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Quatrième de couverture : Dans ces maisons, où l'ordre lient lieu doxygène, vivent des petits couples ordinaires, Florence et Hubert, par exemple. Pris séparément, ils ne créent pas l'enfer. Pas du tout. Isolément, chacun est plutôt terne. Disons inintéressant. Il ny a rien qui brille, rien qui luise, rien qui attire l'attention, rien. Mais dès qu'ils sont ensemble, dès qu'ils sont unis, une loi monstrueuse naît de leur relation. C'est la loi du couple. Comment un petit couple humain en vient à saigner à mort ses enfants bien-aimés, comment ces enfants bien-aimés laissent leurs parents les saigner à mort, voilà ce que je vais m'obliger à essayer de dire, de redire et de montrer, dit Julie. |
Suzanne Jacob (née en 1943)
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Vous avez commencé
par faire de la chanson, avant même d'écrire de la
fiction ? C'était donc un milieu
exceptionnel ? |
Elle se fait d'abord connaître comme auteure-compositeure-interprète (en 1970 elle reçoit le prix du Patriote, représente le Canada au Festival de Spa) avant de publier en 1978 son premier roman, Flore Cocon.
| Voyez-vous des parentés
entre l'écriture de chansons et l'écriture de fiction ?
Ce sont deux écritures complètement différentes pour moi. J'écris une chanson pour ma voix et avec ma voix, et pour la scène. Ce n'est pas du tout le même matériau que pour le roman. Par contre, je peux dire que c'est grâce à la chanson si j'ai pu organiser un budget qui m'a donné le temps d'écrire. |
En 1978, elle
fonde, avec Poul Paré, une maison d'édition, le Biocreux,
micro-maison dédition artisanale où elle publie son
premier recueil de nouvelles et son premier recueil de poésie.
À compter de cette date ses activités littéraires
et artistiques se diversifient : disques, dramatiques pour la radio, télé-théâtres,
tournées de spectacles au Québec et à létranger,
chroniques, scénarios de films, nouvelles, recueils de poèmes,
romans et essais, se succèdent.
Voir Suzanne Jacob ? Elle dit
ici des poésies en 2016 (faut
aimer la poésie...)
Publiées au Québec, notamment aux éditions du Boréal, et pour certaines, également aux éditions du Seuil.
Romans
1978 : Flore Cocon
1983 : Laura
Laur - Prix
Québec-Paris et Prix
du Gouverneur général, film adapté au cinéma
1986 : La
Passion selon Galatée
1988 : Maude
1988 : Les
Aventures de Pomme Douly
1989 : Plages du Maine
1991 : L'obéissance
2001 : Rouge,
mère et fils
2005 : Fugueuses
2003 : Wells
Nouvelles
1979 : La Survie
1998 : Parlez-moi
d'amour
2010 : Un
dé en bois de chêne
2019 : Feu
le soleil
1996 : Ah
!
Poésie
1980 : Poèmes I : Gémellaires, Le Chemin de Damas
1990 : Filandere Cantabile
1996 : Les Écrits de l'eau
1997 : La
Part de feu précédé
de
Le Deuil de la rancune - Prix
Radio-Canada et Prix
du Gouverneur général
2011 : Amour,
que veux-tu faire ?
Essais
1997 : La
Bulle d'encre
2002 : Comment, pourquoi
2008 : Histoires
de s'entendre
2024 : Prélèvements
Articles
à la sortie du livre au Canada
- "Suzanne Jacob : la désobéissance
ou la mort", Jean Basile, Le Devoir, 14 septembre 1991
- "Histoire d'un fait divers",
Réginald Martel, La Presse, 22 septembre 1991
- "Louis Hamelin et Suzanne Jacob
dans la mêlée parisienne", Michel Dolbec, La
Presse, 9 octobre 1991.
Toujours
au Québec : Suzanne
Jacob & Wajdi Mouawad
En 1995, Alexandrine Agostini, alors étudiante à lÉcole
nationale de théâtre du Canada, où Wajdi Mouawad enseignait
et encadrait des projets, le convainc dintégrer un monologue
tiré du roman Lobéissance de Suzanne Jacob
(dont elle était fan) dans un spectacle de fin détudes.
Wajdi Mouawad accepte et met en scène ce travail étudiant.
Alexandrine Agostini, actrice, restera une
groupie de Suzanne Jacob.
Une
interview très approfondie
- "Sauver
la pensée. Entretien avec Suzanne Jacob", Lori Saint-Martin
et Christl Verduyn, Voix et Images, hiver 1996, p. 224233.
Extrait (l'interview a 30 ans) :
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Y a-t-il des écrivains qui
vous ont marquée [pendant votre formation] ? Que voulez-vous dire par une écriture
"monstrueuse" ?
|
Des
articles et études universitaires
Souvent casse-pieds, mais avec des éclairages...
- "Des
histoires gigognes pour essayer que quelque chose soit dit",
Anne Carrier, Québec français, n° 85, printemps
1992. Extrait :
| Pour traverser les moments dramatiques de leur existence, les personnages de Suzanne Jacob s'inventent souvent un Interlocuteur ; l'auteure a notamment utilisé le procédé dans Flore Cocon et la Passion selon Galatée. Dans lobéissance, cet être imaginaire, qui prend différentes formes, occupe sûrement la place la plus importante. En confortant tous les autres, en leur procurant une échappatoire infaillible, il leur apprend à survivre. |
- "Suzanne Jacob : de parole et de liberté", Maryse Barbance, Nuit blanche, n° 72, automne 1998, p. 48. Extraits :
|
Suzanne Jacob : On
meurt beaucoup dans les révolutions ! Cest pareil
pour lindividu. Soit il se replie sur le délabrement
où le mène une fiction devenue stérile, soit
il prend le risque dun nouvel ordre, dun nouveau récit,
plus fécond. Dans
Lobéissance, la mère, Florence, voudrait
que ce soit possible de tout garder : la répétition
du repliement sur soi, et le risque, qui vient dAlice, de
la révolution, du changement. Elle veut que sa fille soit
à la fois armée, et désarmée. Quand
elle ordonne à sa fille Alice dentrer dans leau
de la rivière pour lui apprendre à obéir, elle
désire tout autant quAlice refuse et quelle brise
létau de la répétition sous ses yeux.
Quelle naisse hors de la mère. Mais limpasse
entre sa propre incapacité de mettre au monde, cest-à-dire
den finir avec sa grossesse, et son désir que sa fille
"achève" sa grossesse, est fatale à Alice.
(...) *Il semblerait que dans les années 1990 plusieurs institutions auraient refusé d'inclure L'obéissance dans leurs listes de lecture ou de l'acquérir ou l'auraient retiré des rayons. (Note de VAC) |
- De l'essai à la fiction : penser l'écriture chez Suzanne Jacob, Rosemarie Grenier, maîtrise, Université de Montréal, 2006. Extrait :
| Dans Comment pourquoi, Jacob mentionne quau moment décrire plusieurs de ses livres, elle étudie luvre de divers auteurs : « Le livre que jai le plus étudié à lépoque de Lobéissance, cest La nature et la pensée de Gregory Bateson, comme "en train décrire Laura Laur" javais étudié Léchange symbolique et la mort de Jean Baudrillard, et "en train décrire La Survie" je ne faisais quétudier Lexpérience intérieure de Georges Bataille, et "en train décrite Flore Cocon", que Le degré zéro de lécriture de Roland Barthes. » |
- "Messe
solennelle pour la famille Lebel, suivi de Lévolution du
procédé polyphonique chez Suzanne Jacob", Justine
Paré, mémoire de maîtrise, département des
littératures de langue française, Université de Montréal,
2014.
Sont étudiés trois romans de Suzanne Jacob, Lobéissance,
Rouge, mère et fils et Fugueuses, en tant qu'uvres
chorales dans lesquelles la prose se décline en plusieurs voix.
- "Violence et déraison dans L'obéissance de Suzanne Jacob", Hanène Logbi, Revue des sciences humaines, n° 46, décembre 2016, p. 223-231. Extraits :
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[Suzanne Jacob] se situe parmi celles de ces romancières qui se tournent vers les formes avant-gardistes héritées du nouveau roman et des bouleversements de lécriture introduits à la suite du mouvement féministe. (...) Lhistoire est narrée selon deux récits parallèles, mais qui finiront par se croiser. La structure complexe met en avant ces deux récits de vie qui vont comporter inscrits dans des mises en abymes, contés par des narrateurs différents des récits réflexifs reprenant de façon miniaturisée et parfois bifurquée le sujet développé. |
- "Investissement
du sens et choix onomastique dans LObéissance de Suzanne
Jacob", Hanène Logbi, Synergies Algérie,
n° 24, 2017, p. 53-60.
L'autrice prend chaque nom de personnage du roman et en fait une analyse
convaincante : original ! Hanène LOGBI, maîtresse de conférences
en Algérie, avait soutenu en 2016 une thèse sur l'écriture
féminine québécoise.
- "Le fait divers comme lieu dengagement de lécrivaine : les cas de Marguerite Duras et de Suzanne Jacob", Mylène Bédard et Katheryn Tremblay, Recherches & Travaux, n° 92, 2018. Extraits :
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Plusieurs écrivaines contemporaines en France comme au Québec, dont Leïla Slimani, Nicole Malinconi, Anne Hébert et Aline Chamberland, ont proposé des récits inspirés de faits divers exploitant la criminalité féminine. Parties prenantes de cette tendance, Marguerite Duras et Suzanne Jacob sen distinguent néanmoins en ce que leur appropriation du fait divers saccompagne dune réflexion critique sur les pratiques médiatiques et la responsabilité de la littérature dans le débat quelles génèrent. (...) Le roman de Jacob, par la fragmentation de la narration, donne une voix aux protagonistes des faits divers la fiction permettant même des "intrusions" dans leur subjectivité. Il montre également que la violence transcende les frontières entre les classes sociales en instaurant une série déchos entre le parcours de Florence Chaillé, ancienne danseuse nue, et celui de Marie Chollet, avocate de renom. De même, la forme exclusivement dialoguée de LAmante anglaise doit également retenir notre attention. Il sagit là dune forme fort peu courante dans le genre romanesque, dont le choix par Duras est significatif. (...) Les textes de Suzanne Jacob et de Marguerite Duras
cherchent par la littérature à rompre limmanence
du fait divers. Non seulement lévénement nest
plus clos sur lui-même, mais il est extrait de son cadre extraordinaire
et lointain qui rend le lecteur de la presse étranger aux
acteurs et aux actes qui caractérisent lévénement.
En ce quils réintègrent les faits divers dans
un contexte historique que tous sont susceptibles de reconnaître
(notamment par les renvois aux régimes totalitaires de Duvalier
et Ceaucescu), les textes de Jabob et de Duras rompent avec leffet
dirresponsabilité propre au fait divers médiatique.
Chaque lecteur est concerné, étant considéré
comme un témoin, un complice, voire comme une victime ou
un agresseur potentiels. La métaphore du regard dans Sublime,
forcément sublime Christine V. participe de ce décloisonnement
et de cette sortie de lextraordinaire au profit dune
plongée dans une situation commune et connue. La récupération du fait divers chez Marguerite Duras et Suzanne Jacob témoigne dun engagement littéraire à la fois politique et poétique, lequel se manifeste par la volonté de dire et de raconter autrement lhistoire dindividus rapportée dans les faits divers, en présentant une interrogation des faits qui élargit la question de la responsabilité par le décentrement du crime et linterpellation des témoins directs ou indirects. |
- "Métaphore obsédante du sable et principe dindividuation sociale dans LObéissance de Suzanne Jacob", Christel Bouchez, Sociopoétiques, n° 7, 2022. Extrait :
| La métaphore obsédante du sable fait ainsi voler en éclats tous les stéréotypes liés à la société des loisirs et le roman devient ce grain de sable qui vient lever les masques et mettre en lumière les tragédies endurées. Lauteur gratte le vernis de ces espaces idylliques en surface et il en faut peu pour que la pourriture se révèle. Un bac à sable qui sert de cercueil, un voyage de noces au bord de leau qui signe déjà la fin tragique du mariage, une rivière autrefois accueillante transformée en décharge publique sont autant de témoignages dune société qui se déshumanise en se laissant happer par les sables mouvants.e certaines bibliothèques scolaires. |
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Nos cotes d'amour, de l'enthousiasme
au rejet :
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