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Quatrième de couverture : "Mon pauvre Chéri
Est-ce
drôle de penser quen perdant, toi ta vieille maîtresse
usée, moi mon scandaleux jeune amant, nous avons perdu ce que nous
possédions de plus honorable sur la terre..." En option : La
Fin de Chéri, édition de
Yannick Resch, GF, 2023, 192 p. "Tout est foutu ! Jai trente
ans !" : exaltation et désespoir de Chéri, alors quil
revient de la Grande Guerre et ne reconnaît plus le monde quil
a quitté. Lheure est au négoce et à lappât
du gain. Son épouse, autrefois muette et effrayée, gère
désormais les affaires du couple. Son ancienne maîtresse
est devenue une vieille femme obèse qui a tiré un trait
sur sa vie passée. En retournant à son existence oisive
davant-guerre, Chéri ne sait plus quel rôle tenir et
découvre son incapacité à sadapter. Désuvré
et apathique, enfermé dans une solitude complète et étranger
aux valeurs auxquelles se raccroche la société, le jeune
homme choisira la mort.
|
Colette (1873-1954)
|
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Nos cotes d'amour Ont
lu Chéri : Etienne, Françoise,
Jacqueline, Jérémy, Richard. Ont lu aussi
La Fin de Chéri : Brigitte,
Catherine, Claire, Fanny,
Monique, Renée. N'a pas "fini"
La Fin de Chéri : Manuel. |
Françoise
(vite
au téléphone avant de prendre le train...)
Pour moi Colette est une styliste plus qu'une romancière. Quand
j'étais jeune, j'ai lu beaucoup de Colette : les Claudine,
j'adorais.
J'ai aimé les films, et c'est drôle de savoir que le film
de 1950 avait à l'époque paru "daté"...
Le film de Frears est plus proche de nous, plus convaincant.
Manuel
(avis
transmis)
Enfin un peu de légèreté ! Je m'amuse des affres
de Léa : son Chéri, Charlotte Peloux, l'âge
Elle me fait penser à une Odette qui aurait tout raté :
"Tout ça, c'est
des phrases. Je sais parfaitement que je n'aime pas travailler. Au lit,
Madame ! Vous n'aurez jamais d'autre comptoir, et les clients sont partis."
C'est cruellement drôle ! Léa porte un regard sincère
et sans concession sur les gens qui l'entourent et sur elle-même.
Les descriptions des physiques et des caractères me font rire !
(La Baronne La Berche). La narration est faite de rebondissements et de
flashbacks. On ne s'ennuie pas ! Les joutes orales sont croustillantes
: c'est drôle ! C'est un plaisir de lire à haute voix ! Et
quelle langue avec plein de vocabulaire désuet. Je continue la
lecture de La Fin de Chéri.
J'ouvre en grand.
Catherine![]()
J'ai lu Colette jeune, je devais avoir 13-14 ans, elle était dans
la bibliothèque des parents. Les Claudine, j'ai pensé
que c'était un genre d'Alice pour ados ; je trouvais ça
extrêmement drôle, parfois un peu curieux. Quelques années
après, j'en ai lu plein. J'ai lu Chéri, La Fin de Chéri,
la Vagabonde, le Blé en herbe, Gigi, La Chatte, toujours un
plaisir de lecture.
J'adore son écriture. C'est léger, effectivement. Mais ça
ne se limite pas à la légèreté, c'est subtil,
drôle. Ça parle d'amour, d'argent, de vieillesse. Colette
a un pouvoir d'évocation extraordinaire des personnages, des milieux,
des décors dans lesquels se situent ses romans. En trois phrases,
elle campe un personnage, elle décrit une maison, une atmosphère.
Elle a un vrai talent pour décrire les costumes, la nature...
J'étais curieuse de cette relecture 40 ans après et de savoir
si j'allais retrouver le même plaisir.
Tout comme Le Blé en herbe, c'est aujourd'hui politiquement
incorrect. Chéri est un gigolo. Les personnages évoluent
dans un milieu complètement amoral, de demi-mondaines, qui tirent
leurs richesses de leurs amants, ont des liaisons avec de très
jeunes hommes. Tout le monde a l'air de trouver cela parfaitement banal
et normal. L'argent est très présent tout au long du livre,
on parle de contrats de mariage, Chéri compte les bouteilles de
la cave, surveille l'essence utilisée par son chauffeur, se fait
entretenir par Léa qui lui offre des perles. Il y a malgré
tout une certaine morale. Et une sincérité, en tout cas
pour les deux personnages principaux. J'aime beaucoup le personnage de
Léa et sa dignité, y compris dans sa lutte contre le vieillissement
physique. Elle est persuadée de vivre une aventure légère
de plus et se rend compte au final que c'est d'un amour véritable
qu'il s'agit, mais d'un amour sans issue; la scène finale est convaincante
et m'a touchée.
Il y a aussi beaucoup d'humour parfois féroce, surtout dans la
description des personnages secondaires, Charlotte Peloux, la baronne,
la vieille Lili, Marie-Laure.
La Fin de Chéri est différente ; le livre est moins
léger, il y a le contexte de la guerre récente (évoquée
mais dont on ne parle pas vraiment), les hommes qui rentrent, qui ont
du mal à trouver une place. Edmée a pris les rênes.
J'ai trouvé cette problématique intéressante et bien
traitée. Cette fois-ci c'est Chéri le personnage principal.
Il traîne sa mélancolie entre sa mère, sa femme, Léa
qui est devenue une vieille dame (de 60 ans environ
)
et qu'il ne reconnaît plus, son ami Desmond qui s'est enrichi, il
est choqué par ce monde sans morale. Il y a la Copine et les anciennes
photos. J'ai aimé cette atmosphère.
Est-ce que ce sont les meilleurs romans de Colette ? Je ne sais pas. J'ai
en tout cas retrouvé un grand plaisir de lecture et j'ouvre, allez,
en grand.
J'ai assez aimé les films, le premier pour sa construction, le
film de Stephen Frears pour ses décors, ses acteurs, mais les personnages,
surtout celui de Léa, ne me paraissent pas très justes.
Monique
L
et
![]()
Pour moi, le personnage central du roman n'est pas Chéri, mais
Léa, qui est un personnage ambivalent et magnétique. Ce
roman décrit la prise de conscience par cette femme lucide, sensuelle
et libre, de son déclin lié à l'âge. Colette
rend avec finesse son évolution psychologique où la sensualité
et la liberté s'entremêlent. Sa sensualité affirmée
se révèle comme une force incroyable.
L'écart générationnel entre Léa
et Chéri, pleinement assumé; est régulièrement
rappelé par les noms qu'ils se donnent : "Nounoune",
"l'enfant", "le petit" ou même "le nourrisson".
Il s'agit d'une tragédie intemporelle très bien analysée.
Colette explore les complexités des relations amoureuses avec les
émotions contradictoires qui s'y expriment et les dynamiques de
pouvoir qui s'y jouent. Elle y décrit avec brio la passion, la
séduction, la tension entre le désir et la peur de l'abandon
et l'usure due au temps, ainsi que la lutte intérieure de Léa
pour ne rien laisser paraître de son désarroi, sa façon
de vouloir sauver la face pour garder le contrôle, pour jouer l'indifférente.
Chéri est un personnage en quête de lui-même, naviguant
entre l'insouciance avec un charme irrésistible et de la désinvolture.
Il est décrit comme une uvre d'art vivante, une statue gréco-romaine.
Toute la force de ce roman est dans l'écriture de Colette et de
son style inimitable pour dépeindre les lieux, mais surtout les
personnages. Elle utilise des métaphores suggestives et parfois
surprenantes. Le style imagé et les descriptions sans concession,
voire cruelles, m'ont enthousiasmée :
- l'humour vache pour décrire "ses amies" est jubilatoire
- le regard impitoyable et les descriptions sans indulgence sur le corps
qui se fane et les marques du temps : "Ses
deux bras levés peignèrent et soutinrent ses cheveux durcis
par la teinture, et encadrèrent son visage fatigué. Ils
demeuraient si beaux, ses bras, de l'aisselle pleine et musclée
jusqu'au poignet rond, qu'elle les contempla un moment.
'Belles anses, pour un si vieux vase !'"
Au retour de la Côte d'Azur, Léa se préoccupe de cacher
son "cou flétri
cerclé de grands plis où le hâle n'avait pas pu pénétrer".
J'ai noté d'autres images efficaces, comme celle pour décrire
l'attitude de Chéri "il
gisait au fond d'un rocking" ou le lit décrit
"comme une armure",
"cuirassé de métal",
"indestructible",
mais aussi un lit avec un "talus
d'oreillers luxueux".
C'est l'évolution de Léa et de sa relation avec Chéri
que je retiens de ce récit. Leur amour, d'abord passionné
se transforme petit à petit. Les doutes et les jalousies viennent
assombrir leurs relations. Une mélancolie douce s'insinue. Les
souvenirs se mêlent à la réalité. La tension
entre le désir et la peur de l'abandon s'exprime de plus en plus.
Léa commence à revendiquer son indépendance. Ses
choix deviennent plus audacieux et réfléchis.
Construit sur un crescendo, le roman trouve toute son ampleur dans son
dernier chapitre particulièrement cruel qui révèle
le corps vieilli de Léa à la lumière crue du matin.
Ce chapitre poignant s'apparente à un chant du cygne "Cependant
elle voyait avec une sorte de terreur approcher l'instant de sa propre
défaite, elle endurait Chéri comme un supplice"
J'ouvre en entier.
La Fin de Chéri est un roman triste, imprégné
de nostalgie et de désespoir. De retour du front, la personnalité
de Chéri s'est profondément modifiée. Il n'est plus
le jeune homme insouciant et futile qu'il était avant-guerre, il
est devenu mélancolique et désuvré. Il ne reconnaît
plus le monde qu'il a laissé et n'y retrouve plus sa place. Il
observe avec détachement les gens qui l'entourent : sa femme Edmée
n'est plus une jeune fille effacée, elle a pris de l'assurance
et s'éloigne de plus en plus de lui ; sa mère, n'a guère
changé, elle est toujours très affairée, elle s'inquiète
néanmoins de l'humeur dépressive de son fils.
Sa rencontre avec Léa est cruelle. Elle n'est plus la femme mûre,
coquette et orgueilleuse qu'il a aimée, mais une vieille femme
obèse et asexuée. Il ne retrouve que ses magnifiques yeux
bleus. Il part en sachant qu'il ne la reverra jamais. Il éprouve
un vif sentiment de perte face à la fin de cette liaison. Colette
exprime avec finesse le désarroi, la mélancolie et l'inéluctabilité
de la séparation. Les photos de la copine de Léa qui datent
de leur jeunesse, montrent une Léa belle, radieuse, élégante.
Chéri y retrouve celle qu'il a aimée et sombre dans la nostalgie
d'un passé révolu. Désespéré, conscient
qu'il n'a plus sa place dans ce monde d'où "sa" Léa
a disparu, il fait le choix de mourir, et se tire une balle dans la tête.
La finesse avec laquelle ses vulnérabilités sont décrites
est remarquable. C'est une douloureuse prise de conscience du temps qui
passe et des sentiments qui, bien que profonds, s'effacent. C'est une
uvre sombre et mélancolique, mais riche de l'écriture
superbe de Colette.
Cela ne vaut pas Chéri. J'ouvre aux ¾.
Renée
et
(à
l'écran depuis Narbonne)
Je pense que nous avons programmé le plus mauvais livre de Colette.
Je me suis mortellement ennuyée. Jai trouvé quelques
belles phrases, mais au milieu dune bouillie indigeste, de dialogues
plats. Ce roman me semble complètement démodé.
Quand on vient de lire Mia
Couto ou Dans
une coque de noix de Ian McEwan, qui pétillent dintelligence
et de culture, on trouve ce Colette sans aucun intérêt. Cest
Harlequin, cest du pipi de chat. Jai envie de lire des romans
qui ont plus de fond, plus de puissance.
Quest-ce qui men reste ? Quune femme de 40 ans peut
séduire un adolescent ? Oui, jen suis persuadée depuis
toujours. Bien sûr, comme la fait remarquer Étienne,
la fin est émouvante quand Léa prépare un départ
damoureux à deux, tandis que Chéri na pas envie
de partir et remarque le cou dévasté. Mais la
vague de mon déplaisir du début a tout emporté. Livre
fermé.
Avis plus nuancé pour La Fin de Chéri : cest
cruel, on sent bien le mal de vivre de Chéri. Colette dit que la
guerre la rendu moral, mais ce nest pas développé,
et on dirait quil se suicide par amour pour lancienne Léa.
Pas très convaincant. Jouvrirai au quart.
Le film de Frears ma ennuyée autant que le livre. Mais il
était visuellement très beau.
Richard![]()
Quand j'ai commencé à lire, j'étais emmerdé,
ne le trouvant pas intéressant. Je n'acceptais pas les prémices
: qu'on parle d'une autre société et une autre époque.
Puis, après deux- trois chapitres, j'ai commencé à
m'intéresser aux personnages. J'ai suivi avec intérêt
l'évolution des rapports, par exemple entre Léa et la mère
de Chéri. Ça prend de la vitesse en termes de chronologie,
ça s'accélère. Je me suis surpris à aimer
lire le livre.
J'ai eu des difficultés : l'écriture est difficile, non
pas parce que je ne suis pas francophone de base, mais parce que Colette
colle des adjectifs inhabituels à des substantifs ; cela vous oblige
à pauser pour réfléchir et ralentit donc la lecture.
Le roman a d'abord été publié en épisodes
dans un journal en plusieurs numéros. J'avais l'impression de lire
un script, très cinématographique, avec un changement de
plan fondu-enchaîné pour la fin de chaque chapitre : ça
devrait faire un bon film.
Le problème que j'ai rencontré au début, c'est que
cette période des années avant la guerre est tellement différente
de la nôtre avec ses circonstances morales : je pense aux demi-mondaines
qui n'existent pas aujourd'hui, du moins d'après ce que je crois
(mais je suis prêt à une rencontre si je me trompe...). On
ne se pose pas ce genre de question pour d'autres créations, par
exemple celles de Shakespeare, Dickens ou les opéras : on accepte
ce qui fonctionne dans la société donnée. Finalement
j'ai beaucoup aimé et j'ouvre aux ¾.
Etienne
(à
l'écran depuis Rennes)
J'ai commencé comme Renée, en détestant le livre,
le trouvant plat, lourd et dans le formol. La comparaison avec Proust
était défavorable, douloureuse : tellement moins bien, moins
riche
Beaucoup de sous-entendus alourdissaient ma lecture : je comprenais que
ce milieu était codifié et je voyais l'érudition
de quelqu'un qui l'a connu. Mais le manque de thématique m'apparaissait
: une vacuité ennuyeuse.
Petit à petit, je me suis mis à apprécier, notamment
quand la préoccupation de la déchéance physique arrive,
la description cruelle de la peau du cou par exemple. La dernière
scène devient grandiose avec une vraie justesse de l'analyse psychologique
et un côté tragédie grecque. L'abcès a fini
par crever dans les dernières pages.
Finalement mon avis du début s'est retourné et j'ai apprécié
la lecture : j'ouvre aux ¾
À la fin, ce qui au début était trop sérieux,
devient grotesque : par exemple cette relation à mi-chemin
du maternel, cette Léa plus sincère que ce qui paraissait
a peur de vieillir, la cruauté ressort et donne du poids.
Un seul m'a suffi et m'a donnée envie de reprendre Proust. Mais
c'est très bien exécuté, érudit,
par exemple les tics de langage.
On se demande ce que font ces gens, d'où ils tirent leur argent.
Claire entre
et![]()
J'aurais aimé faire comme le héros : "Chéri
leva son verre empli d'un vin de Château-Chalon", mais
ce vin jaune du Jura est ruineux, montrant le standing de Léa,
et je me suis contentée des meringues de la marque Sacré
Willy (sans qui Colette Willy ne serait sans doute pas devenue Colette)...


Avant la lecture : au bout d'une semaine avec un documentaire
sur Arte, une riche expo,
une pièce
moyenne, deux films très intéressants à comparer
dans leur adaptation de Chéri, je baigne avec plaisir dans
le monde de Colette.
Auparavant, avec le groupe j'avais lu et aimé jadis (il y a 37
ans...) Le
Blé en herbe.
Par ailleurs, me barbèrent Le Pur et l'Impur et le genre
autobiographique de La Naissance du jour, La Maison de Claudine
ou Sido. En revanche, j'ai vraiment beaucoup beaucoup aimé,
non pas de mais sur : Colette
et les siennes de Dominique Bona et Un
été avec Colette d'Antoine Compagnon (censuré,
vu déjà la longueur de cet avis, et donc est viré
en lien le détail de lectures
antérieures pompantes de Claire).
Après la lecture : Je n'ai pas regretté d'avoir lu
Chéri ET La Fin de Chéri,
car si l'un est la suite de l'autre, ils sont très différents
dans leur facture, leur style, leur ton, leur thème même,
dans leur péritexte et dans l'amour que je leur porte.
Les deux préfaces de l'édition GF, bien que donnant des
éclairages, divulgachent l'intrigue, ce qui est exaspérant.
Pour Chéri, Guy Ducrey, spécialiste certes
(par exemple auteur d'un Dictionnaire
Colette), s'adresse dans les notes à des débiles
profonds, c'est pénible. Pour La Fin de Chéri, Yannick
Resch qui a collaboré à La
Pléiade nous épargne les notes,
bien joué ! J'ai apprécié comme elle situe ce livre
dans le contexte littéraire
du roman d'alors.
J'ai aimé lire ces deux livres qui se complètent très
bien. J'ai cherché à en savoir plus sur le fonctionnement
des demi-mondaines telle Léa,
à la manière de l'intro du
film de Stephen Frears, car ces livres ont aussi une valeur de documentaire.
La visite du stupéfiant hôtel
de la Païva (mentionné par la mère de Chéri
comme un modèle), avec son escalier en onyx..., était la
seule image que j'avais. Le film de Frears rend magnifiquement les décors,
les costumes. J'étais comme Etienne un peu frustrée de n'avoir
pas beaucoup de précisions quant aux sources de leur standing,
comme lorsque Léa se vante du "sac
que jai fait sur les pétroles, de décembre à
février". Les films ont étoffé les
livres, notamment celui de Frears, y compris psychologiquement grâce
aux expressions qui pallient les non-dits.
Chéri : j'ai trouvé le livre extrêmement amoral
(me demandant comment à l'époque cette amoralité
et ce cynisme étaient reçus), avec une ambiance qui se veut
légère, fondée sur la superficialité des modes
de vie, sur des valeurs liées au paraître (qui me rappellent
Notes de chevet) avec des jeux très
vaches.
Je me suis délectée des expressions de Colette, très
visuelles (Mme Peloux bat "des
ailerons" ou se tient "bouddhique
dans sa bergère", Léa tend à Edmée
une main "qu'on tarda
à prendre") ou de ses exquises comparaisons : "Il
retira son bras avec brusquerie et la jeune femme glissa au creux du lit
comme une écharpe détachée".
J'ai trouvé intéressant de savoir que le roman a failli
être d'abord une pièce, ce qui explique que Chéri
"respire le théâtre", avec des dialogues virevoltants.
L'intrigue est très bien menée, surprenante, commençant
in media res par un dialogue. Le surnom de Nounoune, le fait que Léa
appelle "nourrisson" son amant, faut gober ça, sans parler
du mélange des genres... : "Ma
Nounoune, chic type je tai connue, chic type je tai aimée"
; je me suis sentie parfois gênée. Les sentiments sont habilement
dissimulés sous les comportements et surgissent parfois en un monologue
intérieur.
Avec La Fin de Chéri, j'ai été étonnée,
à six ans près, du changement de tonalité : le livre
est grave, presque tragique parfois ; envolées, les expressions
craquantes ; les dialogues m'ont manqué. Tout ce qui a trait à
la guerre m'a intéressée autre éclairage
documentaire avec notamment la transformation de la place
des femmes : Edmée est devenue femme de tête ; il est vrai
qu'elle était bachelière... Chéri envoie ce tableau
à la tête de sa mère : "Vous
avez les couvertures, les pâtes alimentaires, les légions
dhonneur. Vous rigolez avec les séances de la Chambre et
laccident du fils Lenoir. Mme Caillaux vous passionne, et les thermes
de Passy. Edmée, cest son bazar à blessés et
son médecin en chef. Desmond, il cuisine dans les dancings, le
commerce des vins, le placement des poules. Filipesco, il carotte des
cigares aux américains et aux hôpitaux pour les revendre
dans les boîtes de nuit. Jean de Pouzac, il est dans les stocks,
cest tout dire".
On retrouve les feux d'artifice du style,
avec la description de la vieillesse et Colette y va (trop ?) fort dans
le pathétique quand Chéri revoit Léa : "Elle
nétait pas monstrueuse, mais vaste, et chargée dun
plantureux développement de toutes les parties de son corps. Ses
bras, comme de rondes cuisses, sécartaient de ses hanches,
soulevés près de laisselle par leur épaisseur
charnue. La jupe unie, la longue veste impersonnelle entrouverte
sur du linge à jabot, annonçaient labdication, la
rétraction normales de la féminité, et une sorte
de dignité sans sexe". Alors que dans Chéri,
les descriptions de la vieillesse étaient plutôt drôles
; Lili qui se tape un jeune prince portait un petit spencer qui "béait
sur un poitrail à peau gaufrée de dindon coriace ; un renard
argenté ne cachait pas le cou nu, un pot de fleurs, un cou large
comme un ventre et qui avait aspiré le mention"
; mais ça reste encore drôle pour Mme Peloux dans La Fin
de chéri : "Mme
Peloux haussa les épaules, geste qui depuis longtemps némouvait
plus ses seins"...
J'ai été moins passionnée par le deuxième
livre. Mais pour le tout de mon bain avec Super Colette, j'hésite
entre 3/4 et 4/4.
Jérémy![]()
Avant la lecture : J'ai lu du Colette quand j'étais adolescent,
des livres avec des animaux. J'en ai gardé un bon souvenir, mais
évanescent. Nous avions lancé en début d'année
l'idée de lire du Colette, à l'occasion de l'exposition,
et c'est moi qui ai relancé pour qu'on la programme car j'étais
content de relire du Colette.
Après la lecture : J'ai adoré du début à
la fin. Je suis tout de suite entré dans le livre, dans cette époque
peu connue. J'ai adoré la langue, brillante, chatoyante, la plume
acérée, drôle. C'est à la fois cruellement
drôle et drôlement cruel.
Ainsi de la description du corps décrépi qui vieillit :
le corps des femmes, mais aussi des hommes, avec le colonel et le regard
de Léa sur sa flétrissure : "des
mains sèches et soignées, sillonnées de tendons et
de veines, ses yeux remontèrent au menton détendu, au front
barré de rides, revinrent cruellement à la bouche prise
entre des guillemets de rides
"
J'ai aimé la sensualité de la langue dans les descriptions
: cheveux, peau, mais aussi les tissus que je VOYAIS, les odeurs de fleurs,
des arbres, les parfums, les descriptions de couleurs aussi - une sensualité
par tous les sens.
L'écriture
de cette histoire d'amour est vibrante, au
début légère, car les sentiments ne sont pas dits
; puis ils finissent par avouer cet amour, mais qui s'avère impossible
à vivre, en raison de la différence d'âge. C'est tragique.
J'ai été à la fois amusé et intrigué
par les relations qu'entretiennent Léa et Mme Peloux, meilleures
amies de façades mais qui en réalité se détestent
(ou l'inverse ?). Je me souviens de ce passage dans lequel il est raconté
que Léa est heureuse de retrouver Mme Peloux comme un chien l'est
de retrouver la pantoufle qu'il va pouvoir déchirer. Là
encore c'est à la fois drôle et cruel. De manière
générale les relations qu'entretiennent ces demi-mondaines
entre elles semblent très dures.
J'ai adoré ce livre que j'ai lu dans la Pléiade emprunté
à la bibliothèque et où hélas je ne pouvais
rien noter dans les marges. Il y a pourtant bien des passages que j'ai
trouvés drôles ou tout simplement beaux.
J'ai aimé aussi l'importance des aspects matériels : l'argent
n'est jamais un problème, mais il est sans cesse un sujet. Chéri
compte les bouteilles, l'essence du chauffeur : "Quand
tu ne digères pas une addition, tu ressembles à ta mère."
L'argent est omniprésent : on boursicote, le pétrole rapporte,
Léa se demande ce qu'elle pourrait bien faire de ses capitaux :
ouvrir un commerce, investir dans le commerce d'untel ou d'unetelle ;
le mariage est une histoire de gros sous et Mme Peloux et la mère
de la future épouse de Chéri se déchirent sur le
contrat de mariage, la bassesse n'est pas exclue, la petitesse et la mesquinerie
non plus. Je pense notamment au passage dans lequel Léa, rentrée
chez elle après être partie pour guérir son chagrin
d'amour, menace de renvoyer 2 de ses personnels de maison après
qu'une troisième lui a révélé qu'il manque
2 essuie-verres sur 28...
Le livre est très intéressant sur ce milieu.
Il m'a donné envie de continuer à lire du Colette.
Je l'ouvre en grand.
Brigitte
(à
l'écran)
Ce livre aborde un sujet tout à fait intéressant : le passage
d'un stade de la vie au suivant. Aussi bien l'entrée dans la vieillesse
que le passage à l'âge adulte.
En effet, c'est toujours difficile, voire douloureux, de renoncer à
un équilibre pour en construire un nouveau.
Léa a cinquante ans, sa beauté la quitte. Chéri a
vingt-cinq ans, il doit devenir responsable de lui-même et de ses
actes.
L'écriture de Colette; toujours juste et foisonnante; agit par
petites touches; aussi bien pour décrire la peau de Léa
que la nature environnante.
L'intrigue prend place, à la Belle Époque, dans un milieu
de femmes vieillissantes qui ont tendance à se détester,
mais continuent à se fréquenter.
Leur niveau de vie est tout à fait confortable, elles boursicotent.
Leurs ressources proviennent probablement d'un passé de courtisanes,
mais ce n'est pas vraiment explicité.
J'ouvre aux ¾.
J'ai aussi lu La Fin de Chéri. C'est un roman très
triste. Le pauvre Chéri, de retour de la guerre de 14 ne réussit
pas du tout à s'adapter à cette nouvelle époque.
Sa femme, Edmée, n'est plus une personne effacée, mais une
femme engagée dans le monde hospitalier où elle est reconnue.
Son ancienne maîtresse Léa est devenue une femme âgée,
sa beauté a complètement disparu. De cela, il ne réussit
pas à faire son deuil.
J'ai été frappée par la conversation de Chéri
avec sa mère. À un moment, Chéri évoque la
possibilité d'être honnête. C'est comme s'il avait
prononcé un gros mot. L'honnêteté ne fait pas partie
de ce monde !!
Pour nous raconter tout cela, l'écriture de Colette est toujours
aussi magnifique. Elle a en permanence recours à la couleur pour
définir les ambiances et les états d'âme, avec une
grande maîtrise. Au début du livre, Chéri part faire
une promenade solitaire dans le Bois de Boulogne par une belle soirée
de juin : le lecteur a l'impression de l'accompagner grâce à
l'écriture.
J'ouvre aussi aux ¾.
Jacqueline![]()
Je suis ennuyée, je n'ai encore pu lire que
40 pages de Chéri
Mais j'ai été séduite dès le départ.
J'aime que ce livre soit en grande partie écrit en dialogues où
je découvre une langue parlée, très expressive, un
peu étrange parce que probablement liée à un milieu
particulier disparu, mais surtout très datée. (J'ai adoré
la conversation et les potins avec Patron le boxeur !)
J'ai aimé la vision lucide de Léa sur son entourage (y compris
sur Chéri), le réalisme qu'elle partage avec lui sur leur
situation et leur lucidité amusée sur les autres personnages.
J'ai aimé son regard sans concession sur elle-même et la
dignité avec laquelle elle accepte l'inéluctable, comment
en elle prend son parti, aussi bien de la vieillesse que de la séparation.
J'ai aimé cette histoire d'amour, avec une vraie sensualité,
leur entente sans illusion, leur art de vivre en profitant de l'instant
J'en étais à l'annonce du mariage, lorsque j'ai vu le film
de Frears : un bon spectacle, mais qui m'a paru trahir la légèreté
du texte de Colette que j'avais tant appréciée
D'un
livre sur la fragilité des rapports humains, je passais à
un film de reconstitution historique
Je ne m'y retrouvais pas :
voir Léa se jeter en pleurs sur son lit, sans accès à
son point de vue, me la faisait apparaître un peu comme une héroïne
de best-seller ; cela ajoutait du pathos et du banal au texte sec de Colette.
Je ne regrette pourtant pas d'avoir vu le film : il se regarde avec plaisir
et m'a permis de connaître la suite
Quand j'ai repris ma lecture (avec le même bonheur !), j'ai constaté
avec stupéfaction que dans la grande scène de réception,
avant le retour de Chéri, je retrouvais très exactement
les dialogues entendus dans le film
Cette scène qui m'avait
alors parue caricaturale, à la limite du grotesque (une cohorte
de vieilles à la Goya, l'art du peintre en moins !), pourquoi me
faisait-elle un effet tout différent en lisant le livre ?
En fait, je pense, à cause des descriptions de l'auteure (le point
de vue de Léa) qui étaient un délice d'ironie
Bref, bien que n'ayant pas encore terminé, j'ouvre en grand pour
mon plaisir de lecture.
Fanny![]()
Je suis passée par toutes les phases.
J'ai beaucoup aimé le style, les descriptions très fines.
Le film de Frears, j'ai adhéré car je retrouve le bouquin,
et j'ai apprécié le jeu des personnages ; dans la dernière
scène, on voit le visage vieilli, c'est parfaitement rendu. Lea
du film, je ne l'imaginais pas comme ça, belle, svelte. La fin
de La Fin de Chéri est dévoilée à la
fin du film, mais j'ai trouvé que le scénario entremêle
finement des élément de ce deuxième livre dans le
déroulé du film.
Dès le début du roman, les surnoms de Nounoune et
Chéri dans les échanges amoureux m'ont dérangée.
J'ai pensé à Rebecca, car ce ressenti est probablement lié
à des valeurs morales. J'ai parlé du livre avec la mère
de mon compagnon qui a 90 ans et qui m'a dit que j'étais un peu
trop "morale"...
J'étais donc dans des états contradictoires car la relation
m'a dérangée et le rapport à la femme alors vieillissante
qui a mon âge, 51 ans
J'ai retrouvé un ressenti analogue à celui que j'avais ressenti
avec Truismes ou La
femme changée en renard que nous avions lu. C'est très
particulier comme ressenti, comme inconfort.
Je n'ai eu aucune empathie pour aucun des personnages, même pour
Léa, peut-être que de manière inconsciente j'ai craint
de retrouver des traits d'elle en moi ? Même si j'ai trouvé
le personnage d'Edmée peu sympathique, j'ai bien aimé la
manière dont son portrait est brossé.
Le style est différent dans les deux livres. Le second plus dans
le narratif, compact dans la mise en page. Pour autant, je trouve les
deux parties très complémentaires et je trouve difficile
de les dissocier dans mon avis. La scène finale du suicide est
très bien écrite avec je trouve beaucoup de pudeur. Dans
Chéri, le vieillissement féminin est central, dans
La Fin de Chéri, on trouve au premier plan celui du vieillissement
de l'homme, dès le début lorsque Chéri se regarde
dans la glace et se trouve changé, ne se reconnaissant pas dans
cet homme de 30 ans et non plus 25. Forcément, cela m'a moins remuée,
mais j'ai trouvé que c'était abordé tout en finesse.
J'ouvre aux ¾.
Etienne ayant évoqué Proust,
nous écoutons en fin de séance :
- les 4 min de l'émission d'Antoine Compagnon : "Proust
et Colette se sont connus et reconnus"
- et ce dialogue épistolaire sur Chéri :
En 1920, Colette envoie à Proust un jeu d'épreuves de Chéri : "C'est un roman que je n'avais jamais écrit les autres, je les avais écrits une ou deux fois, c'est-à-dire que les 'vagabondes', et autres 'entraves'' recommençaient toujours un peu de vagues claudines."
Proust, malade, lui répond : "Comme je ne sais pas combien de temps ma lucidité durera, et comme je n'y vois plus clair n'ayant toujours pas pu voir d'oculiste, je ne sais pas trop si je pourrais lire les épreuves de Chéri que vous avez été si charmante de m'envoyer avant le moment où cela paraîtra en volume. Mais si. Dès mes premières bonnes heures je les lirai parce que la tentation est là trop près. Vous êtes trop bonne de désirer du Proust. Les innombrables volume d'À la recherche du temps perdu sont tous écrit jusqu'à la fin. Mais cela revient au même que s'ils ne l'étaient pas ( ) Vous recevrez une lettre sur Chéri qui est certainement mille fois mieux que mes livres. Enfin, j'ai tellement de plaisir à me promener dans votre cerveau que je ne suis au fond pas fâché que vous ne vous ennuyez pas trop dans le mien."
................................................
D'autres échos proustocolettiens
ajoutés après la séance
En 1910, Proust écrit à un ami, à propos de Colette :
"Eh bien ! Quand je lis La Vagabonde, je me demande si elle n'est pas malade de me féliciter. Elle est douée, celle-là".
Et quelques jours plus tard :
"Eh bien ! maintenant, lis l'admirable fin lyrique de La Vagabonde, et dis-moi si cette créature n'est pas capable, si elle le veut, de faire une uvre impérissable. Ses louanges m'enorgueillissent, mais combien je suis humilié quand je la lis !"
Ils ont commencé à copiner sérieusement à partir de 1919 ; Proust a lu Mitsou ou comment l'esprit vient aux filles :
" Madame,
J'ai un peu pleuré ce soir, pour la première fois depuis longtemps, et pourtant depuis quelque temps je suis accablé de chagrin, de souffrances et d'ennuis. Mais si j'ai pleuré, ce nest pas de tout cela, cest en lisant la lettre de Mitsou. Les deux lettres finales, cest le chef-duvre du livre (...). Peut-être sil fallait absolument, pour vous montrer que je suis sincère dans mes éloges, vous dire ce que je ne me permettrais pas dappeler une critique, appliquée à un Maître tel que vous, je trouverais que cette lettre de Mitsou si belle, est aussi un peu trop jolie, quil y a parmi tant de naturel admirable et profond, un rien de précieux. (...) du reste ce progrès miraculeux de son style rapide comme la grêle répond exactement au titre : Comment lesprit vient aux filles."
En 1920 : Colette, Anna de Noailles et Marcel Proust ont été décorées de la Légion dhonneur : Proust peu après son prix Goncourt (1919) pour À lombre des jeunes filles en fleurs, Colette après le succès de Chéri (1920).
Proust lui écrit : "Cest moi qui suis fier dêtre décoré en même temps que lauteur du génial Chéri "...
En 1921 Colette réagit à Sodome et Gomorrhe :
"Personne au monde n'a écrit des pages comme celles-là sur l'Inverti, personne ! Je vous fais là une louange orgueilleuse, car si j'ai voulu autrefois écrire sur l'inverti une étude pour le Mercure, c'est celle-là que je portais en moi, avec l'incapacité et la paresse de l'en faire sortir. [ ] Qui oserait toucher, après vous, à l'éveil lépidoptérien, végétal, ornitholique, d'un jupien à l'approche d'un charlus ?"
Dans le quartier de la Nouvelle Athènes, au 51 rue Saint-Georges qui deviendra le théâtre Saint-Georges, se donnaient des conférences publiques dans le cadre de l'Université des Annales créé en 1907, avec sa revue Conferencia : Journal de luniversité des Annales. Colette y est intervenue plusieurs fois, par exemple en 1922 autour de la littérature contemporaine et de ses propres uvres (dont Chéri). En 1926, Paul Reboux, à tendance humoristique, au cours d'une conférence "Enquêtes modernes. Comment ils écrivent : de Marcel Proust à Jean Cocteau" s'adresse à Colette pour parler de ses confrères ; voici le dialogue sur Proust :
Colette : Jai une espèce de passion pour tout ce qua écrit Marcel Proust, pour presque tout ce quil a écrit... Comme dans Balzac, je my baigne... Cest délicieux... (Longs applaudissements).
Paul Riboux : Mais la longueur de ses phrases ne vous gêne pas ?
Colette : Non. Et pourquoi me troublerait-elle ? Cest une onde particulière. Il faut être bon nageur, quelquefois... Mais cest affaire aux lecteurs daller jusquà Proust et non pas à Proust daller aux lecteurs... Ils y viendront bien... (Nouveaux applaudissements)"
(Conferencia, Journal des Universités des Annales, n° 8, 1er avril 1926)
Pour d'autres détails :
- "Proust et Colette : Les
affinités sélectives", Michel Schneider, Bulletin
d'informations proustiennes, n°
47, 2017
- "Willy,
Colette et Proust 'du côté de chez Swann'", Laurence
Teyssandier, Bulletin d'informations proustiennes, n° 43,
2013
- "Écrire
toujours, entre Balzac et Proust", Julia Kristeva, extrait de
Le
Génie féminin, III : Colette, 2002.
|
Pour la première
fois à la fin de la séance, Lors de cette réunion
du club de lecture Voix au chapitre, plusieurs thèmes principaux
ont été abordés autour des uvres de Colette
"Chéri" et "La Fin de Chéri" : Les participants ont exprimé des avis très contrastés, allant de l'enthousiasme total au rejet complet, créant un débat riche sur la pertinence contemporaine de ces uvres. |
Nous aurons pu :
- visiter l'exposition "Les
mondes de Colette" à la BNF du 23 septembre au 18 janvier
2026
- visionner le film
Chéri de Pierre Billon (1950), avec Jean Desailly et
Marcelle Chantal
- également le film
Chéri de Stephen Frears (2009), avec Michelle Pfeiffer,
Kathy Bates et Rupert Friend (en vod sur
Arte)
- voir un documentaire sur Arte : Colette
l'insoumise, de Cécile Denjean, 2017, 54 min
- assister au spectacle Colette
au music-hall au Théâtre de poche, par Geneviève
de Kermabon, à partir de textes de Colette extraits d'une dizaine
de livres dont L'Envers du Music-hall, la Vagabonde, Chéri...
- et dans le passé, Voix au chapitre avait reçu de
la part de l'équipe de distribution du film COLETTE
de Wash Westmoreland 20 places (dont nous avions bien profité)
pour l'avant-première
le 10 janvier 2019 au Gaumont Marignan en présence de l'équipe
du film.
Chéri a été réédité récemment en poche. On le trouve actuellement dans ces éditions :
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| Flammarion GF (2025) : Chéri, et en volume séparé : La Fin de Chéri | J'ai Lu (2025) : Chéri | Librio (2022) : Chéri |
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| Gallimard : Folio classique (2025) : Chéri et La Fin de Chéri suivi de Chéri (comédie en quatre actes de Colette et Léopold Marchand). Et La Pléiade, tome 2 (1986), contient Chéri | Archipoche (2025) : Le Blé en herbe suivi de Chéri et La Fin de Chéri | Livre de Poche (2004) : Chéri. Et La pochothèque (2004) : Romans (1685 p.) dont Chéri et La Fin de chéri |

Un manuscrit de Colette : la suite sur Gallica

Colette n'a pas la pêche ? Par Henri Manuel (1874-1947), vers 1920
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Nos cotes d'amour, de l'enthousiasme
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