La sagesse du Père Brown : en douze affaires les méthodes insolites d'un prêtre enquêteur
I. L'absence de Mr Glass
II. Le paradis des voleurs
III. Le duel du Docteur Hirsch
IV. L'homme dans le passage
V. L'erreur de la machine
VI. La tête de César
VII. La perruque pourpre
VIII. La perdition des Pendragon
IX. Le dieu des gongs
X. La salade du colonel Cray
XI. L'étrange crime de John Boulnois
XII. Le conte de fées du père Brown

Texte des nouvelles en anglais : ICI

Traduction de 2008 :


L
a quatrième de couverture : Prêtre catholique d'une petite paroisse de l'Essex, le Père Brown ne paye vraiment pas de mine. Son apparence banale, voire ridicule, abrite un cerveau exceptionnel aux procédés aussi déroutants que géniaux. En prenant le contre-pied des méthodes d'investigation classiques, il agit à rebours du sens commun : son comportement est incohérent, ses propos décousus, ses digressions insensées. Et pourtant... Sa logique déconcertante aura raison des énigmes criminelles les plus obscures.

Traduction de 1936 :

ou :

La biographie sortie en 2015 :

La quatrième de couverture : Gilbert Keith Chesterton (1874-1936) est aujourd'hui reconnu comme l'écrivain anglais le plus réjouissant et le plus inventif de l'époque édouardienne. Acharné à stigmatiser la déshumanisation et la montée du matérialisme dans un monde qu'il contempla toujours avec des yeux d'enfant, il a laissé une centaine d'ouvrages dont beaucoup furent traduits en France où il avait pour défenseurs Paul Claudel, Valéry Larbaud ou Pierre Klossowski. On a surtout retenu de son œuvre très variée la célèbre série des enquêtes du père Brown, une cinquantaine d'histoires où la fascination de l'auteur pour la fiction policière se mêle d'une immense foi chrétienne. "Cet homme est tellement joyeux qu'on se dit qu'il a dû rencontrer Dieu", confia un jour Franz Kafka, lecteur captif de Chesterton dont il appréciait l'humour.
Sans doute était-il temps de rendre hommage à celui que Borges considérait pour sa part comme "l'un des premiers écrivains de tous les temps pour son imagination visuelle et la félicité enfantine ou divine que laisse entrevoir chaque page de son œuvre". C'est ce que François Rivière qui, à l'âge de seize ans, entra pour la première fois dans le labyrinthe chestertonien, a voulu faire avec cette première biographie française de l'écrivain.

François Rivière est romancier et journaliste littéraire. Un goût certain pour la littérature anglo-saxonne l'a conduit à publier des biographies d'Agatha Christie, J.M. Barrie et Patricia Highsmith. Scénariste de bandes dessinées, on lui doit notamment la série "Albany" avec Floc'h.

Le Paradoxe ambulant : 59 essais de Chesterton choisis par Alberto Manguel (dont nous avions adoré L'Histoire de la lecture)Le sommaire : ICI

La quatrième de couverture : Quand on lit Chesterton, on se sent submergé par une extraordinaire impression de bonheur. Sa prose est le contraire d'académique : elle est joyeuse. Ses mots rebondissent dans un jaillissement d'étincelles, tel un jouet mécanique soudain venu à la vie, cliquetant et tourbillonnant de bon sens, cette merveille étonnante entre toutes. Le langage était pour Chesterton un jeu de construction avec lequel fabriquer des théâtres de marionnettes et des armes pour rire et, ainsi que l'a observé Christopher Morley, "de ses jeux de mots naissait souvent un jeu de réflexion véritable". Son écriture a quelque chose de riche et de précis, de coloré et de bruyant. La prétendue sobriété anglaise ne lui convenait guère, ni dans le vêtement (son vaste manteau flottant, son vieux chapeau mou et son pince-nez de gnome lui donnaient l'air d'un personnage de pantomime), ni dans les mots (il ne cessait de tourner et retourner une phrase que lorsqu'elle se déployait comme une liane en fleur, lançant des rameaux dans de multiples directions avec une fougue tropicale et s'épanouissant en plusieurs idées à la fois). Il écrivait et lisait avec la passion d'un glouton pour le manger et le boire, quoique sans doute avec plus de plaisir, et les souffrances du scribouillard penché sur la page blanche de Mallarmé semblent n'avoir jamais été les siennes, pas plus que les angoisses de l'érudit entouré de volumes anciens. La lecture d'un livre était pour lui une activité plus physique qu'intellectuelle. Le père John O'Connor, modèle du père Brown, disait que lorsque Chesterton lisait un livre, "il le retournait, en cornait des pages, griffonnait dedans, s'asseyait dessus, l'emmenait au lit et roulait sur lui, et puis se relevait et l'inondait de thé - s'il éprouvait un intérêt suffisant". Et il écrivait avec le même brio, en débordant de son siège devant une table tachée de bière dans quelque café enfumé de Fleet Street. Là, un des serveurs italiens le décrivit ainsi : "C'est un homme très intelligent. Il est assis et il rit. Et puis il écrit. Et puis il rit de ce qu'il a écrit."
(…) Que les événements et leurs causes changent en fonction de la façon dont on les raconte, représentation de leurs traits communs ou de noirs océans de différences ; que notre compréhension de l'univers puisse dépendre de l'arrangement de mots sur une page et de l'inflexion donnée à ces mots ; que les mots, à la fin, soient tout ce que nous avons pour nous défendre et que la valeur des mots, comme celle de nos individus mortels, se cache dans leur faillibilité même et dans leur élégante fragilité, tout cela, Chesterton le savait et n'a cessé d'en rendre compte. Que nous ayons ou non le courage d'être d'accord avec lui, voilà, manifestement, une autre question.
(Extrait de la postface d'Alberto Manguel)

Polémiste plein d'humour, rompu à l'art du paradoxe, Gilbert Keith Chesterton (1874-1936) qui signa d'innombrables articles dans les journaux de Londres fut surtout un écrivain incomparable dont le talent s'exerça dans tous les domaines (poésie, théâtre, roman, critique littéraire, sociologie, économie, histoire, philosophie et religion), jusqu'au roman policier qu'il renouvela à travers une série de livres dont le héros est un prêtre détective.

 


 

Gilbert-Keith Chesterton
La sagesse du Père Brown

Le groupe parisien a lu ce livre pour le 18 décembre 2015.

En guise d'entrée en matière, un peu de documentation sur Chesterton, regorgeant d'admiration : va-t-elle tenir la route avec nous ?... 
- La préface de Borges à un recueil de 5 contes qu'il a réunis : 2 p.
- La postface d'Alberto Manguel à 59 essais paradoxaux qu'il a choisis : 4 p.
- Des articles :
du Monde (avec un entretien à l'occasion de la parution de la biographie de François Rivière en 2015 : 3 p., À NE PAS RATER si l'on ne lit qu'un de ces textes), du Magazine littéraire (2 p.), de Libération (qui n'est pas en reste, avec les nombreux articles de Mathieu Lindon, très fana du Père Brown : ,, et encore ).
- Un dossier fouillé et critique (remarquable) des "Polarophiles tranquilles" (!) sur le Père Brown et l'art du récit policier : 60 p.

16 AVIS des deux groupes bretons
"VOIX AU CHAPITRE Pontivy" réuni le 9 décembre 2015 et "VOIX AU CHAPITRE Morbihan" réuni le 11 décembre (Aram, Chantal, Claire, Édith, Jean-Luc, Lil, Lona, Marithé, Marie-Odile, Mon, Nancy, Nicole, Odile, Solène, Stéphanie, Yolaine)

Livre ouvert ½ : 4 - Livre ouvert ¼ : 9 - Livre fermé : 3

Avis général, suivi de 5 avis personnels développés :
Impression globalement négative pour l'ensemble des participants, qui se sont pour la plupart copieusement ennuyés. Certains n'aiment pas les nouvelles, d'autres les apprécient mais n'ont pas réussi à trouver un intérêt à celles-ci. Une question récurrente : est-ce bien un livre pour le groupe, pourquoi diable perdons-nous du temps à lire cette niaiserie quand il y a tant d'autres ouvrages passionnants à côté desquels nous allons passer sans nous arrêter ?
Les histoires ont paru confuses, mal construites, avec de nombreuses invraisemblances. Les intrigues policières ont remporté la palme de la nullité. La comparaison avec les œuvres d'Edgar Poe n'a fait qu'enfoncer le clou et augmenter la frustration devant ces enquêtes inexistantes au suspense un peu raté. Les sujets ont paru répétitifs, les personnages stéréotypés, les observations et analyses naïves et bourrées de clichés.
Le style quelconque et daté n'a pas non plus emporté l'adhésion. Enfin plus grave, les observations sur les "races" en ont agacé plus d'une (avec une sensibilité particulière pour la défense des Celtes).
Irritation, déception et manque de plaisir ont donc été les sentiments dominants exprimés lors de cette soirée.
Quelques points positifs tout de même : certains ont été sensibles à l'humour de certains passages. Les jeux de masques, perruques, reflets dans les miroirs masquant les véritables identités, la magie, le mystère, la description des paysages et l'ambiance britannique a plu à certains, mais une seule lectrice (Yolaine) a fini, au fil des pages, par trouver un certain charme au caractère désuet de ce décor et au personnage pas si conventionnel que ça de ce cher Father Brown, qui s'évertue à faire descendre de leur piédestal les aristocrates coincés pas complètement sortis du XIXème siècle.
Le groupe "Voix au chapitre Morbihan", pas assez enthousiaste, a expédié Chesterton en deux temps trois mouvements, avec des douceurs anglaises pour rester dans le thème imposé par cette rencontre...
Lona
Un brin d’humour de temps en temps, une critique de la société anglaise, un style et une écriture qui datent, des situations sans intérêt, sans véritable enquête, sans suspense : tout cela ne fait pas le poids = livre fermé ! Non, le Père Brown ne mérite pas le déplacement !
Mais, j’avoue : je suis venue pour les amis de Voix au chapitre-BZH = c’est toujours un plaisir de se retrouver, autour d’un bon ou d’un moins bon livre !
Chantal
Pas ouvert du tout : c'est la première fois ! J'ai fait un effort terrible, je m'y suis reprise à 4 fois, 2 fois je me suis endormie sur le livre (somnifère garanti !). J'ai lu 4 "histoires"... sans aucun plaisir, ce qui pour moi n'est pas lire.
Construction du livre barbante, toujours sur le même modèle : scène campée dans la brume (qui veut être mystérieuse) anglaise, personnages qui gesticulent là-dedans sans qu'on y croie ; et Zorro-Père Brown arrive "avec sa cape et son grand chapeau", plutôt son parapluie et son chapeau !
Le style n'est pas désuet, ce qui peut être charmant, il est vieillot, fouillis parfois (pourtant traduction nouvelle !).
Et le personnage du Father Brown ! Faussement humble : je suis si peu de choses mais en une seconde je devine tout, au-delà des apparences, sûrement l'intuition qui vient d'en haut !! Et discrètement je me moque - ô gentiment - du criminologue "officiel".
Et le summum : les portraits méprisants des Noirs, des pauvres, des Celtes !!! Et les bons aristos, avec des défauts bien sur, mais tellement plus évolués...
Je me suis dit : pourquoi perdre mon temps avec "ça" ? Et j'ai plongé avec délice dans Confiteor que je n'avais pas lu (ayant lu pour le groupe Les voix du Pamano).
Voilà !!!
Lil
Grosse déception à la lecture de ce livre dont je m'attendais qu'il fût "délicieux", comme promis par certains critiques. Mais de délices, point !
De l'ennui, beaucoup et très rapidement. Deux ou trois historiettes (n° 3 et 4 par exemple) sont parvenues à susciter un semblant d'intérêt...
Des mauvaises surprises : époque oblige, on y parle sans cesse de "races", idées toutes faites, généralités et jugements à l'emporte-pièce sont sans cesse exprimés : "ce nègre est un homme des plus dangereux parce qu'il a le cerveau d'un Européen avec les instincts du cannibale", "vous savez comment sont ces races méridionales", "il s'est montré silencieux et digne comme le sont les pauvres de cette espèce", etc. Les exemples fleurissent tout au long du livre et c'est très irritant.
Des procédés et protagonistes récurrents : il y est beaucoup question de travestissement et de double identité, d'aristocrates anglais, d'héritage, d'argent, de voleurs, d'Européens et d'Américains, de métisses et de Noirs…
Quant à l'écriture, souvent très moyenne, elle n'a sans doute pas été servie par la traduction (un exemple p. 102 : "j'étais aussi froid qu'un concombre", expression inconnue en français, traduction mot à mot de l'expression anglaise "as cool as a cucumber" qui signifie très calme, en pleine maîtrise et possession de soi, avec un sang-froid imperturbable). Cependant, j'ai été sensible à quelques portraits et descriptions de lieux.
J'ai apprécié la culture de l'auteur et les nombreuses références en tous domaines, particulièrement en littérature, d'où la cote d'¼.
Les quelques épisodes de la série anglaise Father Brown que j'ai eu l'occasion de regarder, tout en étant très "légères" (pas de quoi devenir accro !), avaient cependant ce caractère "délicieusement désuet".
Marie-Odile
Je n'apprécie pas particulièrement les nouvelles (policières ou autres) : à peine a-t-on le temps d'y entrer, de se familiariser avec un univers et des personnages qu'on arrive au dénouement. Leur succession m'incite forcément à la comparaison et ce sont les points communs de ces différents récits qui ont retenu mon attention.
Très souvent il est question d'un individu qui en cache un autre. On ne sait jamais qui est en face de soi. On croit avoir affaire à une personne alors que c'est d'une autre qu'il s'agit, La magie, le reflet dans un miroir, le déguisement, la perruque facilitent la méprise, masquent la véritable identité. Ainsi Hirsh et Dubosc ne font qu'un seul et même personnage comme Dr Jekyll et Mr Hyde. "Là où l'un paraît, l'autre se cache comme une figure et un masque".
Seul le père Brown va au-delà des apparences pour découvrir la véritable identité d'un personnage. Il manie le paradoxe : "Vous le connaissez mais vous ne le connaissez pas". Ce que je remarque chez ce père Brown, parfois absent au début du récit, c'est sa discrétion, son humilité (chrétienne ?), son intuition, son bon sens, son refus de l'évidence, ses capacités d'observation et d'anticipation qui le mènent parfois à innocenter celui dont on fait trop vite le coupable... Ses répliques sont parfois savoureuses : "L'ennui lorsqu'on se fie au bâton indiquant une direction, c'est que l'autre bout du bâton indique toujours la direction opposée. La grande question est de savoir si on tient le bâton par le bon bout".
Bien sûr, c'est un personnage sympathique, efficace, mais les mystères qu'il éclaircit ne nécessitent pas vraiment d'enquête. Si j'ai pensé parfois à Edgar Poe, à Stevenson, en lisant ces nouvelles, je n'ai jamais ressenti de frisson face à l'horreur, ni d'admiration face aux prouesses du détective.
Le style m'a semblé un peu pesant, la traduction maladroite, les descriptions un peu ennuyeuses, et ma lecture a parfois été laborieuse. Arrivée à la fin d'une nouvelle, souvent je me suis dit que quelque détail m'avait échappé dans les pages précédentes que cependant je n'ai jamais eu l'envie de relire...
Marie-Thé
J'ai trouvé ce livre ennuyeux : j'ai lu 5 nouvelles, mais je n'arrivais pas à accrocher, ça ne décolle pas, c'est plat, etc. J'espérais quelque chose de plus magique, de plus "british" aussi. Et ce Père Brown qui grâce à son intuition arrive à tout résoudre, c'est répétitif et invraisemblable (mais cela ne me dérange pas, on est dans un livre, pas dans la réalité). A noter quelques passages : "C’est la Race qui détermine la religion, la Race qui détermine conflits éthiques et légaux. Nous en avons un cas frappant en l’espèce de ces individus sauvages, primitifs et en voie d’extinction que nous appelons généralement les Celtes". Ou encore cette opposition entre les méridionaux et les autres : "A un certain niveau de désespoir humain, quand les pauvres du Nord s'adonnent à la boisson, les nôtres tirent leur dague." Les nouvelles que j'ai lues, je les ai choisies en fonction de leur titre ! Avant de lire "La perdition des Pendragon", je pensais à Uther Pendragon... Enfin, pour moi, livre décevant, daté ; je pense qu'en l'étudiant on pourrait découvrir beaucoup, mais il faudrait en avoir envie. Après l'écriture de Jean Genet le mois dernier, je suis tombée de haut avec Chesterton. Qui a choisi ce livre qui se prête peu à l'échange ?

13 AVIS du groupe parisien

a) Échanges par mél sur Chesterton avant notre rencontre

Claire
Nous avons connu récemment une exceptionnelle unanimité sur Gracq, enthousiaste. Allons-nous connaître une nouvelle unanimité, sur Chesterton, anéantissante... ? Les deux groupes bretons Voix au chapitre ont lu Chesterton avant nous : il s’agit d’histoires policières et les avis sont, comme jamais, assassins (voir ci-dessus). Il est à craindre qu’après l’assassinat breton, des funérailles parisiennes s’ensuivent... Comment s’expliquer que Chesterton ait trouvé grâce auprès de Borges, Manguel, Claudel, Kafka... ?

Brigitte
Je constate que le père Brown risque une forte unanimité de rejet. J'aimerais qu'on se pose la question que tu évoques : pourquoi Manguel et Borges ont-ils choisi d'écrire sur ses écrits ? Y a-t-il une valeur littéraire qui nous échappe ? S'agit-il d'une évolution des mentalités ? Ou bien sont-ils tombés dans le travers du phénomène de mode ?

Denis
C'est vrai que le Père Brown, c'est très décevant. J'ai essayé de le voir sous l'angle dispositif formel ou logique, un peu à la façon de Raymond Roussel, mais il y manque le génie ou le grain de folie... Pour alimenter la soirée, est-ce qu'on ne pourrait pas rajouter quelques nouvelles courtes, vite lues, par exemple d'Agatha Christie (Miss Marple ou autres) ? J'en connais de Saki, très bien, très british. Il y a aussi des nouvelles courtes de S. Maugham (Mr Ashenden agent secret). En réunissant nos idées, on arriverait peut-être à plus de substance ?

Françoise
Pauvre Father Brown, on lui a déjà fait un sort ! Du coup comme Chantal, je vais m'autoriser à le laisser tomber pour revenir à mes autres lectures, dont je vous parlerai...

Annick
C'est une première de décider par internet avant de nous réunir que le livre va être descendu avant même que tout le monde l'ait lu. Je ne sais pas qui l'a présenté mais c'est un peu dur non ? Et un peu démobilisateur...

Jacqueline
Je vois beaucoup de réactions au mail de Claire, Denis... Merci à Claire pour les avis des Bretons (je ne pense pas que cela contrevienne à la tradition qui veut que nous réservions notre avis jusqu'au soir de notre présence dans le groupe). Merci à Denis pour ses suggestions... Mais il me semble qu'il est un peu tard pour rajouter des lectures parallèles d'autant que j'ai toujours pensé que parler du livre n'empêche en rien de le comparer à d'autres ou de le situer parmi d'autres ou dans son contexte... Au fait, quel rapport Chesterton a-t-il eu avec le fameux groupe de Bloomsbury... ou réciproquement ? Merci aussi à Claire pour la question ouverte sur l'unanimité qui relance un suspens qui nous est bien nécessaire ! Je ne suis pas très bien placée pour évoquer la tradition catholique de Noël, mais il me semble qu'une unanimité "fermé" sur le livre de Chesterton contreviendrait à l'esprit de paix de Noël... Quant à la tradition du groupe, elle est plutôt festive à cette dernière réunion avant Noël ! Il me semble qu'elle voulait que l'on choisisse un livre de conte ou un livre qui a marqué ou évoque notre enfance, ce qui évidemment ne peut déclencher l'unanimité : si j'avais eu l'enfance de Borges ou de Kafka ! Souhaitable ? Est-ce que ça va m'empêcher de partager leurs avis (qu'on peut d'ailleurs relativiser) ?... En tout cas si j'en crois les textes reçus on est bien dans l'esprit d'enfance...

Geneviève
Bravo Jacqueline ! Si joliment et si finement dit... J'ai acheté le livre, je ne l'ai pas commencé, mais j'ai l'intention de m'y mettre, envers et contre tout!

Claire
Même si Chesterton est en butte à de féroces détracteurs..., ceux-ci, comme l’a suggéré Brigitte, chercheront peut-être à comprendre pourquoi les nouvelles du Père Brown eurent du succès en Angleterre et auprès de Borges. En deux petites pages, ICI, j’ai rassemblé des éléments “littéraires” qui permettent, au moins, de comprendre son originalité et les aspects innovants de ses nouvelles – comprendre et aimer ne faisant pas nécessairement bon ménage...

Brigitte
Merci pour le document, c'est très intéressant.

Denis
Les notes envoyées par Claire relancent l'intérêt pour Chesterton ! Le site de l'ACS (American Chesterton Society) publie quelques textes de Chesterton sur "l'histoire de détective". J'ai trouvé celui-ci assez simple et en tout cas réjouissant : "The ideal detective story".
Les autres ont l'air pas mal non plus.

b) Les avis du groupe parisien sur La sagesse du Père Brown

Nathalie (avis transmis)
Je suis bien désolée de ne pas passer cette dernière soirée de l'année avec vous car je pense qu'il y aura de très bonnes choses à se mettre sous la dent !
Je n'ai rien lu... ni les documents ni les comptes rendus des uns et des autres. Pour moi, lire Chesterton, c'est se projeter dans un monde de lecteurs qui nous est complètement étranger. Un monde sans télévision, sans possibilité de voyager très loin, un monde où la lecture est un des principaux moyens d'évasion dans un quotidien plutôt morne. Un monde où l'imaginaire est relié directement à ce que l'on a entendu raconter ou à ce que l'on a lu dans les journaux. Il m'a donc été très facile de concevoir le plaisir que pouvait avoir le lecteur de l'époque, à l'image peut-être des lecteurs de Prosper Mérimée qui en tant qu'inspecteur général des monuments historiques les emmenait dans ses pérégrinations par le biais de ses nouvelles. Nous voyageons donc dans des pays ou des espaces pittoresques pour l'époque et nous nous amusons avec lui à sonder l'espace et les cœurs. Bref, si ça peut ne plus correspondre à ce dont on a besoin maintenant, personnellement cela ne me dérange pas. Il y a aussi de l'humour. La vision qu'il donne des Français par exemple dans la troisième nouvelle m'a fait rire. On peut penser aussi qu'il est un digne précurseur des séries actuelles qui développent le thème de la déduction à partir d'indices invisibles comme dans la série Sherlock ! Je n'ai pas eu le temps de terminer le livre mais je le ferai de toute façon tranquillement. Je laisse livre entrouvert sans aucun problème...

Annick A (avis transmis)
C'est avec regret que je ne pourrai être avec vous ce soir. Je ne sais si Chesterton remportera l'unanimité négative mais mon avis va dans ce sens. J'ai lu trois nouvelles avant de recevoir le mèl de Claire. Je n'ai trouvé aucun intérêt littéraire ni aucun plaisir à la lecture des intrigues soi-disant policières, mal fichues, bêtasses et je me suis donc arrêtée là. La proposition d'un tel livre m'a laissée assez perplexe. Est-ce le bon accueil par de grands noms littéraires qui ont présidé à ce choix ?...

Fanny
Je suis moins dure que vous tous. Même si ce n'est pas hyper enthousiasmant, il y a de bonnes choses, quelques passages avec un humour à froid, par exemple sur le Père Brown : "comme sa vie quotidienne était très simple, il avait un goût particulier pour des orgies soudaines et solitaires ; c'était un sobre épicurien".

Henri
C'est une tautologie.

Plusieurs
Ben non, un oxymore.

Richard
Il fait ça tellement souvent ! C'est une tactique.

Henri
C'est une tautologie car…
(Henri n'arrive pas à caser son explication concernant le fait qu'être épicurien, c'est être sobre)

Fanny
Oui, c'est une tactique...

Rozenn
... en tout cas, ça ne fait pas le bonheur....

Fanny
... ou encore au sujet d'un juge, "un de ces juges réputés pleins d'humour, mais qui, généralement, sont plus sérieux que les juges sérieux, parce que leur légèreté est due à leur répugnance pour la solennité professionnelle ; tandis qu'un juge sérieux est plein de frivolité parce qu'il est pourri d'orgueil." Mais tu as raison, c'est une tactique. Allez, encore un : "Nous allions ensemble pêcher la crevette et nous pensions et disions nous aimer, en fait lui le disait et moi je le pensais".

Claire
Wouah !
Fanny
Donc, il y a cet humour à froid, de petits moments qui provoquent le sourire, où je prends plaisir, avec ce Père Brown, original flegmatique. Mais les intrigues m'ont ennuyée. Dans les premières pages, c'est bien visuel, mais quand on rentre dans l'intrigue, je décroche. Et le format des nouvelles est trop court. Je me suis dit je vais en lire un plus long Le Nommé Jeudi par exemple, mais il semble qu'il soit meilleur dans ses nouvelles, alors bon…
Denis
J'ai abordé le Père Brown avec sympathie, comme Sherlock Holmes (j'ai tout lu) et son positivisme, ou Arsène Lupin, astucieux, maître de la manipulation ; il y a au moins 200 noms d'auteurs de detective stories. Les deux premières nouvelles en anglais, c'est très agréable, mais les histoires sont lassantes. Elles me font penser à l'expérience de Perec, Tentative d'épuisement d'un lieu, avec une arborescence des possibilités, une théorie des graphes, le tout avec une exploration par le biais du verbe, c'est très mécanique, comme des exercices de logique : les histoires sont anti-psychologiques, les personnages des sortes de caricatures. Cela provoque une révélation, mais ce n'est pas agréable à lire. Donc intéressant, mais finalement pas agréable.
Monique
Je n'ai pas grand-chose à dire : j'ai emprunté le livre à la bibliothèque et n'ai lu qu'une nouvelle. N'est-ce pas un problème d'époque ? Le Père Brown arrive avant le cinéma et il y a du Chaplin, du Buster Keaton, avec une description assez réussie et drôle. Quand on n'a pas l'explication à une situation, tout semble étranger, on fait des projections, l'imagination s'emballe, ça c'est intéressant. Il prend le temps pour démontrer. C'est comme un rubik's cube, il y a un amusement au démontage de choses très simples : les gens, ça devait les amuser car ils n'avaient pas toutes nos images. Je me serais ennuyée peut-être et ce n'est pas une lecture que je choisirais…

Jacqueline
J'ai lu quatre nouvelles.

Henri
Seulement ?! C'est historique !

Jacqueline
Je me suis demandé pourquoi je n'y arrivais pas. Parce que c'est des nouvelles policières ? D'ordinaire, il y a le suspense, avec un détective qui vous rend intelligent. Là, j'avais l'impression d'être une lectrice victime d'une attrape, manipulée. Car il n'y a pas d'intrigue vraiment. Dans la quatrième nouvelle, je ne me suis demandé s'il n'y avait pas un mort, dans l'histoire de l'actrice, j'ai cru comprendre…

Manon
C'est son mari qui l'a tuée, c'est idiot.

Jacqueline
Pour moi, il est mort d'une crise cardiaque.

Henri
Jacqueline avait une mauvaise traduction…
Jacqueline
Je crois que je n'ai pas compris alors. J'ouvre un quart car cela m'a fait réfléchir à ce que j'aime dans le roman policier. Quelque chose de l'ordre de l'humour m'a échappé, et aussi quelque chose de hors convention. Mais je ne peux pas dire que j'ai aimé. Cela m'a fait penser à Exbrayat...

Geneviève
... ah oui, j'aimais bien...

Jacqueline
... paradoxal...

Françoise
... au premier degré...

Denis
... il y avait les des fantaisies policières, avec les Maîtres du mystère à la radio... c'était un style...

Geneviève
... le soir...

Henri
Je comptais sur Jacqueline pour monopoliser la parole, mais non. Je l'ai lu pour ma part dans la jolie collection Penguin orange pour progresser en anglais... A la librairie, on est allé me chercher le livre dans la réserve.

Claire
C'était mauvais signe...

Henri
C'était bien ces petites nouvelles pour mon anglais ; j'en ai lu trois, j'ai noté beaucoup de vocabulaire... Je n'ai pas cependant les compétences pour apprécier le style. C'est comme des rébus.

Monique
C'est vrai.
Henri
Mais c'est pas Edgar Poe. Il faut être bon public, avec cet humour bonhomme. Comme le livre a répondu à ma volonté de progresser en anglais, j'ouvre à moitié...
Rozenn
J'en ai lu 64%. Le problème avec Kindle, c'est qu'on transporte une bibliothèque... qui concurrence : et j'en suis à 20% de D'après une histoire vraie de Delphine de Vigan. Il ne m'en reste rien, des nouvelles. L'actrice, oui, ça ne rime à rien. Il faut soit te sentir intelligente, soit cruche. L'humour je n'ai pas vu. Par contre avec Delphine de Vigan, je m'amuse. Je veux avoir du plaisir, du plaisir de lire la suite. Avec Chesterton, pas de bonheur : cet homme est décevant.

Françoise (montrant The Innocence of Father Brown)
En anglais, apparemment je n'ai pas lu le même que vous...

Plusieurs
The Innocence of Father Brown, c'est pas The wisdom of Father Brown...

Françoise
Pour ce qui est de l'écriture, le vocabulaire m'a amené à aller souvent sur le dictionnaire de ma tablette, c'est assez sophistiqué le vocabulaire...

Rozenn
... vieillot...

Françoise
... oui, daté. Je me suis très ennuyée. En plus je lisais du Pierre Bayard, y a pas photo ! Je vais choquer, mais autant lire Agatha Christie qui rend intelligent, c'est autre chose que Chesterton. Il y a de l'humour, faut reconnaître. Je ne comprends pas l'engouement pour Chesterton et le mépris pour A. Christie.

Monique
Du mépris ?!

Françoise
Je suis allée voir si Chesterton avait inspiré Agatha Christie, mais je n'ai pas trouvé.

Manon
Ils étaient dans le même club d'auteurs de romans policiers.
Françoise
Je ne l'ouvre pas. On sait maintenant qui est Chesterton : c'est fait.

Claire
FAIT !

Françoise
Mais assez perdu de temps. Il y a un peu d'humour d'accord, mais c'est très mince.

Richard
J'avais l'espoir de contrer tous les avis.

Claire
Oui, en tant que britannique...

Richard
Malheureusement...

Claire
Mais tu vas nous aider à comprendre le succès en Angleterre...

Richard
Pour ce qui est du contexte, les contes paraissaient comme pour Dickens chaque semaine. Dickens, ça reste de petits chefs d'œuvre, et pas Chesterton. Le problème, c'est que les personnages sont en carton, ils remplissent un rôle pour faire avancer l'histoire ; je n'ai pas lu assez pour dire si le caractère du Père Brown était développé, car je n'en pouvais plus… Chesterton est un homme très cultivé ; il y avait beaucoup de mots que je ne connaissais pas. J'étais déçu du choix. Dans "L'absence de Mr Glass", on parle dès les premiers mots de Scarborough : c'est là que tous les travailleurs des filatures allaient...

Henri
... il n'y a pas une chanson de Simon et Garfunkel ?

Richard
Oui, "Scarborough Fair", mais l'ambiance s'arrête là. Dans "Le paradis des voleurs", on parle du nez aquilin d'un personnage pour lui faire tourner la tête ("Muscari turned his aquiline nose on him").

Claire
Tu veux dire que c'est gratuit ?

Richard
En fait Chesterton est "too clever". Il est très cultivé et s'en sert dans sa plume, mais cela ne correspond pas à l'absorption possible par le lecteur... il évoque une barbe à la Velasquez, la tête comme dans le conte du meunier de Chancer...

Monique
... tu trouves ça plaqué ?
Richard
Non, c'est naturel chez lui, mais ça crée des obstacles à l'avancement de l'histoire et c'est fatigant. J'ai lu dans l'édition de la série de la BBC (édition BBC Books) : visiblement, ça perd dans la traduction. À propos, j'ai eu du mal à trouver Testament à l'anglaise de Coe en anglais : le titre en anglais What a Carve Up! n'a vraiment rien à voir... Bref, je l'ouvre ¼ mais j'ai lu 1/16...

Manon
Je vais me faire lapider... je ne lis jamais ce qu'envoie Claire et comme elle nous avait donné des articles imprimés, je les ai lus quand je n'avais rien à lire dans les transports... Il a présidé, quand il a été créé, le club des auteurs de romans policiers et on le présente vraiment comme génial. Or... AU SECOURS ! Quand je l'ai acheté, on m'a demandé si c'était pour mon enfant au collège... Agatha Christie, Hercule Poirot, c'est très bien ficelé, ça rend intelligent. En plus, dans ce livre il y a rien sur l'Angleterre ; si, un faux SDF, lord anglais. Pas d'intrigue, des personnages pas intéressants. J'ai lu 100 pages, mais je me suis forcée. L'auteur est un personnage intéressant, mais la narration est chiante, on s'ennuie. Je me rappelle la nouvelle la plus nulle, "L'homme dans le passage", encore plus invraisemblable que les autres.

Rozenn
T'as compris le miroir ?

Manon
J'ai compris qu'il y avait une blague. Qui c'est son mari ? Aucun indice. C'est débile ! Au secours ! Ah ah... attention j'écris une blague. Mais arrête ! Mais stop ! Avec Pierre Jourde, je l'enterre, je déterre Première pierre de Pierre Jourde et je les enterre tous les deux.

Geneviève
J'ai commencé hier, motivée par le mél de Claire...
La traduction est vraiment mauvaise. Cool dans "cool as a cucumber" c'est pas froid : il y a des erreurs manifestes de rédaction en français qui dessert le livre.

(Et Geneviève est une spécialiste.)

Claire (distribuant à propos un exemple édifiant de comparaison de phrases de Chesterton traduites)
Mais ceux qui ont lu en anglais comme toi, Françoise, Henri, Richard, n'ont pas plus aimé.

Geneviève
Je trouve qu'il y a une mise en place, au début un charme désuet, quelque chose d'agréable à lire, un témoignage sur une manière de voir les choses qui est rigolo. La vision des races, c'est une époque, et ce qu'on pouvait dire alors on ne peut plus le dire. Il y a toute sortes de policiers, le noir, les detective stories, les whodunits comme Agatha Christie.

Claire
Les who quoi ?

Geneviève
Whodunit = Who has done it? Vous vous rappelez de ce conte brésilien qu'on avait lu...

Manon
L'Aliéniste, fffttt...

Geneviève
Les choses ne sont pas ce qu'elles paraissent et le regard va s'inverser. Dans Chesterton, c'est un peu faiblard : tout ça pour ça, et sans suspense.

Richard
Conan Doyle fait ça bien mieux.

Geneviève
Bien sûr.

Denis
Les écrits policiers ne sont pas bons, mais les contes fantastiques font faire le tour du monde. Il y a une poésie, un enthousiasme pour la nature et c'est agréable à lire.
Geneviève
Oui, je trouve que c'est joliment écrit. Mais ça ne tient pas vraiment. Il n'y a pas de peinture d'une société. Il esquisse une trame, la démonte. L'arrivée du Père Brown est jolie. Je vais en lire quelques autres, mais j'ouvre au ¼.
Claire
Quand la biographie de Chesterton par Rivière est sortie l'année dernière, je vous ai lu un court extrait du Monde, évoquant "Une vision ludique et savante du monde et de l’écriture qui lui attirera l’admiration tant de Claudel que de Borges, qui voyait en lui un maître en intrigues", et ces mots d'Alberto Manguel "Quand on lit Chesterton, on se sent submergé par une extraordinaire impression de bonheur". Borges dit aussi "La littérature est une des formes du bonheur ; et aucun écrivain, peut-être, ne m'a procuré autant d'heures heureuses que Chesterton." Nous avons eu nous aussi envie de bonheur et Noël était l'occasion encore plus de nager dans le bonheur... : donc la décision de le programmer est partie de là, avec des parrains littéraires qui donnaient confiance (fin de l'enquête sur la lourde responsabilité de la désolante déception). Mais quel livre de Chesterton choisir ? J'ai lu la biographie, passionnante. J'ai commencé à lire La Sphère et la croix, un des romans les plus connus : j'ai trouvé cela si délirant, ces deux personnages, l'un catholique, l'autre athée, en navire volant au-dessus de Londres, que l'invraisemblance me l'a fait rapidement abandonner. J'ai essayé Le poète et les fous, une série de nouvelles avec les mêmes deux personnages, l'un poète un peu dingo, l'autre cartésien, avec des formules ici ou là comme Fanny l'a bien montré, mais le livre m'est tombé des mains. J'ai essayé alors un roman, dans la collection L'Imaginaire Gallimard (une collection qui vous plairait...), Le Nommé Jeudi : un chef d'œuvre, ai-je entendu son biographe dire à France culture, avec une préface de Pierre Klossowski excusez du peu : j'ai commencé à lire ce roman, lu par Kafka ça encourage (qui dit de Chesterton qu'"il est tellement joyeux qu'on pourrait presque croire qu'il a trouvé Dieu") : je ne comprenais rien, je l'ai lâché rapidement. J'ai alors fait l'acquisition du Club des métiers bizarres...

Monique
... on va se cotiser pour toi...

Claire
... aussi dans la prestigieuse collection L'Imaginaire Gallimard, qui commence avec un clin d'œil propre à nous amadouer : "Rabelais, ou son illustrateur fantastique Gustave Doré, doivent avoir eu leur part dans l'invention de ce qu'on appelle en Angleterre". Il s'agira bien de métiers bizarres, mais même chute du livre qui me tombe des mains sans attendre. Je regarde alors le livre postfacé par Manguel avec des paradoxes, mais qui n'existe pas en poche, de courts essais donc, et ce qui me frappe, tout comme dans les autres livres, c'est un aspect PUÉRIL. J'opte alors pour ce recueil avec le célèbre Père Brown, La sagesse du Père Brown, dont un des 5 contes choisi par Borges dans sa publication L'œil d'Apollon (introuvable) "Le Duel du professeur Hirsh" qui est dans notre livre : je partage hélas tous les avis négatifs. Pour essayer de comprendre Borges, j'ai lu avec attention le conte qu'il préfère parmi les 5 contes qu'il a sélectionnés, "Les trois cavaliers de l'Apocalypse", que je trouve particulièrement mortel de chez mortel : c'est en fait une pure abstraction, mais Fictions ou Le livre de sable de Borges qu'on avait lus ne m'avaient pas plus enthousiasmée... Sa première fiction publiée en France, c'est son roman Le Nommé Jeudi en 1911 par Gallimard. La Sagesse du Père Brown est publié en recueil à Londres en 1914. J'ai repéré un livre d'André Maurois de 1935 au beau titre Magiciens et logiciens, consacré aussi bien à Mansfield ou Conrad qu'à Chesterton...

Denis
...j'ai eu ce livre...

Claire
...ça alors ! Mais aujourd'hui ? L'année de la sortie de la biographie (2015), Rivages a sorti 4 titres de Chesterton en poche. Gallimard a 35 titres de Chesterton à son catalogue. Mais qui le lit ?!?! Il a certes une niche catholique...

Monique
Ah bon ?

Claire
Oui, il avait la foi et y consacre des livres. Mais une niche réduite quand même... D'ailleurs l'association des Amis de Chesterton qui a un site a pour président Philippe Maxence, qui est rédacteur en chef d'un journal catholique L'Homme nouveau.
En fait, c'est la vie de l'auteur qui est la plus intéressante ; pas très sexy, d'ailleurs il ne devient pubère qu'à 18 ans... Il parlait à tort et à travers, une sorte de Michel Onfray quoi ! Grand orateur, célèbre aux États-Unis aussi, avec des tournées de conférences. Le fait qu'il soit très célèbre provoquait peut-être un intérêt pour ses écrits : qu'est-ce qu'il va nous sortir ?

(On finit par se lamenter sur les dérives de Michel Onfray...)


Nos cotes d'amour, de l'enthousiasme au rejet :

à la folie, beaucoup, moyennement, un peu, pas du tout



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