Portrait d'André Breton
vers 1927
, utilisé par André Breton pour illustrer Nadja


Folio
, 192 p.



Coll. Blanche, 1928
(première édition)


Quatrième de couverture
 :

"J'ai pris, du premier au dernier jour, Nadja pour un génie libre, quelque chose comme un de ces esprits de l'air que certaines pratiques de magie permettent momentanément de s'attacher, mais qu'il ne saurait être question de se soumettre. J'ai vu ses yeux de fougère s'ouvrir le matin sur un monde où les battements d'ailes de l'espoir immense se distinguent à peine des autres bruits qui sont ceux de la terreur et, sur ce monde, je n'avais vu encore que des yeux se fermer."


Livre de poche, 1964


Nadja, Gallimard/BNF, 2019
Ce c
offret contient le fac-similé du manuscrit autographe de 1927, avec le dossier iconographique que l'écrivain a rassemblé après l'édition de 1928


Nadja, Folioplus, 1998
en ligne ici



Folioplus classique, 2007


Édition reliée d'après la maquette de Mario Prassinos, coll. Reliures d'éditeur, Gallimard, 1945

Quatrième de couverture :

"Je n'ai dessein de relater, en marge du récit que je vais entreprendre, que les épisodes les plus marquants de ma vie telle que je peux la concevoir hors de son plan organique, soit dans la mesure même où elle est livrée aux hasards, au plus petit comme au plus grand, où regimbant contre l'idée commune que je m'en fais, elle m'introduit dans un monde comme défendu qui est celui des rapprochements soudains, des pétrifiantes coïncidences, des réflexes primant tout autre essor du mental, des accords plaqués comme au piano, des éclairs qui feraient voir, mais alors voir, s'ils n'étaient encore plus rapides que les autres."


La Pléiade,
4 tomes :
le tome 1 contient Nadja


Affiche de librairie pour
les œuvres de Breton
dans la Pléiade, 2008


Album André Breton
, Robert Kopp, iconographie commentée, 2008

André Breton (1896-1966)
Nadja (1928)

Je persiste "à ne m'intéresser qu'aux livres qu'on
laisse battants comme des portes, et desquels
on n'a pas à chercher la clef. Fort heureusement
les jours de la littérature psychologique
à affabulation romanesque sont comptés."
Nadja

Nous lisons ce livre pour le 23 janvier 2021.
C'est l'exposition prévue à la BNF "L’Invention du surréalisme : des Champs magnétiques à Nadja" qui nous a donné l'idée de le lire.

Le texte est en ligne ici.

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Radio
Vidéos
Œuvres d'André Breton
Expositions
Sites
Les photos dans Nadja
Des analyses de Nadja
(y compris de Patti Smith et Annie Ernaux...)
Qui est Nadja ?
Genèse de Nadja
André Breton : repères biographiques
Des livres centrés sur Nadja
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4e et 1ère de couverture par
Pierre Faucheux de Nadja
(Livre de Poche 1964) et quelques pages intérieures

Le "mur de l’atelier d’André Breton" évoque une pièce de son appartement 42 rue Fontaine à Paris près de la place Blanche qu'il occupa de 1922 à sa mort en 1966 (au Centre Georges Pompidou, voir la présentation filmée ICI).
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Radio

- 4 émissions d'une heure, La Compagnie des auteurs, par Matthieu Garrigou-Lagrange, France Culture, du 6 au 9 mai 2019 :
     1/4 L'or du temps : parcours dans la vie d'André Breton, "mage" autoritaire à la personnalité complexe.
     2/4 Lire enfin André Breton : le surréalisme, théorisé dans les manifestes et mis en œuvre par André Breton, au cœur de son art.
     3/4 La magie de l'art : les rapports d'André Breton aux arts plastiques, toutes époques confondues, dans une étroite connivence avec la littérature et la vie....
     4/4 Nadja et Chance : "Nadja" sous deux angles différents, celui du roman et celui de la psychanalyse.
- André Breton (1896-1966), la recherche du point sublime, Une Vie, une œuvre, par Colette Fellous et Jean-Claude Loiseau, France Culture, 12 décembre 1985, 1h 26, avec André Pieyre de Mandiargues, Jean Shuster, François-René Simon, René Alleau, Jean-Jacques Lebel, Julien Gracq, Annie Lebrun, Joyce Mansour, Roger Blin, Jean Shuster, Radovan Ivsic, qui pour la plupart ont rencontré André Breton
.
- Le Dictionnaire André Breton, Tire ta langue, par Antoine Perraud, France Culture, 12 mai 2013, 29 min.

- André Breton et les pois sauteurs, par François Sureau, France Culture, 24 juillet 2020, 8 min.

Vidéos (en ordre chronologique, dont certaines constituent de véritables documents historiques)

- Interview d'André Breton par Judith Jasmin dans son atelier, Premier plan, Radio Canada, 27 février 1961 : la journaliste demande d'entrée de jeu à l'écrivain de lui définir le surréalisme, 26 min.
- Entretien avec Philippe Soupault : Breton et les origines du surréalisme, Panorama, ORTF, 30 septembre 1966, 5 min 30.
- Entretien avec Julien Gracq à propos de Breton, ORTF, 19 avril 1970, 5 min 39. Nota bene : Gracq est l'auteur de André Breton, éd. José Corti, 1948. Voir aussi son article "Revenir à Breton" après sa mort en 1996.
- Passage Breton, documentaire de Robert Benayoun, produit par Michel Polac, ORTF, 19 avril 1970, avec Salvador Dalí, Jean-Christophe Averty, Julien Gracq, André Pieyre de Mandiargues, Jean Schuster, José Pierre, Jacques Baron, Robert Lebel, Roberto Matta, Joyce Mansour, René Alleau et Man Ray, 1h 19
.
- Maison André Breton à Saint-Cirq-Lapopie, Terre d'Artistes, France 2, 29 mars 2016, 5 min. Maison d'André Breton, Collection Maisons d'écrivains, Librairie Mollat, 22 décembre 2016. Voir le site de la maison ici.
- La véritable histoire de "Nadja" de Breton, Art et création, par Camille Renard, 9 janvier 2020 : après la découverte de manuscrits, de lettres et de carnets de Breton, 5 min 40.
- Nadja, André Breton, avec Saphia Richou. ESCE (École supérieure du commerce extérieur), Forum des Humanités, 10 janvier 2020, 20 min.
- Trésors de Richelieu : Le manuscrit de Nadja d’André Breton acquis en 2017 : présentation Jacqueline Chénieux-Gendron (CNRS) et Olivier Wagner (BnF), 25 février 2020, 1h.

Les œuvres d'André Breton (actuellement disponibles)
Signalons que Breton a publie trois textes illustrés de photographies : Nadja en 1928, puis 1955 : Les vases communicants en 1932, et L'amour fou en 1937.

› Aux Éditions Gallimard : les poèmes,essais et autres textes

- 1919 : LES CHAMPS MAGNÉTIQUES (en collaboration avec Philippe Soupault, voir le fac-similé), suivi de VOUS M'OUBLIEREZ et de S'IL VOUS PLAÎT (Poésie/Gallimard)
- 1924 : LES PAS PERDUS (L'Imaginaire)
- 1927 : INTRODUCTION AU DISCOURS SUR LE PEU DE RÉALITÉ (Tirages restreints)
- 1928 : LE SURRÉALISME ET LA PEINTURE (Folio essais)
- 1928 : NADJA (Folio)
- 1932 : LES VASES COMMUNICANTS (Folio essais)
- 1934 : POINT DU JOUR (Folio essais)
- 1937 : L'AMOUR FOU (Folio)
- 1949 : POÈMES (Reliures d'éditeur)
- 1952 : ENTRETIENS (1913-1952) (Idées/Gallimard) : un extrait audio de 2 min 52 avec André Parinaud
- 1967 : MANIFESTES DU SURRÉALISME (Folio essais) Manifeste du surréalisme. Poisson soluble, éd. du Sagittaire, 1924 (le texte ici) - Second manifeste du surréalisme, éd. Kra, 1930 - Manifestes du surréalisme (Idées/Gallimard, 1963) - Poisson soluble (préfacé par Julien Gracq, Poésie/Gallimard, 1996, à l'origine préfacé par le Manifeste du surréalisme)
- 1966 : CLAIR DE TERRE, précédé de MONT DE PIÉTÉ, suivi de LE REVOLVER À CHEVEUX BLANCS et de L'AIR DE L'EAU (Poésie/Gallimard)
- 1968 : SIGNE ASCENDANT, suivi de FATA MORGANA, de LES ÉTATS GÉNÉRAUX, de DES ÉPINGLES TREMBLANTES, de XÉNOPHILES, L'ODE À CHARLES FOURIER, de CONSTELLATIONS, et de LE LA, illustrations de Joan Miró (Poésie/Gallimard)
- 1970 : PERSPECTIVE CAVALIÈRE (L'Imaginaire)
- 1991 : JE VOIS, J'IMAGINE : poèmes-objets, préface d'Octavio Paz (coll. Livres d'Art) : 143 œuvres plastiques d'André Breton.

› Aux Éditions Gallimard, coll. Bibliothèque de La Pléiade :
ŒUVRES COMPLÈTES, I (1988), II (1992), III (1999), IV (2008)

› Aux Éditions Gallimard : les correspondances

- 2009 : LETTRES À AUBE (1938-1966) (coll. Blanche) : Aube est la fille d'André Breton
- 2011 : LETTRES À ANDRÉ BRETON (1918-1931) Aragon
(coll. Blanche)
- 2016 : LETTRES À JACQUES DOUCET (1920-1926) (coll. Blanche)
- 2016 : LETTRES À SIMONE KAHN (1920-1960) (coll. Blanche)

- 2017 : CORRESPONDANCE (1920-1959) André Breton, Benjamin Péret (coll. Blanche)
- 2017 : CORRESPONDANCE AVEC TRISTAN TZARA ET FRANCIS PICABIA (1919-1934) (coll. Blanche)

- 2019 : CORRESPONDANCE (1919-1938) André Breton, Paul Éluard

› Le Livre de poche

- 1935 : POSITION POLITIQUE DU SURRÉALISME, éd. du Sagittaire
- 1944 : ARCANE 17
- 1950 : ANTHOLOGIE DE L'HUMOUR NOIR, éd. du Sagittaire

Expositions

- Une exposition à la BNF "L’Invention du surréalisme : des Champs magnétiques à Nadja" du 15 décembre 2020 au 14 mars 2021 (impossible à voir à cause de la pandémie ; dossier de presse ici, bibliographie André Breton ).
- Antérieurement, une exposition au Centre Pompidou "Le Surréalisme et l'objet" du 30 octobre 2013 au 3 mars 2014 (programme ici, dossier de presse ).

En cette saison confinée, certains d'entre nous ont réussi à voir peu avant trois expositions d'artistes liés au surréalisme (où Breton ne manque pas d'être cité, voire représenté) :

- au Musée d’art moderne à partir du 18 septembre 2020 : "Victor Brauner. Je suis le rêve. Je suis l'inspiration"

- au Musée du Luxembourg à partir du 23 septembre 2020 : "Man Ray et la mode"

- au Musée de l'Orangerie à partir du 16 septembre 2020 : "Giorgio de Chirico. La peinture métaphysique"


André Breton raconte : "C'est une toile de Giorgio de Chirico, datée de 1914, qui s'intitule Le Cerveau de l'enfant. Elle est douée, en effet, d'un pouvoir de choc exceptionnel. Qu'il me suffise de rappeler que, passant en autobus rue La Boétie devant la vitrine de l'ancienne galerie Paul Guillaume, ou elle était exposée, mû par un ressort je me levai pour descendre et aller l'examiner de près. Je mis longtemps à me soustraire a sa contemplation et, à partir de là, je n'eus plus de cesse avant de pouvoir l'acquérir."

C'est Aragon qui a baptisé Le Cerveau de l’enfant le tableau intitulé Le Revenant.

Voir l'article "Giorgio de Chirico et la 'Bande Breton' 1918-1928", Gerd Roos et Martin Weidlich, revue Ligeia, janvier-juin, 2020


Portrait d'André
Breton, Victor Bauner, 1934

Le Revenant (Le Cerveau de l’enfant), De Chirico


L'énigme de la journée
, Giorgio de Chirico,1914 New York, The Museum of Modern Art


Portrait photographique d'André Breton
par Man Ray devant le tableau en 1922
Et à la cinémathèque : une rétrospective Luis Buñuel, réalisateur surréaliste, à partir du 30 septembre 2020.

Sites

- Le site André Breton, très rigoureux : www.andrebreton.fr ; Jacqueline Chénieux-Gendron, directrice de recherche émérite au CNRS, membre du conseil scientifique du site andrebreton.fr, auteure de nombreux ouvrages sur le surréalisme, est aussi conseillère scientifique de l'exposition à la BNF.
- Tout sur Nadja : www.site-magister.com/nadjan

• Les photos dans Nadja

Plus du quart du livre est composé de photos. De photos de quoi ?
Lieux, objets, statues, portraits, tableaux, affiches, textes, dessins : voir le détail ici.

Des analyses de Najda
Ce qu'en disent André Breton lui-même, Patti Smith, Annie Ernaux, Maurice Blanchot, Antoine Compagnon et d'autres...

› Ce que dit André Breton
André Parinaud : "Il semble que vous prêtiez, au moins dans l'état actuel des connaissances, une sorte de vertu magique à la rencontre. Est-ce qu'un ouvrage comme Nadja ne constitue pas, à cet égard, la meilleure illustration de votre pensée ?

Une sorte de vertu magique, oui, d'autant que pour moi le plus haut période que pouvait atteindre cette idée de rencontre et la chance de son accomplissement suprême résidait, naturellement, dans l'amour. Il n'était même pas de révélation sur un autre plan qui pût tenir à côté de lui. Peut-être était-ce lui et lui seul, parfois sous un déguisement, qui était l'objet de cette quête dont je parlais. Il me semble, en effet, qu'un ouvrage comme Nadja est pour l'établir clairement. L'héroïne de ce livre dispose de tous les moyens voulus, on peut vraiment dire qu'elle est faite pour centrer sur elle tout l'appétit de merveilleux. Et pourtant, toutes les séductions qu'elle exerce sur moi restent d'ordre intellectuel, ne se résolvent pas en amour. C'est une magicienne, dont tous les prestiges jetés dans la balance pèseront peu en regard de l'amour pur et simple qu'une femme comme celle qu'on voit passer à la fin du livre peut m'inspirer. Il se peut, d'ailleurs, que les prestiges dont s'entoure Nadja constituent la revanche de l'esprit sur la défaite du cœur. On a assisté à quelque chose d'analogue dans le cas du fameux médium Hélène Smith, dont les merveilleuses pérégrinations de planète en planète, consignées dans Des Indes à la planète Mars et dans Nouvelles observations sur un cas de somnambulisme, semblent avoir pour objet de concentrer sur elle seule, coûte que coûte, l'attention de Théodore Flournoy, qui l'observait et dont elle n'avait pu se faire aimer." (Entretiens)

› Ce que dit Patti Smith (que nous avons lue)

"J'ai lu Nadja, d'André Breton, très jeune, et je m'étais toujours dit que j'aimerais écrire un livre comme ça, qui aurait des photographies, même si les miennes ne sont pas celles de Man Ray." (Écrire sans destination : rencontre avec Patti Smith, par Elisabeth Franck-Dumas, Libération, 22 avril 2016)

› Ce que dit Annie Ernaux (que nous avons lue)

"C'est donc au travers de l'écriture d'André Breton que j'ai reçu l'empreinte d'idées, de refus et de positions définissant le mouvement certainement le plus déterminant du XXème siècle dans l'art et sur la sensibilité" (voir la suite)

› Antoine Compagnon, dans son cours au Collège de France, "Écrire la vie" en 2009, il examine dans la séance "Le récit en question" les partis pris qui ont alimenté le débat sur la question de l'écriture de vie depuis les années quatre-vingt. Malgré les critiques et les préjugés formulés contre elle, certains écrivains ont œuvré à sa relégitimation, en usant de différentes tactiques de contournement dont il retient trois exemples (des auteurs que nous avons lus), présentés à rebours de la chronologie :

- L'entreprise autobiographico-romanesque d'Alain Robbe-Grillet dans Le Miroir qui revient (1983) fournit l'exemple d'une reconversion du Nouveau Roman à la littérature personnelle - de même que L'Amant (1984) et La Douleur (1985) de Marguerite Duras, ou encore Enfance (1983) de Nathalie Sarraute, dont le prologue répond aux griefs adressés par ses contemporains à la littérature personnelle.
- Une autre voie entre la résignation à raconter une "vie reçue" et le parti pris de la fiction mise au service de la vérité du souvenir est incarnée par l'entreprise menée dans Roland Barthes par Roland Barthes, dont la mise en garde liminaire "Tout ceci doit être considéré comme dit par un personnage de roman"
- Le troisième exemple de contournement des dangers supposés de l'écriture de vie est celui de Nadja d'André Breton (1927-1928), qui constitue un jalon important dans l'histoire du renouveau des pratiques de la littérature personnelle au XXe siècle, depuis le défi relevé par le roman proustien de rassembler tous les fragments d'une vie jusqu'aux écritures de vie contemporaines privilégiant l'ébauche, la lacune, la juxtaposition (voir la suite ici).

Trois tactiques de réhabilitation du récit de vie sont ainsi dégagées par Antoine Compagnon :

- le recours à la fable prôné par Robbe-Grillet
- le recours au fragment utilisé par Barthes
- le recours à la photographie comme moyen d’authentification chez Breton.

› Maurice Blanchot (dont nous avons lu Thomas l'Obscur...), souligne en 1967, l'importance de ce livre :

En refusant le genre romanesque, coupable d'inventer sans invention d'une part, d'autre part en refusant tous les autres genres coupables de ne pas inventer sans dire vrai, ce n'est pas à une préoccupation esthétique qu'André Breton veut répondre, c'est une mutation bien plus décisive qu'il a en vue. Nadja est en ce sens la grande aventure dont nous sommes loin d'avoir considéré tout ce qu'elle nous demande, tout ce qu'elle nous promet.

Il y a d'abord cette difficulté : le texte (appelons-le récit) est de l'ordre de la constatation. Ce qui s'y passe s'est effectivement passé. Quelque chose a lieu qui a eu lieu dans un temps parfois précisé par une date (comme on arrache une feuille à un calendrier) et dans des endroits que les photographies rendent présents (en les soustrayant à la fluctuation verbale). Le récit exclut la fiction, il fait partie de ces livres qu'on laisse battant comme des portes et desquels on n'a pas à chercher la clef. (voir la suite ici)

› Magali Nachtergael est l'auteure de :
- "Nadja. Images, désir et sacrifice", Revue Postures, Université du Québec à Montréal, n° 7, 2005, 17 p.
- une thèse : Esthétique des mythologies individuelles : le dispositif
photographique de Nadja à Sophie Calle,
Université Paris-Diderot - Paris VII, 2008, 514 p.

›Approche psy à propos de la "confrontation avec la toute-puissance de la pensée dé-lirante" : "Plus de magie : la pensée de Nadja. Un aperçu analytique", Livio Boni, Cliniques méditerranéennes, n° 85, 2012.

› "Des incipit qui ne commencent pas. Le "je", la "rencontre" et l’"envie" de Breton", Licia Taverna, Revue Synergies des pays riverains de la baltique, GERFLINT (Groupe d’études et de recherches pour le français langue internationale), n° 11, 2017, 18 p.

Licia Taverna discerne trois aspects :
- une structure apparemment éclatée, en partie abolie en faveur d’une progression discontinue et fluctuante quant au style, aux sujets traités...
- un genre littéraire qui est à la fois un récit de vie, un roman, un journal, un traité philosophique, un manifeste théorique, le récit de la faillite d’un amour et un dialogue d’amour...
- un dialogue intertextuel entre Nadja et le Manifeste du Surréalisme.

› Pour les amoureux de Marguerite Duras : "Dialectiques du sujet dans Nadja d'André Breton et L'amant de Marguerite Duras", thèse de Juliana Duarte, Texas Tech University, 2012.

› "Nadja, Breton à la folie" par Frédérique Roussel, Libération, 9 août 2019 : enfin un article reposant, simple à lire.

"Images de l'Amour dans Nadja d'André Breton", Pierre Taminiaux, Revue des lettres et de traduction, n° 13, 2008.

•Qui est Nadja ?

Pourquoi ne pas voir en Nadja, en dépit des indications d'André Breton, seulement une œuvre de fiction ?

"La personne qui s'était elle-même nommée Nadja a pourtant bien existé, mais on ne saurait dire si elle a été le modèle, l'égérie, ou l'occasion du récit.
Léona Delcourt est née dans le nord de la France en 1902 d'une famille modeste. Elle arrive à Paris vers 1923, après avoir laissé à sa mère une fille née en 1920. À Paris, elle fréquente les milieux du spectacle et vit de façon précaire, au gré de liaisons avec des "amis" ou de rencontres tarifées. Cette jeune femme attire par son charme étrange plus que par sa beauté. Et c'est ce charme d'énigme qu'André Breton va percevoir, explorer et pousser sans doute à son paroxysme dans sa rencontre avec elle, par hasard, pendant neuf jours, du 4 au 13 octobre 1926. Leurs rendez-vous sont marqués, d'emblée, par une passion amoureuse totale de la part de Nadja et par une réserve certaine de la part de Breton qui, pourtant, manifestait une attirance irrépressible vers ce qui lui semblait en elle un savoir essentiel. Il lui faisait lire quelques- uns de ses textes et l'amena même auprès de ses amis surréalistes. Elle lui écrivit des lettres où l'amour et la plainte se tissent avec des phrases parfois poétiques au creux d'une fragmentation insolite des textes du poète. Au lendemain d'une nuit à Saint-Germain, dont nous ne savons rien, Breton essaie de rompre et espace ces rencontres. Le désespoir de la jeune femme atteint des abîmes qui lui font rejoindre par un délire manifeste une fragilité et un malheur qui existaient déjà à bas bruit. Breton la voit de moins en moins, essaie pourtant de l'aider financièrement. Elle écrit et dessine, et envoie à Breton ses messages. Au début de l'année 1927, en proie à des hallucinations, elle est internée à l'hôpital Sainte-Anne puis à l'hôpital Perray-Vaucluse. Ses parents facilitent un transfert dans un hôpital proche de chez eux, où, malade, elle meurt le 15 janvier 1941." (Christiane Lacôte-Destribats, Passage par Nadja, éd. Galilée, 2015)

"Me trouvant dans le Nord, à Bailleul, dans le cadre d'une célébration de Marguerite Yourcenar - qui, elle, m'est absolument lointaine - j'ai été abordée par une jeune écrivaine, Amina Danton. Comme une messagère inespérée, elle m'a proposé de me conduire au cimetière municipal sur la tombe de Nadja, qu'elle avait trouvée en se rendant à la Mairie et où elle venait d'aller. J'avais lu que Nadja était morte dans un asile, je ne savais pas que c'était à Bailleul, la ville même où Bruno Dumont a tourné ses premiers, sombres, films. Devant la tombe - juste un carré de terre avec une bordure en ciment et l'inscription "Léona Delcourt 1902-1941" - je pensais à ses paroles : "André ? André ? Tu écriras un roman sur moi. De nous il faut que quelque chose reste…". Je pensais que nous étions dans ce cimetière sous un soleil de plomb par le pouvoir d'un livre, la grâce agissante de la littérature." (Annie Ernaux, 2018, site annie-ernaux.org)

Genèse de Nadja (ça mijote...)

- Le manuscrit
- Contexte amoureux
- Contexte politique
- Contexte littéraire
- Composition
- Édition
- Réédition

• André Breton : repères chronologiques (ça mijote...)

un parcours très compliqué et intéressant, en cours de repérage...

L'appartement de Breton


Hôtel des Grands Hommes près du Panthéon


•Des livres centrés sur Nadja
Étonnants, tous ces livres, qui mettent en scène Nadja...

J’aimerai André Breton de Serge Filippini, Phébus, 2018 : l'héroïne du livre venue par hasard à Saint-Cirq-Lapopie où habite Breton, rencontre un poète qui lui offre un exemplaire de Nadja : une relation se noue avec l'auteur...

"Elle avait gardé toute la nuit Nadja serré entre les cuisses – comme si elle avait attribué à ce livre un pouvoir magique. Mais le petit volume à présent lui comprimait le ventre.
Elle l’avait toujours à la main quand elle s’est levée pour aller aux toilettes. Elle a pris au passage, sur la table, un Bic noir appartenant à l’auberge. Dans le cabinet, elle a ouvert Nadja sur ses g
enoux à la page de titre et écrit méticuleusement J’aimerai au-dessus du nom de l’auteur, en script du même corps. Elle a tracé avec art toutes ses lettres afin que la mention nouvellement composée soit bien unifiée, et que ses propres caractères paraissent eux-mêmes sortir de l’imprimerie."

Passage par Nadja, Christiane Lacôte-Destribats, éd. Galilée, 2015, reproductions de dessins et de lettres de Nadja ; l'auteure est psychanalyste à Paris, a été membre de l’École freudienne de Paris et présidente de l’Association lacanienne internationale ; extrait ici ; en vidéo, débat autour du livre organisée par l'EPHEP (École pratique des hautes études en psychopathologies) et l'ALI (Association lacanienne internationale), 1h35.

Nadja et breton : un amour juste avant la folie, Julien Bogousslavsky, éd. L'Esprit du Temps, 2012 ; l'auteur, suisse, est professeur de neurologie, fils d'un faux monnayeur qui s'illustra par le vol d'un Watteau au Louvre, lui-même jugé pour avoir détourné des millions dans son hôpital pour acheter des livres anciens..., c'est d'un romanesque...

Léona, héroïne du surréalisme, Hester Albach, trad. Arlette Ounanian, Actes Sud, 2009, extrait ici : la romancière néerlandaise lit par hasard Nadja, lecture qui la lance dans une enquête (qui est Nadja ?), dont cet ouvrage est à la fois le récit et le résultat.

Pour finir et rire jaune, on peut lire le Troisième manifeste du surréalisme de 1930, écrit par Robert Desnos,
assassinant André Breton...

 

Nos cotes d'amour, de l'enthousiasme au rejet :
                                        
à la folie
grand ouvert
beaucoup
¾ ouvert
moyennement
à moitié
un peu
ouvert ¼
pas du tout
fermé !

 

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