long de la Route [du Perré], nous rencontrions parfois des femmes. Elles allaient par deux, par trois — presque jamais seules — à cheval presque toujours — pourtant une fois nous en rencontrâmes deux qui allaient à pied : deux silhouettes noires et fragiles, loin devant nous sur le chemin, auxquelles les pesantes bottes de voyage donnaient un sautillement d’oiselet boiteux : elles se tenaient par le doigt sans rien dire et — e me souviens que c’était le temps de Pâques — elles mordillaient une branche fleurie : les bois dans le brouillard de verdure jaune étaient pleins d’appels de coucou, mais c’étaient ces bouches seules tout à coup sur le chemin plein de fondrières et d’eaux neuves qui nous apprenaient que la terre fleurissait. […] Il n’y avait rien de vil ni de vulgaire dans ces rencontres. Elles étaient venues parfois de très loin, ayant entendu dire quels voyageurs passaient sur le chemin, non pour vivre d’eux […] mais pour vivre avec eux, ou plutôt à portée d’eux et à leur guise, dans cette espèce de sillage éveillé qu’était la Route et où on respirait comme nulle part : on pensait quelquefois à ces oiseaux de mer qui se balancent un moment sous le vent des navires, mais les abandonnent l’un pour l’autre, comme si le frais remous d’écume du voyage les captivait plutôt que le voyageur. Presque toutes étaient belles, d’une beauté rude et un peu lourde ; elles ressemblaient à ces filles de paysans aux yeux hardis dans la nuit tombante, qu’on voit monter à cru les chevaux revenant de l’abreuvoir, — mais la Route les avait affinées, ou peut-être son appel avait-il touché dans le fond de ces campagnes terreuses seulement ce qui pouvait y courir encore de sang plus léger. […] Elles parlaient peu — ne craignaient pas — étaient de sage et subtil conseil pour les dangers de la route — et on pouvait si on voulait traiter en camarade, comme des hôtes de voyage d’un jour ces alertes et taciturnes compagnons bottés de cuir qui savaient passer le mors à une bête et jurer entre leur dents comme un homme — mais quelquefois, à l’étape, quand la nuit s’était épaissie autour du lit de braises rouges — la seule coquetterie qu’elles avaient c’était de toujours choisir — une bouche cherchait votre bouche dans le noir avec une confiance têtue de bête douce qui essaie de lire sur le visage de son maître, et c’était soudain toute une femme, chaude, dénouée come une pluie, lourde comme une nuit défaite, qui se laissait couler entre vos bras."

Sur notre demande, Henri, qui nous a déjà dit (de mémoire) Les eaux étroites de Julien Gracq, nous en dit plus sur ce texte...

Monique L
Je suis dans le groupe pour la troisième année. Quand je travaillais, j'ai eu une époque - contrairement à quand j'étais plus jeune - où j'ai moins lu de romans, de fictions, mais des lectures utilitaires : par exemple les livres de l'École de Palo Alto, de Bateson, de Watzlawick, qui ont compté pour moi. J'ai repris un autre type de lecture à la retraite : il manquait en effet ce qui est lié à l'émotion, à l'imagination.
Et il y a eu l'entrée dans le groupe, avec le fait de partager - j'apprécie les désaccords. Je passe beaucoup d'un livre à l'autre, je n'ai pas de "plan de lecture", il y a tant à lire. Quand j'entends un nom d'auteur, un titre, je note et la liste est énorme...
Alors que je vais beaucoup au théâtre ou au cinéma, pour moi la lecture marque plus profondément, de façon plus intérieure.

Flavia (avec son accent italien, elle est entrée dans le nouveau groupe à la rentrée de septembre il y a trois mois)
Je lis beaucoup et j'ai besoin de libérer et de partager des sensations. Ce que m'apporte la lecture ?

Une voix implorante...
Un conseil d'un livre italien ?

Flavia
Vita de Melania Mazzucco.

Marie-Odile
Je participe au groupe breton depuis assez peu de temps (trois ans) et en plus je n'y viens pas toujours. Car je vis entre Bretagne et Pyrénées où je participe aussi à un autre groupe.
Ce qui m'intéresse dans la lecture, c'est l'écriture et la construction. Je ne suis pas fidèle aux auteurs : une fois la dernière page tournée, je lis autre chose.
Un grand livre pour moi, c'est La Promesse de l'aube...

Plusieurs
... aaahhhh...

Marie-Odile
... en raison de... l'humour qui est pour le narrateur "une déclaration de dignité, une affirmation de la supériorité de l'homme sur ce qui lui arrive" J'aime aussi que le livre passe par très loin pour parler de quelque chose qui est très proche, passe par l'imaginaire pour parler de la réalité.
Et puis, il y a Swift, Le voyage de Gulliver, tout à la fois une utopie et une satire qui dénonce la bêtise, l'absurdité et la cruauté éternelles des êtres humains. J'ajouterais une petite anecdote qui m'est arrivée à la lecture de Boussole de Mathias Énard : ce livre extrêmement riche évoque dans les dernières pages "l'horrible recette du cœur amoureux" dans la triste histoire de Guilhem de Cabestany, troubadour, et de la dame de Château-Roussillon. Or, il se trouve que j'effectuais ma lecture au pied même de la tour où se déroule cette légende que j'ignorais totalement. J'étais ainsi, par la lecture, après un immense détour par l'Orient, ramenée à l'endroit où je me trouvais... Amusant !

Julius (il est entré dans le nouveau groupe à la rentrée de septembre il y a trois mois)
Je préfère écouter plutôt que parler… La lecture est une aventure intérieure.
Pourquoi la lecture ? Ou pourquoi la littérature ? J'ai sans doute été marqué par Winnie l'ourson (boutade ?). La lecture et l'écriture pour moi c'est la même chose : je ne peux lire qu'un crayon à la main et je pense que l'écrivain ne peut composer qu'environné de tous les livres qui peuplent son esprit et sa bibliothèque.

La lecture opère ce paradoxe magique de toujours nous rapprocher de nous-même alors que nous croyons justement nous en éloigner, nous distraire, en fuguant dans des histoires à n'en plus finir. Orphelins dès notre naissance, je crois que nous passons notre vie entière à chercher qui nous sommes. Et grâce à la lecture, nous découvrons, nous comprenons, que nous ne sommes pas UN, mais cent, mille, dix mille... La lecture nous permet de vivre d'autres vies, tout en nous approchant toujours plus près de nous-mêmes, ni tout à fait nous-même, ni tout à fait un autre, tantôt personnage, tantôt littérateur, en transformation perpétuelle. Et plus nous nous rapprochons de nous-même, plus nous nous rapprochons des autres. L'émotion naît pour moi de cet universel. Il en va de même pour la peinture ou la musique, mais le mot m'apparaît infiniment plus riche car plus abstrait. Pour moi, la littérature pourrait s'incarner dans ces quelques vers du poète russe Alexandre Blok :
Qu'il est dur d'avancer parmi les hommes
En feignant de n'avoir pas péri,
Et de narrer le jeu tragique des passions
A tous ceux qui n'ont pas vécu encore
Et de chercher, dans son cauchemar nocturne,
Un ordre au tourbillon désordonné du cœur,
Pour que, dans les pâles lueurs de l'art,
On devine le feu dévorant de la vie !

Enfin, si je devais n'emporter qu'un seul livre sur la Lune, j'en prendrais deux : Guignol's band de Céline et aussi le Dictionnaire de la langue française de Furetière.

Séverine (c'est sa 4ème année dans le groupe)
Les 30 ans du groupe coïncident avec les 30 ans de ma nièce qui est retenue pour les 30 ans du Musée d'Orsay avec qui je partage une passion pour Simenon. C'est une œuvre immense que celle de cet auteur qui sait raconter des histoires, planter des décors, créer des atmosphères psychologiques : un auteur complet ! J'adore Maigret, même si ce n'est pas partagé j'en suis sûre par l'ensemble du groupe…

Brigitte
Nous avions lu La Vérité sur Bébé Donge.

Claire
Et quand nous avons lu Un pedigree de Modiano, il y avait l'option de lire aussi Pedigree de Simenon à qui Modiano rendait hommage par le titre et que vous aviez toutes deux beaucoup aimé je me souviens...

Séverine
Oui... Pour moi, c'est très riche de participer au groupe. Il y a trois livres qu'actuellement je détache : Confiteor, Americanah, Vernon Subutex...

Monique S (c'est sa 26ème année dans le groupe)
J'aurais pu parler de Proust, de la Bible, de Sylvio d'Arzo, de Michèle Desbordes... mais ma pensée revenait toujours vers mon premier manuel de lecture en CP : la méthode Boscher.
Si un livre m'a changé ma vie, c'est bien celui-là.
A la maison, nous n'en avions aucun.
Ce fut donc mon premier livre, et en couleurs !
J'y ai découvert l'association des sons et des lettres, des mots et des choses.
C'était une énorme nouveauté dans ma vie, mais aussi dans ma lignée ; mon grand-père était analphabète, et mon père pas tout à fait alphabétisé.
J'aimais le graphisme des lettres, j'adorais les rouges. J'aimais les dessins des choses à compter et les images qui collaient totalement aux scènes de ma vie quotidienne à la ferme, à part quelques pages qui montraient les vacances, le bord de mer, choses totalement mystérieuses pour moi, mais fenêtres ouvertes sur un monde inconnu à découvrir.
On pourrait se dire : et la littérature dans tout cela ? Elle était là aussi pourtant, dans les dernières pages. En les lisant en classe, j'ai retrouvé mon chemin avec
Le petit Poucet, je suis morte un matin avec La chèvre de Monsieur Seguin, je me suis défendue des méchants avec La pêche d'Ysengrin.
Il y avait même la poésie, qui faisait que les mots rendaient encore plus beau le monde qui nous entourait, comme "Les papillons, ces fleurs célestes".
Et puis, il y avait en dernière page, que je regardais souvent en attendant 1a correction des exercices : la comptine de Paul Fort "Si tous les enfants du monde voulaient bien de donner la main...", avec l'image de la terre ronde et une ligne d'enfants qui se donnent la main sur la terre et la mer.
Je crois que, par la suite et toute ma vie, les livres m'ont donné à vivre ce sentiment de fraternité avec tous les autres humains. La lecture m'a fait voyager partout, et en tout temps.
Avec des découvertes fulgurantes comme L'épopée de Gilgameš (que j’ai mis trois ans à faire programmer au groupe lecture...), ce premier récit de l'humanité écrit sur plaques d'argile, qui dit déjà tous les grands problèmes humains : le pouvoir, la violence, l'érotisme, l'amitié, le deuil...
Ou cette autre découverte, au pays du Soleil Levant, Journaux de voyage du poète zen japonais Bashô, qui m'entraînent sur leur chemin à méditer sur les nuages qui passent, les saisons qui reviennent...
Le groupe de lecture, depuis 25 ans, m'a fait découvrir "énormément" de facettes inconnues de ce monde littéraire, et j'en remercie tous les participants au fil du temps.

Nathalie B
J'aimerais que tu nous lises ce poème !

Monique S
"Si toutes les filles du monde voulaient se donner la main, tout autour de la mer elles pourraient faire une ronde.
Si tous les gars du monde voulaient bien être marins, ils feraient avec leurs barques un joli pont sur l'onde.
Alors on pourrait faire une ronde autour du monde, si tous les gens du monde voulaient se donner la main.
"

Rozenn (c'est sa 25ème année dans le groupe)
Je suis bien incapable de choisir UN livre. Je ne sais pas ce qu'est la littérature. Ni ce qu'est "l'écriture". Je lis tout le temps. Partout. J'aime les histoires. Je peux dire que
L'espèce fabulatrice de Nancy Huston, qu'elle écrit en parallèle de Todorov, j'adore ! C'est une suite de petites notes, mais il y a quand même une progression. Elle montre que le propre de l'humain c'est de raconter. Elle dit que sans les histoires, il y aurait eu eux, "les méchants", et nous, "les bons". Avec la lecture, on peut faire tomber les frontières. J'aime la citation en exergue de Danilo Kis :
"Ils jetèrent les livres par terre, les piétinant et les déchirant sous mes yeux. (…) Et je leur dis de ne pas les déchirer car une multitude de livres n'est jamais dangereuse, mais un livre seul est dangereux ; et je leur dis de ne pas les déchirer car la lecture de nombreux livres mène à la sagesse et la lecture d'un seul à l'ignorance armée de folie et de haine."

Marie-Thé (c'est sa 12ème année dans le groupe breton)
Je suis impressionnée... par ces 30 ans. Un auteur aimé, lu il y a 30 ans, c'est Colette, qui me comblait, quand je l'ai lu en revenant d'Afrique où je vivais. 10 ans après, elle m'accompagnait encore. 30 ans après, quelle déception, c'est daté. Le temps passe, change les livres aussi.
J'ai participé à d'autres groupes, où chacun apportait un livre, ce qui permettait des découvertes. Voix au chapitre, c'est différent. Avec des auteurs que je n'aurais jamais lus : Walter Benjamin par exemple, le livre Proust contre la déchéance ou récemment Le Monde d'hier de Zweig. Je me souviens aussi de Gertrude Stein.
Voix au chapitre, c'est partager le chemin que je fais dans le livre. Quand je lis, je pense aux autres lecteurs. Faire la synthèse de ce chemin pour la formuler au groupe, c'est difficile, c'est frustrant pour moi… Il y a maintenant un côté exponentiel avec tous les avis sur le site, c'est très agréable.
Je regrette une résistance à programmer Tournier, Camus...

Plusieurs
On a lu du Camus.

Françoise H (elle est entrée il y a 8 mois dans le nouveau groupe qui s'est constitué grâce à elle, grâce à sa question "pourquoi ne constituez-vous pas le Salon des Refusés ?"... ; le nouveau groupe se réunit chez elle)
Je botte en touche jusqu'à Lima, la capitale du Pérou…
Lima a la réputation d'être "la ville la plus triste du monde" à cause de son ciel continûment gris qui ne fait rien ressortir.
J'y ai passé une dizaine de jours, il y a quelques années.
Dans le centre-ville, il y a pourtant une superbe façade en pierre peinte en blanc et jaune. C'est la Casa de la literatura peruana. A l'entrée, il y a un somptueux escalier digne d'un musée des Beaux-arts. Ensuite, on se retrouve dans une immense salle entourée de colonnes antiques surmontée d'une superbe verrière art déco. Dans cette galerie, sont exposés les portraits, les extraits d'œuvres, les biographies d'écrivains indiens, espagnols, créoles et péruviens. L'immeuble est majestueux. Vous devez imaginer une gare d'Orsay consacrée à la littérature...
A Lima, depuis quelques années, on organise aussi dans un café du centre-ville des Luchas libros. Ce sont des défis littéraires qui prennent la forme de matchs de catch, sport très populaire là-bas. Dans le café, il y a un ring éclairé par un gros projecteur. Deux joueurs s'y installent, chacun à sa table avec son ordinateur. Chacun porte un dossard et un masque de catcheur. Une bimbo circule dans l'assistance avec une pancarte qui annonce le mot tiré au sort. Le texte qu'ils improvisent à partir de ce mot s'inscrit au fur à mesure sur un pan de mur. C'est lu par le public qui est attablé et qui discute en sirotant son verre.
Un jury départage les deux écrivains et le vaincu en signe de respect enlève son masque et salue le vainqueur !
La littérature pour moi, c'est un havre de paix dans lequel je me confronte à plus fort que moi…

Danièle (c'est sa 3ème année dans le groupe)
J'ai fait partie moi aussi, comme ceux du nouveau groupe, d'un "Salon des refusés" d'un club de lecture qui n'avait plus de places et qui nous a aidés à en créer un nouveau. Le groupe n'a pas tenu, car nous n'avions pas de lieu, nous errions de café en café. Voix au chapitre, c'est un lieu, ici, magique, merci infiniment à Claire pour son accueil ! C'est aussi un site, très bien fait, merci Manu ! C'est l'œuvre de personnes en chair et en os qui sont devenues les piliers du groupe, ce qui assure sa pérennité.
Le livre qui compte pour moi, c'est Jours de colère de Sylvie Germain. Je l'ai proposé dès mon entrée, et dans mon ancien groupe et dans celui-ci. Je l'ai donc déjà lu trois fois en assez peu de temps, avec chaque fois autant de plaisir. J'ai adoré ce livre qui me rappelle Garcia Márquez par son côté baroque. Il m'envoûte, par la fusion des hommes et de la nature, de l'humain et du bestial, dans l'univers mythique de la forêt du Morvan, dans lequel les arbres jouent à part égale avec les hommes. La religion y est empreinte de superstition. La symbolique des chiffres, la symbolique mariale donnent un caractère mystique à l'œuvre, qui reste pourtant de l'ordre du mythe universel. Son souffle poétique et son appétit goulu pour la langue m'ont de même transportée. Et c'est ce qui m'intéresse dans la lecture d'un livre, non pas être transformée, comme j'ai entendu beaucoup d'entre vous le dire ici, mais être transportée, voire envoûtée, comme je l'ai été par Garcia Márquez ou Proust. Le monde s'est partagé pendant quelque temps pour moi entre ceux qui l'aiment et ceux qui ne l'aiment pas. J'ai dû passer le cap de cruelles déconvenues lorsque j'apprenais que quelques rares personnes, dont des personnes qui m'étaient chères, ne l'aimaient pas, ou trouvaient que Sylvie Germain en faisait trop. Mais c'est justement ce trop qui me transporte, comme pour la plupart des personnes à qui j'ai fait connaître ce livre. Finalement, pour mon plus grand bonheur, la magie du partage a joué largement en faveur de ce livre.

Catherine
Je suis la dernière venue dans le groupe et je suis enchantée. Je lis beaucoup et depuis longtemps. J'ai moi aussi appris à lire avec la méthode Boscher... : j'avais droit à 1 franc quand j'ai pu lire La petite Poule rouge et mes enfants aussi ont reçu la même chose (en euro) quand ils l'ont lue…
Ce que je recherche dans un livre, c'est qu'on me raconte une histoire ou qu'on me fasse découvrir ce que je ne connais pas. Parmi les auteurs qui m'ont fascinée ? Dostoïevski, parce que je ne comprends pas ses livres. J'aime être transportée dans un univers inconnu.
Lire c'est aussi pour moi se laisser transporter dans d'autres émotions : mais David Copperfield, je n'ai jamais pu le finir, parce que c'est trop triste - je pleurais trop.

Fanny (c'est sa 2ème année dans le groupe ; elle nous lit de petits extraits sans rien nous en dire d'abord)
Petit florilège d'extraits divers, car il est pour moi trop difficile de choisir un seul livre... Je ne pense pas avoir un genre littéraire de prédilection et pas certaine d'ailleurs d'avoir envie d'en avoir un.
Pour moi la lecture c'est tout d'abord Le livre de la jungle (de Rudyard Kippling, 1894) : Baguerra, Kaa, Sherkan... qui m'a été raconté alors que je ne savais pas encore lire.
Puis les premières lectures solitaires en primaire avec Charlie et la chocolaterie (Roald Dahl, 1964) qui me mettait l'eau à la bouche... roman que j'ai d'ailleurs eu plaisir à transmettre à mon tour.
C'est aussi le souvenir à l'adolescence de longues après-midis d'hiver, sans impératif, et le plaisir de m'étendre avec un roman sans avoir à compter les heures ni les pages, avant d'être contrainte de le poser.
C'est aujourd'hui encore le plaisir de soirées passées à lire, ou même la hâte de prendre le métro pour pouvoir grappiller quelques pages supplémentaires. C'est aussi l'excitation, y compris physique, de sortir de la librairie avec un nouvel ouvrage à découvrir.
La lecture c'est peut-être essentiellement pour moi un espace de liberté : liberté d'expression et d'accès à la culture, il ne faut pas l'oublier. Mais cela touche également à une dimension plus intime dans ce qui chemine intérieurement à chaque nouvelle rencontre avec un roman, un auteur.
Liberté plus grande encore grâce aux rencontres avec Voix au Chapitre à travers les échanges, surtout lorsqu'ils sont contradictoires, comme une ouverture sur une pluralité de ressentis, sans renier les siens mais en allant justement toujours un peu plus loin dans l'expression de l'émotion éprouvée. Merci !

Jacqueline (c'est sa 26ème année dans le groupe)
Je suis un peu addict à la lecture. Le groupe lecture m'a un peu guérie.
J'aime ces romans quand ils me font découvrir un pays, des personnages, et j'aime la dimension intemporelle aussi.
J'aime relire Mme Bovary, Le Rouge et le noir, je suis une relectrice.
J'aime lire Laurent Mauvignier dont nous avions lu Loin d'eux ; j'aime l'entendre parler de ce qu'il écrit, c'est toujours différent, c'est toujours juste.
J'aime Où j'ai laissé mon âme. Quand j'aime un livre, j'en lis d'autres du même auteur, mais il y en a certains de Jérôme Ferrari qui sont trop durs.

Monique S
Il faut préciser que lorsque nous parlons d'un livre, Jacqueline a lu presque tous les livres de l'auteur + une biographie. De plus, elle traverse tout Paris pour trouver quelque chose à manger en rapport avec le livre.

Claire
Pour ça, parfois elle appelle l'ambassade quand elle manque d'idées...

Jacqueline
J'aime ce qui résiste à la compréhension. J'aime quand suite à la lecture le "travail" se poursuit.
J'aime Laferrière notamment car il est académicien...
J'aime quand les femmes écrivent, notamment Catherine Lépront (que j'avais fait lire au groupe avec Des gens du monde qui fit un flop…) et Claire Etcherelli. J'aime la verve de Lydie Salvayre, j'aime Alexievitch. Des livres évoquent toujours quelqu'un pour moi.
J'aime le groupe, m
erci à tous. Merci Claire, merci à Marie-Jo qui n'est plus là pour les découvertes, pour ses paroles et ses jugements.

Annick L (c'est sa 13ème année dans le groupe)
La découverte des livres et du monde des histoires a été merveilleuse pour la petite fille que j'étais : jolis albums illustrés, contes de tous les pays (j'ai conservé la plupart d'entre eux et j'ai essayé de transmettre ce plaisir à d'autres enfants, les miens entre autres). Plus tard, quand j'ai su lire de façon autonome je suis devenue une lectrice boulimique (j'avalais tout ce qui me passait à portée d'œil). J'ai découvert des grands héros de la littérature enfantine : Peter Pan, Pinocchio, Alice, mais aussi ceux des séries (Club des cinq…) avec lesquels j'ai noué une relation familière et que j'adorais retrouver, sans jamais me lasser. Lire et relire sans cesse les mêmes histoires, comme un refuge rassurant. Un appétit, une addiction qui ne m'a pas quittée : les livres comme des compagnons qui m'offrent le plaisir de vivre d'autres vies que la mienne, ici et sous d'autres latitudes. Je ne peux imaginer, encore aujourd'hui, me déplacer sans un livre dans la poche.
C'est au lycée que s'est forgée ma sensibilité à l'écriture, à l'univers particulier de chaque auteur. Et mes études en fac ont ouvert mon horizon, jusqu'alors très classique, à des auteurs contemporains, français ou étrangers traduits. Cette curiosité, ce goût de la découverte ne m'ont jamais quittée et j'ai plongé tour à tour dans la littérature allemande, sud-américaine (dont j'ai adoré la luxuriance, la saveur de la langue et ce fameux réalisme magique qui m'enchantait), italienne, créole, ainsi que, plus tard, anglo-saxonne. Une fois que j'ai découvert un auteur attachant j'aime à lire chaque nouveau titre qui sort pour retrouver cette petite musique familière qui m'a séduite la première fois (une histoire d'amour !). Même posture pour certains écrivains français contemporains comme Le Clézio, Echenoz, Modiano. Mes goûts littéraires ont évolué et m'ont fait rechercher de plus en plus un type d'écriture plus épuré, une musique plus subtile, moins lyrique.
Mais la rencontre avec des auteurs et des œuvres littéraires m'a aussi aidée à me construire en tant que femme, à mieux me comprendre et comprendre les autres. Ma bibliothèque personnelle tourne autour de quelques romancières que je peux lire et relire indéfiniment comme Virginia Woolf (Une chambre à soi, Mrs Dalloway), Marguerite Duras (Un barrage contre le Pacifique, La Douleur), Annie Ernaux (Une femme, La Place) ou Toni Morrison (Beloved), des auteures qui, pour moi (et c'est là à mes yeux l'un des enjeux essentiels de l'écriture), ont su mettre des mots sur des impressions fugaces, des ressentis profonds, des angoisses sourdes qui viennent agiter la surface lisse et objective de nos existences. Et ma passion pour la poésie (des grands auteurs classiques jusqu'à d'autres plus contemporains, comme Jean-Pierre Siméon ou Andrée Chedid) relève d'une même nécessité : une écriture qui est apte à saisir, à travers des images inédites ou des formules saisissantes, à la fois toute la beauté du monde et son inquiétant désordre.

François (il est entré dans le nouveau groupe 7 mois auparavant)
Je suis très heureux d'être dans ce groupe. J'apprécie l'échange, la découverte de livres que je n'aurais jamais lus : par exemple Per Petterson, un chef-d'œuvre... j'aime moi aussi lire et écouter les avis des autres.
De fait, la lecture, c'est un acte à la fois intime et public. Comme je suis un lecteur un peu compulsionnel, il m'est difficile de parler de tel ou tel livre. Je préfère vous lire le début de Bouvard et Pécuchet : le passage est resté aussi célèbre que le banc sur lequel ils se retrouvent avant de se lancer dans leurs risibles aventures... La magie du style de Flaubert opère tout de suite, et elle fait bien ressortir la naïveté et la candeur désarmante des deux hurluberlus qui vont se laisser emporter par leur désir de tout savoir dans des aventures désopilantes et dignes du meilleur cinéma burlesque. Et le comique a quelque chose de profond comme si le sujet du livre était aussi et un peu notre propre et inévitable bêtise. Mais je reconnais qu'il peut y avoir quelque chose de lassant et de répétitif dans ce roman que je relis lentement. A signaler : une très bonne et divertissante adaptation de ce livre avec Jean Carmet et Jean-Pierre Marielle.

Inès
Je fais partie du nouveau groupe depuis la première séance. Pour moi, La lecture c'est d'abord beaucoup de détente, entrer dans une histoire, relaxer son esprit, depuis toujours.
A 18 ans, je n'ai plus eu de télé, plus d'internet, d'où beaucoup de lectures de plaisir, notamment avec des policiers. Je lisais et je lis toujours comme on regarde un bon film ou une bonne série.
Je lis aussi beaucoup des fictions sur fond historique, du type Les Mystères de Paris ou de nombreux livres de Zola.
Enfin j'aime énormément la littérature russe.
C'est le besoin de partager qui m'a fait intégrer le groupe et m'ouvrir sur le goût des autres. Je finissais souvent des livres avec l'envie de partager avec quelqu'un combien je l'avais adoré ou détesté. Parfois, j'avais l'impression que je passais à côté d'un roman, et je me disais qu'il y avait forcément quelque chose qui m'avait échappé. C'est pour répondre à ces besoins d'échange que j'ai voulu intégrer Voix au chapitre.
Pour en revenir à ce que j'aime dans la lecture, les romans russes me marquent généralement beaucoup car je trouve les Russes assez mystiques. Étant moi même très croyante, je trouve que leur écriture est très parlante. Même si des références à l'orthodoxie sont faites, je trouve qu'elles sont assez générales pour que chacun s'y retrouve. Je trouve leurs mots apaisants, relaxants pour le cœur et même, sans employer de mots trop grandiloquents, pour l'âme...
A ce titre, mon livre préféré est La Steppe d'Anton Tchekhov. Le fond de l'histoire est superficiel et banal mais la balade pour le cœur et l'esprit via les mots est sans nom...

Claire
J'entame ma 30ème année dans ce groupe. Quand j'y suis entrée, je participais déjà à un groupe et je participe toujours à d'autres groupes. J'ai expérimenté une dizaine de groupes différents, mais bien entendu ma préférence absolue et sur toute la ligne va au nôtre !
En fait je n'aime pas beaucoup lire… mais j'aime échanger sur un livre au sein d'un groupe ; du coup, je suis obligée de lire pour participer au groupe.
J'aime beaucoup la question qui revient dans notre groupe : est-ce un livre pour le groupe lecture ? Et c'est pourquoi j'ai choisi d'évoquer trois livres qui j'en sûre ne seraient pas considérées pour le groupe :
- Une vie en crobards de Jacqueline Duhême relate à la première personne le parcours étonnant de cette illustratrice - dont la vie est un roman. J'ai eu un très grand plaisir à la double narration, avec un très beau montage d'images et de texte manuscrit, avec des rencontres extraordinaires qu'elle nous fait vivre : Éluard, Matisse, Picasso, Peggy Guggenheim, les Kennedy, Élisabeth Badinter et bien d'autres. Outre le plaisir du récit et le plaisir visuel esthétique, j'y trouve aussi un plaisir "de genre" : ce pas une BD, pas un roman graphique, c'est une autobiographie graphique très originale.
- C'est un plaisir différent avec Comment visiter un musée et aimer ça du Néerlandais Johan Idema. Le plaisir fut là thérapeutique : il m'a libérée, autorisée à être moi-même dans les musées, où souvent je m'intéresse plus à la façon dont l'exposition est conçue qu'aux œuvres elles-mêmes, aux cadres plus qu'à ce qu'ils entourent (c'est comme pour la lecture où je préfère parler du livre plutôt que le lire). Grâce à ce livre, c'est sans culpabilité culturelle que je peux marcher sans m'arrêter devant les tableaux, m'intéresser aux gardiens du musée ou aux visiteurs. Et en plus, dans le livre il y a une recherche visuelle. Il est inclassable et j'aime ça.
- Le troisième, c'est une biographie, écrite par un chien, Flush, et par un grand auteur absolument illisible pour moi, Virginia Woolf, dont tous les grands livres me tombent des mains. Flush, c'est un petit bijou d'humour et de savoir faire narratif, tout en évoquant des personnages qui sont des écrivains, puisque c'est la biographie d'une poétesse : on est pleinement dans la littérature...
Donc, un guide qui rend euphorique, un ouvrage mineur d'un grand écrivain dont le narrateur est un chien, une autobiographie en images, voilà trois livres que j'ai adorés et qui ont pour seul défaut de n'être pas des livres pour le groupe lecture…

Plusieurs
Pourquoi ?

Claire
Par exemple parce qu'il y a des images dans celui-là (et il est donc plus cher).

Plusieurs
On a déjà lu des livres avec des images...

Jacqueline
Proust contre la déchéance de Joseph Czapski.

Annick A
Et le livre de cet Allemand..., Austerlitz, de Sebald.

Claire
C'est vrai...

Brigitte
En revenant sur mon souvenir de l'évolution du groupe sur trente ans, je me rappelle que dans les premières années, nous discutions sur le fait de “lire des romans”, ensuite le débat s'est déplacé vers la question “QU'EST-CE QU'UN LIVRE POUR LE GROUPE LECTURE ?” Maintenant, je constate que nous nous interrogeons sur “QUAND PEUT-ON DIRE QU'IL S'AGIT DE LITTÉRATURE ?” Ces débats n'ont jamais abouti à une vraie conclusion et resteront toujours ouverts, me semble-t-il...

Claire
J'ajoute une autre question qui vient parfois aussi et qui touche au type de plaisir que suscite le livre : "EST-CE UN PLAISIR DIGNE DU GROUPE LECTURE ?" ou "EST-CE UN PLAISIR RELEVANT DE LA LITTÉRATURE ?" Ainsi pour Vernon Subutex, certaines ont "ouvert en grand" le livre tout en disant "ce n'est pas de la littérature"...

Richard (c'est sa 2ème année dans le groupe, il n'a pu venir à la dernière minute mais a transmis avant la soirée ce qu'il comptait y dire)
Un petit mot pour vous souhaiter à toutes et à tous une excellente soirée intéressante. Je regrette énomément de ne pas y assister, et je lirai vos choix et commentaires avec un très grand plaisir.
Voici mon choix de lecture : puisqu'il était question de “quelque chose dans le domaine de la lecture”, je n'ai pu m'empêcher de proposer... une pièce.
L'on me dira que c'est tricher un petit peu, mais je nomme une œuvre qui est à mon avis monumentale, et (pour utiliser un adjectif que je ne trouvais pas au cours de notre séance Zweig pour décrire ce qui manquait dans Le Monde d'hier) transcendante.
J'ai lu cette pièce en classe de 1ère et j'ai dû la lire une bonne quinzaine de fois depuis, sans compter la superbe mise en scène que j'ai vue à Londres de Peter Brooks avec Paul Schofield. Vous avez deviné ? C'est...

Le Roi Lear de Shakespeare !

Pourquoi ? Parce qu'on y trouve :
- d'une part toutes les grandes lois de la nature, la politique du pouvoir, un conflit international, la pauvreté et l'exclusion sociale et même de l'existentialisme (l'univers sans dieu)
- et d'autre part des considérations "familiales", par exemple les problèmes de mouches, et surtout comment gérer la démence d'un père.
Tout un univers "revisitable" des dizaines de fois...

 

POUR LES 30 ANS DU GROUPE, TOUT, TOUT, TOUT, et pas seulement, ce que vous avez toujours voulu savoir sur le groupe Voix au chapitre... en repérant ses caractéristiques par rapport à d'autres groupes, en consultant ce qui en est dit

- Le groupe Voix au chapitre (TOUT, TOUT, TOUT...)
L'origine du groupe
Le nom du groupe
Le statut de Voix au chapitre
Conditions de participation au groupe
Le fonctionnement : trois temps (et e
n particulier ce qu'est DIRE SON AVIS dans le groupe Voix au chapitre et ce que ce n’est pas...)
Des événements particuliers
Quelques rôles particuliers
Ce qu'on trouve dans le groupe de lecture
Des différences entre les lecteurs du groupe
Presse et publications sur le groupe


- Les autres groupes (pour mieux repérer nos spécificités)
Des ancêtres : salons, cafés, cabinets, clubs…
Des noms différents
Des formules différentes dans le domaine littéraire
Des groupes de lecture avec des objectifs non littéraires
Des contextes différents
Des fonctionnements différents
Des sites
Des conseils, voire des formations pour créer un club lecture

- Les publications (sur les clubs de lecture)
Des livres littéraires
Des livres pédagogiques
Des livres et des articles d’analyse sur les clubs de lecture
(des détails sur le nôtre)

Fanny a lu et a réagi, voici son point de vue ICI : elle réagit sur ce qui fait la particularité du groupe Voix au chapitre, sur la création d'un groupe de lecture, sur ce qui peut contribuer à la longévité d'un groupe, sur la dimension marketing et médiatique des clubs de lecture, sur la bibliothérapie et les objectifs psychologiques, sur l'importance de se centrer sur le ressenti en temps que lecteur, sur l'éthique du lecteur.

Marie-Odile, justement à propos de ce ressenti en temps que lecteur, égrène des chemins possibles dans le livre, voir son texte ICI


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