L'obéissance
, Seuil, 1991, 256 p.


L'obéissance
, rééd., Montréal, Boréal, coll. "Boréal compact", 1993, 258 p.


Rééd. en poche, Points, 2001, 256 p.

Quatrième de couverture : Dans ces maisons, où l'ordre lient lieu d’oxygène, vivent des petits couples ordinaires, Florence et Hubert, par exemple. Pris séparément, ils ne créent pas l'enfer. Pas du tout. Isolément, chacun est plutôt terne. Disons inintéressant. Il n’y a rien qui brille, rien qui luise, rien qui attire l'attention, rien. Mais dès qu'ils sont ensemble, dès qu'ils sont unis, une loi monstrueuse naît de leur relation. C'est la loi du couple. Comment un petit couple humain en vient à saigner à mort ses enfants bien-aimés, comment ces enfants bien-aimés laissent leurs parents les saigner à mort, voilà ce que je vais m'obliger à essayer de dire, de redire et de montrer, dit Julie.

Suzanne Jacob (née en 1943)
L'obéissance (1991)

Nous avons lu ce livre pour le 20 février 2026. [Avis en cours de mise en ligne]

En option, pour les curieux :
- L'obéissance de François Sureau (publié en 2007, Folio, 160 p.)
- et pourquoi pas : La désobéissance d'Alberto Moravia (publié en 1948, Folio, 192 p.)
- et au théâtre pendant que nous lisons L'obéissance : L’obéissance est tellement douce, au Théâtre de la Cité universitaire.

•Quelques repères biographiques
Les œuvres de Suzanne Jacob
• A propos de L'obéissance



QUELQUES REPÈRES BIOGRAPHIQUES

Suzanne Jacob est née en 1943 en Abitibi au Québec. Elle fait ses études classiques à Nicolet et obtient son baccalauréat ès arts (=notre licence) de l’Université Laval.

Vous avez commencé par faire de la chanson, avant même d'écrire de la fiction ?
Suzanne Jacob : J'ai fait un peu de théâtre, d'abord au collège, puis au Théâtre de la Boulangerie en 1964, avec les Apprentis-Sorciers. La chanson est venue ensuite. Mais le premier roman, Flore Cocon, paraîtra en 1978, avant le premier disque. L'écriture a commencé au collège vers l'âge de quatorze ou quinze ans, à travers le journal étudiant, mais surtout par une correspondance presque quotidienne pendant toute cette période du collège, qui a duré quatre ans. Mais je n'ai jamais appelé ça de l'écriture.

Quelle a été votre formation ? A-t-elle alimenté votre écriture ?

J'ai fait ce qu'on appelait à l'époque le baccalauréat ès arts. J'ai été pensionnaire à Nicolet pendant six ans, dans un petit collège entouré d'une école de théâtre, d'une école de musique et d'une école de peinture. C'était la maison mère des Sœurs de l'Assomption, une communauté religieuse québécoise. Le collège était dirigé par une femme intelligente qui désirait nous former non pas à l'obéissance mais au discernement. Les auteurs à l'Index ou les films frappés par la censure, elle croyait que nous devions en prendre connaissance, que ça faisait partie de notre formation que d'examiner ce que notre société interdisait et de trouver pourquoi. Cette passion du discernement a certainement joué un grand rôle dans tout ce qui s'est passé pour moi ensuite.

C'était donc un milieu exceptionnel ?
C'était un milieu animé par quelques femmes réveillées et passionnées. (...)

Lisiez-vous beaucoup alors ?
C'était un lieu où on lisait tout le temps, la musique, le théâtre, le cinéma, les livres, tout. Vers 1962, 1963, je me suis rendu compte qu'on allait sortir du collège sans avoir étudié le nouveau roman. J'ai demandé qu'on le mette au programme. Eh bien, une prof est allée suivre un cours d'été sur le nouveau roman à Laval, et elle nous l'a donné en septembre. Assez formidable, non ? (Extraits de "Sauver la pensée. Entretien avec Suzanne Jacob", Lori Saint-Martin et Christl Verduyn, Voix et Images, hiver 1996)


Grâce à un certificat universitaire à la faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal, elle enseigne le français langue seconde de 1969 à 1974.

Elle se fait d'abord connaître comme auteure-compositeure-interprète (en 1970 elle reçoit le prix du Patriote, représente le Canada au Festival de Spa) avant de publier en 1978 son premier roman, Flore Cocon.

Voyez-vous des parentés entre l'écriture de chansons et l'écriture de fiction ?
Ce sont deux écritures complètement différentes pour moi. J'écris une chanson pour ma voix et avec ma voix, et pour la scène. Ce n'est pas du tout le même matériau que pour le roman. Par contre, je peux dire que c'est grâce à la chanson si j'ai pu organiser un budget qui m'a donné le temps d'écrire.

En 1978, elle fonde, avec Poul Paré, une maison d'édition, le Biocreux, micro-maison d’édition artisanale où elle publie son premier recueil de nouvelles et son premier recueil de poésie.
À compter de cette date ses activités littéraires et artistiques se diversifient : disques, dramatiques pour la radio, télé-théâtres, tournées de spectacles au Québec et à l’étranger, chroniques, scénarios de films, nouvelles, recueils de poèmes, romans et essais, se succèdent.

Voir Suzanne Jacob ? Elle dit ›ici des poésies
en 2016 (faut aimer la poésie...)


LES ŒUVRES de Suzanne Jacob

Publiées au Québec, notamment aux éditions du Boréal, et pour certaines, également aux éditions du Seuil.

Romans
1978 : Flore Cocon
1983 : Laura Laur - Prix Québec-Paris et Prix du Gouverneur général, film adapté au cinéma
1986 : La Passion selon Galatée
1988 : Maude
1988 : Les Aventures de Pomme Douly
1989 : Plages du Maine
1991 : L'obéissance
2001 : Rouge, mère et fils
2005 : Fugueuses
2003 : Wells


•Nouvelles

1979 : La Survie
1998 : Parlez-moi d'amour
2010 : Un dé en bois de chêne
2019 : Feu le soleil
1996 : Ah !

•Poésie
1980 : Poèmes I : Gémellaires, Le Chemin de Damas
1990 : Filandere Cantabile
1996 : Les Écrits de l'eau
1997 : La Part de feu précédé de Le Deuil de la rancune - Prix Radio-Canada et Prix du Gouverneur général
2011 : Amour, que veux-tu faire ?

•Essais
1997 : La Bulle d'encre
2002 : Comment, pourquoi
2008 : Histoires de s'entendre
2024 : Prélèvements


À PROPOS DE L'OBÉISSANCE

•Articles à la sortie du livre au Canada
- "Suzanne Jacob : la désobéissance ou la mort", Jean Basile, Le Devoir, 14 septembre 1991
- "Histoire d'un fait divers", Réginald Martel, La Presse, 22 septembre 1991
- "Louis Hamelin et Suzanne Jacob dans la mêlée parisienne", Michel Dolbec, La Presse, 9 octobre 1991.

Toujours au Québec : Suzanne Jacob & Wajdi Mouawad
En 1995, Alexandrine Agostini, alors étudiante à l’École nationale de théâtre du Canada, où Wajdi Mouawad enseignait et encadrait des projets, le convainc d’intégrer un monologue tiré du roman L’obéissance de Suzanne Jacob (dont elle était fan) dans un spectacle de fin d’études. Wajdi Mouawad accepte et met en scène ce travail étudiant. Alexandrine Agostini, actrice, restera une groupie de Suzanne Jacob.

Une interview très approfondie
- "Sauver la pensée. Entretien avec Suzanne Jacob", Lori Saint-Martin et Christl Verduyn, Voix et Images, hiver 1996, p. 224–233. Extrait (l'interview a 30 ans) :

Y a-t-il des écrivains qui vous ont marquée [pendant votre formation] ?
Un écrivain m'a profondément marquée pendant cette période. Je pense depuis longtemps que c'est lui et lui seul qui m'a amenée à ce qu'on convient d'appeler aujourd'hui l'écriture. Il s'agit de Pierre Jean Jouve, celui qui intègre dans le roman la vitesse de la poésie, comme au cœur de la mort, la vie. Dès l'ouverture d'Hécate, on comprend que la prose vient de s'affranchir du devoir de la preuve ou de l'illustration "probante". Autrement dit, la prose se délivre de sa volonté lourde et dérisoire d'y pouvoir quelque chose et nourrit sa liberté au cœur même des paradoxes.

Et quels sont les auteurs que vous lisez aujourd'hui ?
Ces dernières années, il y a eu Thomas Bernhard, Peter Handke. Récemment, j'ai découvert Marlen Haushofer, une autre auteure autrichienne. Il y a quelque chose qui se passe du côté de l'Autriche. La première femme à faire une thèse sur mes livres, c'est une Autrichienne. Marlen Haushofer, c'est une écriture complètement organique, cohérente, tout le temps juste dans le souffle, dans le chant. C'est ce qui m'intéresse : des écritures qui ne sont pas monstrueuses, qui sont dans une harmonie...

Que voulez-vous dire par une écriture "monstrueuse" ?
C'est une voix qui ne s'appartient pas, où il y a des morceaux qui sont collés, ajoutés, des bras à quelqu'un, des mains à quelqu'un d'autre, des yeux empruntés à on ne sait plus qui.

Des articles et études universitaires
Souvent casse-pieds, mais avec des éclairages...

- "Des histoires gigognes pour essayer que quelque chose soit dit", Anne Carrier, Québec français, n° 85, printemps 1992. Extrait :

Pour traverser les moments dramatiques de leur existence, les personnages de Suzanne Jacob s'inventent souvent un Interlocuteur ; l'auteure a notamment utilisé le procédé dans Flore Cocon et la Passion selon Galatée. Dans l’obéissance, cet être imaginaire, qui prend différentes formes, occupe sûrement la place la plus importante. En confortant tous les autres, en leur procurant une échappatoire infaillible, il leur apprend à survivre.

- "Suzanne Jacob : de parole et de liberté", Maryse Barbance, Nuit blanche, n° 72, automne 1998, p. 4–8. Extraits :

Suzanne Jacob : On meurt beaucoup dans les révolutions ! C’est pareil pour l’individu. Soit il se replie sur le délabrement où le mène une fiction devenue stérile, soit il prend le risque d’un nouvel ordre, d’un nouveau récit, plus fécond. Dans L’obéissance, la mère, Florence, voudrait que ce soit possible de tout garder : la répétition du repliement sur soi, et le risque, qui vient d’Alice, de la révolution, du changement. Elle veut que sa fille soit à la fois armée, et désarmée. Quand elle ordonne à sa fille Alice d’entrer dans l’eau de la rivière pour lui apprendre à obéir, elle désire tout autant qu’Alice refuse et qu’elle brise l’étau de la répétition sous ses yeux. Qu’elle naisse hors de la mère. Mais l’impasse entre sa propre incapacité de mettre au monde, c’est-à-dire d’en finir avec sa grossesse, et son désir que sa fille "achève" sa grossesse, est fatale à Alice. (...)

Pour ma part, lorsque j'ai appris qu'il y avait une interdiction autour de L'obéissan
ce*, le personnage de Florence incarnant censément une mauvaise mère - ce que je n'avais pas le droit de montrer d'après une certaine censure -, j'ai trouvé ça très dur. Pour moi, Florence est une mère ordinaire, très ordinaire, et non pas une mauvaise mère. C'est une mère parmi les mères. Mais ce dont il s'agit surtout, c'est du livre lui- même. Et je sais aujourd'hui, après tous les témoignages que j'ai reçus, que ce livre lui-même est une très bonne mère. Peut- être exigeante, mais bonne, très attentive, toujours attentive. On croit toujours que le livre dit, mais il écoute aussi. Il y a quelqu'un à l'écoute dans le livre, et ce n'est pas l'écrivain, c'est l'écrit. L'écrit se tait, et il écoute.

Nuit blanche
: Et L'obéissance me paraît important non parce qu'il offrirait un modèle idéal de relation mère-enfant que promeut un certain féminisme, mais parce qu'il parle de la violence de cette relation que tout individu a pu éprouver.

L'obéissance utilise les moyens du roman pour raconter une histoire ordinaire. Ce n'est pas une thèse, ni une biographie. Si l'on ne reconnaît pas que Marie, l'avocate, a vraiment écouté Florence avec tous les moyens qu'elle avait, dans une sorte de démesure où elle a pris tous les risques, c'est qu'on confond thèse et roman. Ça n'a rien à voir. Ni avec le pari qui conduit l'écriture de faire parler la langue là où elle voudrait continuer à se taire.

*Il semblerait que dans les années 1990 plusieurs institutions auraient refusé d'’inclure L'obéissance dans leurs listes de lecture ou de l'acquérir ou l'auraient retiré des rayons. (Note de VAC)

- De l'essai à la fiction : penser l'écriture chez Suzanne Jacob, Rosemarie Grenier, maîtrise, Université de Montréal, 2006. Extrait :

Dans Comment pourquoi, Jacob mentionne qu’au moment d’écrire plusieurs de ses livres, elle étudie l’œuvre de divers auteurs : « Le livre que j’ai le plus étudié à l’époque de L’obéissance, c’est La nature et la pensée de Gregory Bateson, comme "en train d’écrire Laura Laur" j’avais étudié L’échange symbolique et la mort de Jean Baudrillard, et "en train d’écrire La Survie" je ne faisais qu’étudier L’expérience intérieure de Georges Bataille, et "en train d’écrite Flore Cocon", que Le degré zéro de l’écriture de Roland Barthes. »

- "Messe solennelle pour la famille Lebel, suivi de L’évolution du procédé polyphonique chez Suzanne Jacob", Justine Paré, mémoire de maîtrise, département des littératures de langue française, Université de Montréal, 2014.
Sont étudiés trois romans de Suzanne Jacob, L’obéissance, Rouge, mère et fils et Fugueuses, en tant qu'œuvres chorales dans lesquelles la prose se décline en plusieurs voix.

- "Violence et déraison dans L'obéissance de Suzanne Jacob", Hanène Logbi, Revue des sciences humaines, n° 46, décembre 2016, p. 223-231. Extraits :

[Suzanne Jacob] se situe parmi celles de ces romancières qui se tournent vers les formes avant-gardistes héritées du nouveau roman et des bouleversements de l’écriture introduits à la suite du mouvement féministe. (...)

L’histoire est narrée selon deux récits parallèles, mais qui finiront par se croiser. La structure complexe met en avant ces deux récits de vie qui vont comporter inscrits dans des mises en abymes, contés par des narrateurs différents des récits réflexifs reprenant de façon miniaturisée et parfois bifurquée le sujet développé.

- "Investissement du sens et choix onomastique dans L’Obéissance de Suzanne Jacob", Hanène Logbi, Synergies Algérie, n° 24, 2017, p. 53-60.
L'autrice prend chaque nom de personnage du roman et en fait une analyse convaincante : original ! Hanène LOGBI, maîtresse de conférences en Algérie, avait soutenu en 2016 une thèse sur l'écriture féminine québécoise.

- "Le fait divers comme lieu d’engagement de l’écrivaine : les cas de Marguerite Duras et de Suzanne Jacob", Mylène Bédard et Katheryn Tremblay, Recherches & Travaux, n° 92, 2018. Extraits :

Plusieurs écrivaines contemporaines en France comme au Québec, dont Leïla Slimani, Nicole Malinconi, Anne Hébert et Aline Chamberland, ont proposé des récits inspirés de faits divers exploitant la criminalité féminine. Parties prenantes de cette tendance, Marguerite Duras et Suzanne Jacob s’en distinguent néanmoins en ce que leur appropriation du fait divers s’accompagne d’une réflexion critique sur les pratiques médiatiques et la responsabilité de la littérature dans le débat qu’elles génèrent. (...)

Le roman de Jacob, par la fragmentation de la narration, donne une voix aux protagonistes des faits divers – la fiction permettant même des "intrusions" dans leur subjectivité. Il montre également que la violence transcende les frontières entre les classes sociales en instaurant une série d’échos entre le parcours de Florence Chaillé, ancienne danseuse nue, et celui de Marie Chollet, avocate de renom. De même, la forme exclusivement dialoguée de L’Amante anglaise doit également retenir notre attention. Il s’agit là d’une forme fort peu courante dans le genre romanesque, dont le choix par Duras est significatif. (...)

Les textes de Suzanne Jacob et de Marguerite Duras cherchent par la littérature à rompre l’immanence du fait divers. Non seulement l’événement n’est plus clos sur lui-même, mais il est extrait de son cadre extraordinaire et lointain qui rend le lecteur de la presse étranger aux acteurs et aux actes qui caractérisent l’événement. En ce qu’ils réintègrent les faits divers dans un contexte historique que tous sont susceptibles de reconnaître (notamment par les renvois aux régimes totalitaires de Duvalier et Ceaucescu), les textes de Jabob et de Duras rompent avec l’effet d’irresponsabilité propre au fait divers médiatique. Chaque lecteur est concerné, étant considéré comme un témoin, un complice, voire comme une victime ou un agresseur potentiels. La métaphore du regard dans Sublime, forcément sublime Christine V. participe de ce décloisonnement et de cette sortie de l’extraordinaire au profit d’une plongée dans une situation commune et connue.
La récupération du fait divers par Suzanne Jacob tend également à s’extraire du caractère singulier et exceptionnel du fait divers : la violence est diffuse et elle concerne tout le monde, à tel point qu’il devient difficile de départager les acteurs en les identifiant de manière stricte et exclusive au rôle de victime ou de bourreau. Dans L’Obéissance comme dans Sublime, forcément sublime Christine V., c’est le regard qui constitue le point de départ de l’action, de la responsabilité, jusque dans un retour spéculaire sur lui-même : "je suis la passante qui prend conscience qu’elle vient de remarquer qu’elle vient de remarquer des plaies suffisamment béantes, sur les petites mains nues, pour lui soulever légèrement le cœur, pour lui donner un début de nausée" (Obéissance). Avec ce roman, Suzanne Jacob s’en prend à ce qu’elle appelle "les fictions dominantes", qui renvoient aux conventions qu’on impose aux individus, et notamment aux femmes, et qui commandent de se soumettre et d’obéir, au risque de s’effacer soi-même (...)

La récupération du fait divers chez Marguerite Duras et Suzanne Jacob témoigne d’un engagement littéraire à la fois politique et poétique, lequel se manifeste par la volonté de dire et de raconter autrement l’histoire d’individus rapportée dans les faits divers, en présentant une interrogation des faits qui élargit la question de la responsabilité par le décentrement du crime et l’interpellation des témoins directs ou indirects.

- "Métaphore obsédante du sable et principe d’individuation sociale dans L’Obéissance de Suzanne Jacob", Christel Bouchez, Sociopoétiques, n° 7, 2022. Extrait :

La métaphore obsédante du sable fait ainsi voler en éclats tous les stéréotypes liés à la société des loisirs et le roman devient ce grain de sable qui vient lever les masques et mettre en lumière les tragédies endurées. L’auteur gratte le vernis de ces espaces idylliques en surface et il en faut peu pour que la pourriture se révèle. Un bac à sable qui sert de cercueil, un voyage de noces au bord de l’eau qui signe déjà la fin tragique du mariage, une rivière autrefois accueillante transformée en décharge publique sont autant de témoignages d’une société qui se déshumanise en se laissant happer par les sables mouvants.e certaines bibliothèques scolaires.


Nos cotes d'amour, de l'enthousiasme au rejet :
                                        
à la folie
grand ouvert
beaucoup
¾ ouvert
moyennement
à moitié
un peu
ouvert ¼
pas du tout
fermé !


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