LE ROMAN EST en ligne.
Folio classique
, 416 p.

Quatrième de couverture : La Bible de l'esprit décadent et de la "charogne" 1900. À travers le personnage de des Esseintes, Huysmans n'a pas seulement résumé, immortalisé les torpeurs, les langueurs, les névroses vénéneuses et perverses du siècle finissant. Des Esseintes est aussi un héros kierkegaardien, à la fois grotesque et pathétique, une des plus fortes figures de l'angoisse qu'ait laissées notre littérature. Fils spirituel de René et de la génération du mal du siècle, il annonce à bien des égards le Bardamu de Céline et le Roquentin de La Nausée.


Babel
, 352 p.

Quatrième de couverture : À Fontenay-aux-Roses, Jean des Esseintes cultive à loisir son ennui et sa névrose, avec pour seuls compagnons un couple de domestiques et une tortue à la carapace incrustée de pierreries. Dans un univers d'artifice et de raffinement où les fleurs rares, les auteurs latins décadents et les tableaux symbolistes nourrissent son imaginaire, il s'adonne aux rêveries, aux cauchemars et aux dérives mystiques qu'il appelle de ses vœux, devenant ainsi le héros emblématique du dandysme et de la décadence. "À rebours peut donc se définir comme une succession d'expériences mettant en jeu un unique personnage, des Esseintes, et les tests auxquels il soumet, à huis clos, son désir", écrit Jean Borie, spécialiste incontesté de J.-K. Huysmans dont il a publié la biographie.


Garnier Flammarion
, 2004, puis nouv. édition, avec une interview de Maylis de Kerangal, 416 p.

Quatrième de couverture : À rebours (1884) exauce les promesses de son titre. Entremêlant au récit d’une rupture avec le monde réel des contes, des poèmes en prose, des considérations intempestives, des pages d’histoire ou de critique, il constitue un remarquable exemple d’"antiroman". En même temps qu’il expose les thèses de la décadence, il s’engage dans les voies de l’expérimentation et ausculte la vie intérieure, ce qui ne l’empêche pas d’exploiter tous les filons du comique, de la grosse blague à l’humour noir.
Dossier : 1.À rebours vu par J.-K. Huysmans 2.L’accueil d’À rebours 3.La place de Baudelaire 4.Variantes


éd. L'Escalier
, 2019, 160 p.

Quatrième de couverture : Plus de deux mois s’écoulèrent avant que des Esseintes pût s’immerger dans le silencieux repos de sa maison de Fontenay; des achats de toute sorte l’obligeaient à déambuler encore dans Paris, à battre la ville d’un bout à l’autre. Et pourtant à quelles perquisitions n’avait-il pas eu recours, à quelles méditations ne s’était-il point livré, avant que de confier son logement aux tapissiers !


La Pléiade
, 2019


Coédition Gallimard / Musée d'Orsay
, 2019, 256 p., 55 ill.

Quatrième de couverture : Cette édition met en regard du texte de Huysmans toute une iconographie qu’il évoque explicitement ou qu’il sous-tend.
Si À rebours, grand roman de l'esthétique fin-de-siècle, affirme le désir de briser les limites que s'imposait le naturalisme des années antérieures, ce "roman mental" n'en est pas moins truffé d'allusions et de références à l'époque. Son héros, des Esseintes, s'est dépris des "peintres de la vie moderne". Entendons Degas, Forain, Manet... Redon, Moreau, Rops et Whistler conviennent mieux à son nouvel idéal de vie. Au-delà des œuvres et des artistes que le texte s'approprie à différents niveaux, d'autres présences, de la tortue endiamantée aux fleurs artificielles commandées sur catalogue, des locomotives érotisées aux virées nocturnes, reposent sur une iconographie d'époque, dont Huysmans était friand. En somme, il faut traiter À rebours comme un imagier où l'auteur aurait déposé ses goûts et ses dégoûts, résumé son parcours esthétique et exprimé l'inflation du visible dans le monde moderne. Un œil, le sien.


Imprimerie nationale Lettres françaises
Lettres françaises, 1981, 384 p.


BNF-Hachette
, 246 p., avec une préface de l'auteur écrite 20 ans après le roman.


éd. originale Charpentier & Cie, 1884, en ligne sur Gallica


Ci-dessus et ci-dessous :
éd. Pour les Cent Bibliophiles,
1903, 220 gravures sur bois ornementant chaque page d'Auguste Lepère
, en ligne sur Bibliothèque numérique mondiale

éd. Ferroud, 1920, illustrations d'Auguste Leroux gravées à l'eau-forte par Eugène Decisy, en ligne sur gutemberg.org : des illustrations à l'esthétique "décadente" touchant au fantastique voire à l'"érotico-morbide", dont certaines rappellent Gustave Moreau ou Félicien Rops
En frontispice, le portrait de Huysmans.

Joris-Karl HUYSMANS (1848-1907)
À rebours (1884)

"Pendant toutes les années de ma triste jeunesse, Huysmans demeura pour moi un compagnon, un ami fidèle"

Michel Houellebecq
Première phrase du roman Soumission
(suite du roman ici)

Nous avons lu ce livre en janvier 2020 [avis en cours de mise en ligne].
Nous avions lu Là-bas en
1990, puis Les soirées de Médan (comportant 6 nouvelles dont "Sac à dos" de Huysmans) en juillet 1995 et avions visité alors la maison de Zola à Médan où Huysmans retrouvait Zola et ses amis.
  QUELQUES INFOS ?
- De nombreuses éditions d'À rebours sont disponibles
- Le roman est accessible en ligne
- Auteur choisi en lien avec une exposition au musée d'Orsay
- La vie de Huysmans racontée par Houellebecq
- Huysmans a vécu près de Voix au chapitre
- Les mots surprenants de Huysmans
- Le personnage du roman et le roman
- À rebours : extraits sur les tableaux
- Huysmans critique (pour se détendre...)
- Sites internet : à propose de Huysmans
- Radio : à propos de Huysmans
- Vidéos : à propos d'À rebours
-
Portraits de Huysmans
 
•DE NOMBREUSES ÉDITIONS D'À REBOURS sont disponibles
  - Folio classique, 416 p., 1ère éd. 1977
- Babel, 1992, 352 p.
- Hachette-BNF, 2018, 146 p.
- Éditions L'Escalier, 2019, 160 p.
- GF Flammarion, 1ère éd. 1978, dernière éd. 2019 avec une interview de Maylis de Kerangal, 416 p.
- Pléiade, 2019
- Gallimard-Musée d'Orsay
, 2019, 255 p., 55 ill.
 
LE ROMAN est accessible EN LIGNE
  - Édition originale Charpentier & Cie de 1884 sur Gallica
- Édition Pour les Cent Bibliophiles
de 1903 sur Bibliothèque numérique mondiale (220 gravures sur bois ornementant chaque page d'Auguste Lepère)
-
Avec les illustrations d'Auguste Leroux, éd. Ferroud de 1920, sur gutemberg.org
- Ou encore
wikisource ou bibliothequenumrique.tvmonde.co ou bouquineux.com
 
AUTEUR CHOISI EN LIEN AVEC L'EXPOSITION au musée d'Orsay
Le manuscrit d'À rebours y est exposé. "Joris-Karl Huysmans critique d'art : de Degas à Grünewald, sous le regard de Francesco Vezzoli", du 26 novembre 2019 au 1er mars 2020. Conférences les 13 décembre et 23 janvier.

Le manuscrit d'À rebours présenté dans l'exposition

 
LA VIE DE HUYSMANS racontée par Houellebecq
(plus précisément racontée par le narrateur du roman Soumission, qui tout au long du récit se réfère à Huysmans dont il est spécialiste ; il a soutenu une thèse dont le titre est "Joris-Karl Huysmans, ou la sortie du tunnel"...)
  "Le 1er avril 1866, alors âgé de dix-huit ans, Joris-Karl Huysmans débuta sa carrière, en tant qu’employé de sixième classe, au ministère de l’Intérieur et des cultes. En 1874, il publia à compte d’auteur un premier recueil de poèmes en prose, Le drageoir à épices, qui fit l’objet de peu de recensions hors un article, extrêmement fraternel, de Théodore de Banville. Ses débuts dans l’existence, on le voit, n’eurent rien de fracassant.
Sa vie administrative s’écoula, et plus généralement sa vie. Le 3 septembre 1893, la Légion d’honneur lui fut décernée pour ses mérites au sein de la fonction publique.
En 1898 il prit sa retraite, ayant accompli - les disponibilités pour convenances personnelles une fois prises en compte - ses trente années de service réglementaires. Il avait entretemps trouvé le moyen d’écrire différents livres qui m’avaient fait, à plus d’un siècle de distance, le considérer comme un ami."
 
HUYSMANS A VÉCU près d'un lieu de rencontre de Voix au chapitre
  "Né rue Suger, ayant vécu rue de Sèvres et rue Monsieur, Huysmans est mort rue Saint-Placide avant d’être inhumé au cimetière du Montparnasse. Sa vie presque entière en somme s’est déroulée dans les limites du sixième arrondissement de Paris - comme sa vie professionnelle, pendant plus de trente ans, s’est déroulée dans les bureaux du ministère de l’Intérieur et des cultes." (toujours Houellebecq)
 
Il naît rue Suger, près du lycée Fénelon et la place Saint-André-des-Arts
Pour une chronologie détaillée de sa vie, voir ICI
 
LES MOTS SURPRENANTS de Huysmans
  "Une grande partie des mots étranges que l’on trouve chez Huysmans n’étaient pas des néologismes, mais des mots rares empruntés au vocabulaire spécifique de certaines corporations artisanales, ou à certains patois régionaux."
Pour une analyse poussée de sa langue, voir une conférence ICI.
 
LE PERSONNAGE DU ROMAN et le roman
  "Il est vrai que des Esseintes, psychologiquement, reste le même de la première à la dernière page, que rien ne se passe et ne peut même se passer dans ce livre, que l’action y est, en un sens, nulle ; il est non moins vrai que Huysmans ne pouvait en aucun cas continuer À rebours, que ce chef-d’œuvre était une impasse ; mais n’est-ce pas le cas de tous les chefs-d’œuvre ?" (fin des citations de Houellebecq, la plume est maintenant rendue à Huysmans)
 
À REBOURS : extraits du chapitre 5 sur les tableaux
Entre tous, un artiste existait dont le talent le ravissait en de longs transports, Gustave Moreau. Il avait acquis ses deux chefs-d'œuvre et, pendant des nuits, il rêvait devant l'un d'eux, le tableau de la Salomé, ainsi conçu :
Un trône se dressait, pareil au maître-autel d'une cathédrale, sous d'innombrables voûtes jaillissant de colonnes trapues ainsi que des piliers romans, émaillées de briques polychromes, serties de mosaïques, incrustées de lapis et de sardoines, dans un palais semblable à une basilique d'une architecture tout à la fois musulmane et byzantine.
Au centre du tabernacle surmontant l'autel précédé de marches en forme de demi-vasques, le Tétrarque Hérode était assis, coiffé d'une tiare, les jambes rapprochées, les mains sur les genoux.
La figure était jaune, parcheminée, annelée de rides, décimée par l'âge ; sa longue barbe flottait comme un nuage blanc sur les étoiles en pierreries qui constellaient la robe d'orfroi plaquée sur sa poitrine (voir la suite ici).

Gustave Moreau, Salomé dit Salomé dansant devant Hérode (1876)
Hammer Museum, Los Angeles
L'aquarelle intitulée l'Apparition était peut-être plus inquiétante encore.
Là, le palais d'Hérode s'élançait, ainsi qu'un Alhambra, sur de légères colonnes irisées de carreaux moresques, scellés comme par un béton

Gustave Moreau, L'apparition (1876)
Musée d'Orsay
d'argent, comme par un ciment d'or ; des arabesques partaient de losanges en lazuli, filaient tout le long des coupoles où, sur des marqueteries de nacre, rampaient des lueurs d'arc-en-ciel, des feux de prisme.
Le meurtre était accompli ; maintenant le bourreau se tenait impassible, les mains sur le pommeau de sa longue épée, tachée de sang.
Le chef décapité du saint s'était élevé du plat posé sur les dalles et il regardait, livide, la bouche décolorée, ouverte, le cou cramoisi, dégouttant de larmes. Une mosaïque cernait la figure d'où s'échappait une auréole s'irradiant en traits de lumière sous les portiques, éclairant l'affreuse ascension de la tête, allumant le globe vitreux des prunelles, attachées, en quelque sorte crispées sur la danseuse (voir la suite ici).

Dans la pièce voisine, plus grande, dans le vestibule vêtu de boiseries de cèdre, couleur de boîte à cigare, s'étageaient d'autres gravures, d'autres dessins bizarres.


Rodolphe Bresin, La Comédie de la mort (1854)
lithographie à la plume, BNF


Rodolphe Bresin, Le bon Samaritain (1861)
Brooklyn Museum

Le Bon Samaritain, du même artiste, un immense dessin à la plume, tiré sur pierre : un extravagant fouillis de palmiers, de sorbiers, de chênes, poussés, tous ensemble, au mépris des saisons et des climats, une élancée de forêt vierge, criblée de singes, de hiboux, de chouettes, bossuée de vieilles souches aussi difformes que des racines de mandragore, une futaie magique, trouée, au milieu, par une éclaircie laissant entrevoir, au loin, derrière un chameau et le groupe du Samaritain et du blessé, un fleuve, puis une ville féerique escaladant l'horizon, montant dans un ciel étrange, pointillé d'oiseaux, moutonné de lames, comme gonflé de ballots de nuages.
On eût dit d'un dessin de primitif, d'un vague Albert Dürer, composé par un cerveau enfumé d'opium.

La Comédie de la Mort, de Bresdin, où dans un invraisemblable paysage, hérissé d'arbres, de taillis, de touffes, affectant des formes de démons et de fantômes, couverts d'oiseaux à têtes de rats, à queues de légumes, sur un terrain semé de vertèbres, de côtes, de crânes, des saules se dressent, noueux et crevassés, surmontés de squelettes agitant, les bras en l'air, un bouquet, entonnant un chant de victoire, tandis qu'un Christ s'enfuit dans un ciel pommelé, qu'un ermite réfléchit, la tête dans ses deux mains, au fond d'une grotte, qu'un misérable meurt, épuisé de privations, exténué de faim, étendu sur le dos, les pieds devant une mare.

 
HUYSMANS, CRITIQUE (pour se détendre...)


Fernand Pelez, La mort de l'empereur Commode
(1879) - Petit Palais

 

(L'esclave de l'empereur Commode est sur le point d'étrangler son maître, en 192 après J.-C.)

 

J'avais tout d'abord mal compris le sujet. Je pensais que le monsieur en caleçon de bain vert penché sur l'autre monsieur en caleçon de bain blanc était un masseur, et que la femme soulevant le rideau disait simplement :"Le bain est prêt".

(Huysmans, "Le Salon de 1979, II", Le Voltaire, 22 mai 1879)

 


(William Bouguereau est l'une des cibles privilégiées de Huysmans)


William Bouguereau, Naissance de Vénus
(1879) - Musée d'Orsay
Il a inventé la peinture gazeuze, la pièce soufflée. Ce n'est même plus de la porcelaine, c'est du léché flasque ; c'est je ne sais quoi, quelque chose comme de la chair molle de poulpe ", écrit-il avant de décrire "La Naissance de Vénus", cette baudruche mal gonflée, qu'il découvre au Salon de 1879 : C'est exécuté comme pour des chromos de boîtes à dragées ; la main a marché seule, faisant l'ondulation du corps machinalement.

(Huysmans, "Le Salon de 1979, III", Le Voltaire, 30 mai 1879)
Voir des textes plus posés de critique d'art ICI publiés par Huysmans.

 

Sites à propos de HUYSMANS
- Société J.-K. Huysmans, fondée en 1927, présidée par André Guyaux, co-responsable de l'édition de la Pléiade, un site très classique
- www.huysmans.org : un site riche consacré à Huysmans, par un spécialiste, Brendan King, traducteur en anglais de ses œuvres
 
Radio à propos de HUYSMANS
(en commençant par l'émission la plus récente)
 

- Mauvais genres par François Angelier : Joris-Karl Huysmans ou le "bureaucrate de l'Apocalypse" : André Guyaux, Pierre Jourde, France Culture, 9 novembre 2019, 59 min

- Un décadent nommé des Esseintes, entretien de Marc Klugkist avec Jean-Michel Dufays, émission Les Maudits, Radio Air Libre, Bruxelles, 10 novembre 2008, 57 min

- La compagnie des auteurs par Matthieu Garrigou-Lagrange, 4 émissions d'une heure sur Joris-Karl Huysmans, France Culture, du 12 au 15 février 2018 : 1/4 Le forçat de la vie - 2/4 À Rebours - 3/4 La cathédrale-livre - 4/4 Postérité

- France Inter, Le chapitre sur les parfums d'À Rebours de Huysmans, La gourmandise d'Eva Bester, 24 octobre 2013, 4 min

- Les Nuits de France Culture par Philippe Garbit
  > Joris-Karl Huysmans et le centenaire de À rebours, Une vie une œuvre, 1ère diffusion 22 novembre 1984, puis 21 mai 2019, 1h 24
  > Analyse spectrale de l'occident - Du naturalisme au mysticisme : Joris-Karl Huysmans, 1ère diffusion 16 mars 1968, puis 25 juin 2016, 2h10 (pour les fanas !) : retransmission d'une émission de 1968 à l'ancienne, comme une suite de conférences, mais pleines de contenu

   
Vidéos à propos d'À rebours
  - Maylis de Kerangal, pourquoi aimez-vous À rebours de Huysmans ?, 15 mai 2014, Flammarion, 1h 25
-
Une conférence de Edyta Kociubinska analysant le langage du livre : "À rebours de Huysmans : un bric-à-brac décadent", colloque "Le XIXe siècle et ses langues", Fondation Singer-Polignac, 25 janvier 2012, 19 min

Portraits de Huysmans

Pastel de Jean-Louis Forain, vers 1878, Orsay

Caricature de Coll-Toc, 1885

Estampe de Vallotton, 1895

Photographie de Taponier, 1900

 

 

 

Nos cotes d'amour, de l'enthousiasme au rejet :
à la folie
grand ouvert
beaucoup
¾ ouvert
moyennement
à moitié
un peu
ouvert ¼
pas du tout
fermé !

 

 

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