Tolkien en 1972


Extrait de
Le Livre de poche, trad. Daniel Lauzon, 2015, 408 p.

Quatrième de couverture : Bilbo, comme tous les hobbits, est un petit être paisible et sans histoire. Son quotidien est bouleversé un beau jour, lorsque Gandalf le magicien et treize nains barbus l’entraînent dans un voyage périlleux. C’est le début d’une grande aventure, d’une fantastique quête au trésor semée d’embûches et d’épreuves, qui mènera Bilbo jusqu’à la Montagne Solitaire gardée par le dragon Smaug…
Prélude au Seigneur des anneaux, Bilbo le Hobbit a été vendu à des millions d’exemplaires depuis sa publication en 1937, s’imposant comme l’un des livres les plus aimés et les plus influents du XXIème siècle.


Le Livre de poche jeunesse
, trad. Francis Ledoux, 448 p.

Quatrième de couverture : Bilbo, comme tous les hobbits, est un petit être paisible qui n'aime pas être dérangé quand il est à table. L'aventure lui tombe dessus comme la foudre, quand le magicien Gandalf et treize nains barbus viennent lui parler de trésor, d'expédition périlleuse, et du dragon Smaug... qu'il va affronter. Car Bilbo doit partir avec eux ! Et le plus extraordinaire, c'est que le hobbit affrontera tous les dangers, sans jamais perdre son humour, même s'il tremblera plus d'une fois.
Le hobbit Bilbo Bessac mène une vie tranquille, sans grande ambition, s'aventurant rarement au-delà de son logis, à Cul-de-Sac. Son existence se trouve soudainement perturbée par l'arrivée du magicien Gandalf qui, accompagné de treize nains, l'entraîne dans un long et improbable périple en direction de la Montagne Solitaire. Ils ont en effet pour dessein d'aller dérober le trésor de Smaug le Puissant, un énorme et très dangereux dragon...


trad. Daniel Lauzon, 2012

Quatrième de couverture : Publié en 1937, ce récit - imaginé par J.R.R. Tolkien pour ses propres enfants - est très vite devenu un classique de la littérature de jeunesse. Cette édition, servie par une nouvelle traduction, enchantera les lecteurs de tous âges, les invitant à découvrir l'univers de la Terre du Milieu, toile de fond de la plupart des œuvres de J.R.R. Tolkien, notamment du Seigneur des Anneaux.

Pour les amateurs :
Le Hobbit
, édition de luxe
(sous coffret),
trad. Daniel Lauzon, 2013
trad. Francis Ledoux, Livre de poche, éd. collector, 2012

Pour les fanas spécialistes :
Le Hobbit annoté
, trad. Daniel Lauzon et annoté par Douglas A. Anderson, 2012

Quatrième de couverture : "Si vous aimez les allers et retours, les voyages qui vous transportent loin des conforts du Monde occidental, passé la frontière de la Sauvagerie, et qui vous ramènent à la maison ; si vous savez vous intéresser à un héros modeste (doté d'un peu de sagesse, d'un peu de courage et de beaucoup de chance), voici le récit d'un tel voyage et d'un tel voyageur. Il se passe aux temps anciens entre l'âge de Faerie et la domination des hommes, à l'époque où la célèbre forêt de Grand'Peur se dressait encore, et où les montagnes fourmillaient de dangers. En suivant le parcours de cet humble aventurier, vous apprendrez en chemin (comme lui) - si vous ne savez pas déjà tout de ces créatures - bien des choses sur les trolls, les gobelins, les nains et les elfes ; vous aurez aussi un aperçu de l'histoire et de la politique d'une période négligée, mais non moins importante. Car M. Bilbo Bessac a rendu visite à divers personnages éminents ; il s'est entretenu avec le dragon, Smaug le Magnifique ; et il était présent, bien contre son gré, lors de la Bataille des Cinq Armées. Tout cela est d'autant plus remarquable que M. Bessac était un hobbit. Car jusqu'ici, l'histoire et les légendes n'ont tenu aucun compte des hobbits, peut-être parce qu'ils préféraient, en règle générale, le confort à l'agitation et aux émotions fortes. Mais ce récit - tiré de ses mémoires personnels - de la seule année excitante dans la vie de M. Bessac permettra de vous familiariser avec ces gens fort estimables, qui de nos jours (dit-on) se font plutôt rares. Le bruit les dérange." J.R.R. Tolkien

John Ronald Reuel TOLKIEN (1892-1973)
Le Hobbit
(1937, première traduction en français en 1969)

Nous avons lu ce livre en décembre 2019, à Paris et en Bretagne.

Les Parisiens ont pu visiter l'exposition Tolkien, voyage en Terre du Milieu à la BNF. Certains se sont aventurés à visionner le film Le Hobbit (premier épisode de la trilogie : Un voyage inattendu) de Peter Jackson en 2012 (des précisions sur les films ICI avec une interview du réalisateur).
En bas de page, des infos sur Tolkien, ses œuvres, la fantasy...

Nos 20 cotes d'amour
FannyEtienneLisaAnnick L
Marie-Odile Nathalie
JacquelineDenis
Yolaine
Chantal Marie-Claire Monique L
ClaireÉdith Suzanne

CatherineFrançoise RichardRozennSéverine


Rozenn
Je serai encore absente pour Tolkien. J'ai essayé une deuxième fois de m'y attaquer, mais impossible : ça me tombe des mains. Un film : je m'endors…
Avec l'impression, vu l'enthousiasme de certains autour de moi, que je passe à coté de quelque chose.
Belle fin d'année à toutes et tous.
Richard
Je ne pourrai venir ce soir, et pour tout avouer, j'ai eu trop de mal à lire Le Hobbit (le début, car tout lire me semblait presque pénible...). C'est certes très créatif, et génial pour les enfants, mais "ce n'est pas ma tasse de thé" : je ne me sens pas concerné par l'histoire.
Catherine
Mon avis sur Bilbo le Hobbit va être bref. Je n’ai pas encore fini le livre. Il faut dire que mon temps de lecture a été diminué ces dernières semaines, remplacé par des heures de voiture ou de vélo. Mais surtout, je n’accroche pas beaucoup voire pas du tout. J’avais déjà fait une tentative avec le même résultat. J’avais également commencé à regarder le film et je l’avais lâché en route. Il reste l’exposition que j’irai voir dimanche.
Danièle
J'aurais du mal à donner un avis, tant le livre m'est souvent tombé des mains. Je n'arrivais pas à imaginer les personnages et à entrer dans l'histoire. J'ai apprécié l'humour et le côté fantastique de certains passages, mais pour d'autres, je ne savais plus s'ils étaient mal traduits, ou si je n'en comprenais pas l'humour... En regardant la bande annonce du film, je ne m'y suis pas retrouvée non plus. Je dois vieillir... À vrai dire, j’en suis restée à la moitié quand j’ai compris que je ne pourrais pas assister à la séance. Mon jugement est donc peut-être faussé par la mauvaise humeur et, en tout cas, par cette lecture partielle.
Je regrette en tout cas beaucoup de ne pas être avec vous pour cette soirée façon Noël.

Denis
J'en suis à la moitié de Bilbo et je commence à peiner. C'est sympa et mignon (même si on y tue beaucoup), mais un peu monotone. Je tâcherai de vous envoyer un avis (voir ici après la soirée).

Fanny
Je vais commencer car je sens que Bilbo va être descendu… je pense que ça ne va pas plaire. Je ne suis pas fana d'heroic fantasy, bien qu'entre Tolkien et de George R. R. Martin, il y a de quoi faire. J'ai lu Le Hobbit adolescente, mes parents l'avaient lu. J'ai vécu 10 ans avec un fana d'heroic fantasy, j'ai participé aux jeux de rôle.
J'ai été sensible à cet univers, aux multiples péripéties. Le but est plus enfantin que Le Seigneur des anneaux. Mais c'est le plaisir des aventures, du pur narratif. Tolkien a inventé un univers, une langue. Et même si le personnage de Tolkien, lui, n'est pas sympathique.

Claire
Ah bon ?

Fanny
Oui il était raciste : tous les méchants sont noirs, etc.
Je ne me suis pas procuré le livre, j'ai téléchargé le texte et en ai lu un tiers sur mon téléphone, car avec les grèves…
Je ferai un parallèle avec Docteur Jekyll et Mr Hyde où une dualité s'entrecroise. Ici c'est plus manichéen, il y a les très gentils et les très méchants, c'est plus binaire. Mais j'ouvre en grand.
Françoise
Le livre m'est tombé des mains. Je n'accroche pas à la fantasy ni à la science-fiction. L'écrivain c'est autre chose. J'ai écouté une émission à France Culture : il a compté et compte toujours. Il a une culture infinie et a inventé un langage. Mais littérairement, ça ne tient pas, je pense que cela aurait été encore plus difficile pour moi si j'avais choisi de le lire en anglais (en raison des langues inventées).
Je n'ai pas aimé le film. Quant au monde merveilleux, de quoi parle-t-on ? Ils s'entretuent tous ! Je ferme. Aucun plaisir de lecture.
Séverine
Je ferme aussi. J’étais curieuse de lire ce livre que je n’aurais pas lu par moi-même. Et après mes nombreuses déceptions depuis la rentrée, je me disais, voilà un livre qui va me raconter une histoire ("Il était une fois Bilbo…"), on va me prendre par la main et je vais me laisser porter. J'ai lu le quart du livre et je n'ai pas voulu aller plus loin pour m'infliger cette lecture ennuyeuse. Je suis curieuse de comprendre l'engouement. Est-ce une question d'âge ?

Fanny
Je te rappelle que nous avons deux jours d'écart…

Séverine
C'est un conte étiré, ça traîne, c’est long… je pense que ça aurait pu être plus ramassé… bref, j'étais limite en colère, ça m’agaçait. Je n’ai pas vu l’intérêt de continuer… et si le reste du livre est, si j’ai bien compris, une succession d’aventures je pense ne rien avoir loupé en ne continuant pas… je ne crois pas qu’aller plus avant aurait changé ma perception négative. Après, je peux entendre que l’on aime ce genre de littérature, je ne remets pas en cause le talent et l’inventivité mais en tout cas, je n’y ai pour ma part pas trouvé de plaisir.

Annick L
J'ai pris un grand plaisir à lire ce roman.

Claire
Le visage de Fanny s'éclaire…
Annick L
J'ai travaillé dans le domaine du livre pour la jeunesse pendant sept ans et je me suis familiarisée avec la littérature de fantasy. Ce roman a été précurseur du genre mais, au-delà de l'admiration que l'on peut éprouver pour cet auteur, je trouve qu'il a un talent fou de conteur-raconteur d'histoire : sa façon de camper les différents personnages, d'évoquer les décors, de multiplier les rebondissements, etc. C'est du beau travail ! Et, sachant qu'il s'adresse à des jeunes, il met en place un narrateur-commentateur (non dénué d'humour) très présent qui vient souvent interpeller son lecteur. Je vois les ficelles, mais ça fonctionne quand même. Alors pourquoi est-ce que je bouderais mon plaisir (un petit coin d'enfance dans ma tête sans doute) ? J'étais prise par cette aventure collective, j'ai tremblé à certains moments, notamment dans la forêt pleine d'araignées... Sa plume est très visuelle, ça ne m'étonne pas que cette œuvre ait été adaptée au cinéma. Et je trouve que le schéma narratif n'est pas totalement binaire comme dans beaucoup d'avatars de ce genre – les nains en particulier sont des personnages assez peu attachants au final, comme on le découvre lorsqu'ils sont prêts à faire la guerre pour défendre leur trésor retrouvé. Je suis aussi sensible à la quête initiatique et à l'évolution de Bilbo, ce petit bonhomme insignifiant qui va mûrir et apprendre le courage. Je préfère en tout cas Bilbo au Seigneur des anneaux, dont l'univers est beaucoup plus sombre, envahi par la guerre et le mal. Je recommanderai volontiers de le lire avant de s'attaquer à la trilogie. J'ouvre en grand, en cette veille de Noël.
Claire
Comme Françoise, je ne suis pas lectrice de fantasy. Et donc j'étais très contente de découvrir… La note pénible sur la prononciation, puis la carte incompréhensible, puis l'introduction poussive sur la grammaire et les runes, j'ai passé, ça m'a semblé très chiant. Le début proprement dit, formidable dans le trou du hobbit. Ensuite l'arrivée des nains est très longue, puis cela n'en finit pas, une fois partis, j'ai arrêté de lire en raison de l'ennui. Le Hobbit lui-même est inexistant. Pourtant je n'ai pas besoin d'une psychologie développée pour apprécier Blanche Neige et les sept nains. J'ai regardé un épisode du film Le Seigneur des anneaux qui passait justement à la télé, ai trouvé aussi l'histoire mortelle et sans intérêt, par contre j'ai adoré les décors, les foules, les combats, les effets spéciaux. Et de même dans le film Le Hobbit, dont l'histoire me paraît débile – film vu après avoir visité l'expo, remarquable, et ai été passionnée par l'auteur et l'histoire de son œuvre.
Est-ce un livre pour le groupe lecture, nous allons bientôt le savoir... Je suis contente qu'on ait lu un des livres les plus vendus au monde. Je ne l'ai pas fini mais j'ouvre un quart.
Monique L
J'ai un fils et des petits-enfants qui en sont fous. J'avais vu un film. J'ai essayé plusieurs fois, mais sans en comprendre l'intérêt. Je ne supporte pas les bagarres. L'anneau a du sens, on le retrouve à l'opéra avec Wagner dans L'Anneau du Nibelung. J'ai lu jusqu'à ce qu'il discute avec Smaug. J'ouvre à moitié, il y a des choses intéressantes, mais c'est long, toutes ces épreuves. Je m'embrouille dans les personnages. J'ai trouvé le film pire, même si les effets spéciaux sont spectaculaires. La conversation avec le dragon est intéressante. Il doit y avoir parfois du symbolisme que je n'ai pas toujours compris. Je cherche à comprendre l'intérêt qu'on y trouve, je vais en reparler avec mon fils.
Jacqueline
Un livre c'est une rencontre humaine, une rencontre avec un auteur à travers sa parole écrite et la manière dont elle résonne en nous ou une rencontre avec quelqu'un qui nous a parlé d'un livre qui lui plaisait et donné envie de l'aimer… Il y a presque 50 ans, j'avais un couple d'amis, nous partagions beaucoup de choses autour de nos enfants du même âge, de
vacances communes et, avec elle de notre travail commun. Lui était comme moi fan de science-fiction, Sturgeon, K. Dick, avec un point de vue plus distancié que moi sur Asimov.
Je crois que c'est lui qui m'a parlé du
Seigneur des anneaux et sa femme qui m'avait conseillé de commencer par Bilbo le Hobbit, un livre merveilleux pour nos enfants. Je n'avais, alors, pu aller plus loin que le début. Je pense que je n'éprouvais aucun intérêt pour ce héros pantouflard, que j'étais absolument insensible à l'humour avec lequel il est décrit et que les histoires pseudo moyenâgeuses me barbaient… Plus tard mes petits-enfants se sont passionnés pour le Seigneur des anneaux – probablement les films, mais
surtout le jeu...
J'étais très contente que le groupe lecture m'offre une deuxième chance de lire ce livre inséparable de la mémoire de mes amis et d'entrevoir cette culture différente, qui est celle de mes petits-enfants. A mon grand étonnement, l'histoire m'a amusée et je me suis prise au jeu de l'aventure de Bilbo… Peut-être est-ce le signe que je retombe un peu en enfance, mais je l'ai lu rapidement et avec plaisir. J'ai nettement préféré le monde bricolé par Tolkien à celui créé par Gombrowicz, même s'ils sont aussi gratuits l'un que l'autre. Bizarrement, celui de Tolkien me paraît moins vide, probablement pas à cause des créations imaginaires, mais grâce aux sentiments mélangés et si humains qui animent successivement Bilbo…
Par contre je n'ai trouvé absolument aucun intérêt au film qui, même s'il cite parfois le livre au pied de la lettre, me paraît complètement trahir l'esprit de légèreté du livre…
Si ce n'était pas Noël je l'ouvrirais à moitié, mais là je l'ouvre
aux ¾.

Etienne (qui montre sa très belle édition avec les illustrations de Tolkien, la carte qui se déplie...)
Je l'ai acheté à l'exposition.

Monique
L'expo m'a plombée, a provoqué de l'angoisse. Pour moi Tolkien est exagérément obsessionnel. Son fils semble l'avoir perçu aussi.

Etienne
Son fils est un peu son nègre. Mais sa fille a dit que c'était le meilleur père possible.

Claire
Son fils était son premier lecteur.
Etienne
Je me suis demandé comment j'allais être objectif avec ce livre très particulier qui a une valeur de rite de passage dans ma famille. Je l'ai lu j'avais huit ans. J'avais beaucoup aimé, mais j'avais peu de souvenirs. J'ai lu Le Seigneur des anneaux vers 12 ans. Puis je ne l'ai pas relu. J'ai commencé par l'exposition qui m'a plus qu'emballé (Etienne y est resté 5 heures…).
J'ai comparé différentes traductions. J'ai acheté le catalogue. Et cette version dans son coffret magnifique. J'ai été complètement reconquis. J'ai retrouvé mon âme d'enfant. Pour moi, c'est l'apothéose du talent narratif, avec une grande habilité. J'ai perçu d'autres choses que lorsque j'étais enfant, notamment l'humour. J'avais peur du manichéisme, mais je ne l'ai pas lu comme cela. Je trouve que c'est d'une grande finesse. J'ai énormément apprécié les chants.

Claire (avec mauvais esprit)
Lisa a levé les yeux au ciel !

Etienne (indifférent)
Les chants, je les ai lus en les chantant.

Claire
Tu aurais dû t'enregistrer !

Etienne
J'ai aimé l'éloge de la paresse à travers Bilbo qui est un anti-héros. La vraie figure du héros est Gandalf. Le Seigneur des anneaux est davantage pour les adultes, il n'y a pas les mêmes rebondissements, c'est plus lent et plus long. Je pense que c'est le premier livre que je lirai à ma fille… J'ouvre en grand. Quant aux trois films du Hobbit, ils sont mauvais.
Lisa
Je n'avais jamais lu ce livre ni Le Seigneur des anneaux. J'avais vu les trois films du Hobbit mais je n'en garde aucun souvenir. J'étais contente de lire ce livre. La page sur la prononciation du début, inutile, je prononce les mots comme je veux. J'ai trouvé au départ insupportable la place du conteur et finalement je suis rentrée dans l'histoire et j'ai adoré. J'ai aimé être prise dans les rebondissements, c'est l'inverse de Cosmos. J'ai aimé les descriptions, plus claires que la carte. J'ai aimé le anti-héros Bilbo, je m'y suis parfois identifiée car j'aime aussi rentrer chez moi : Bilbo c'est moi ! Mais je n'ai effectivement pas aimé les chants. Lire Le Hobbit ne m'a pas donné envie de lire Le Seigneur des anneaux. J'ouvre en grand.
J'ai adoré l'expo, notamment les dessins de Tolkien.
Nathalie
Je ne connaissais pas, j'étais contente de découvrir. C'est un plaisir de lecture, j'étais contente de rentrer dedans. Je retrouve ce qui a été dit sur le anti-héros. J'ai aimé le personnage de Gandalf. J'ouvre en grand. Je me suis posé plusieurs fois la question des traductions. Quand le combat des araignées s'arrête, c'est artificiel, voire incohérent : il n'y a aucune explication sur la fin du combat. J'ai adoré le passage avec Gollum, la manière dont est rendue la solitude. Qu'est-ce qui a été novateur à la sortie du roman en 1937 ?

Claire
Il semble que le livre était très original par son "genre" notamment. Ça donne envie de lire Lovecraft dont Etienne a parlé la dernière fois, j'ai regardé Le mythe de Cthulhu qui semble avoir compté.

Etienne
Ce sont des nouvelles.

Claire
Et Houellebecq a écrit un texte sur Lovecraft, préfacé par Stephen King...

Séverine
Ah oui Houellebecq en était dingue !

Claire
Et de Huysmans qu'on va lire. D'ailleurs, j'ai mis en ligne la présentation de la vie de Huysmans par Houellebecq...

Annick
Tu ne t'es pas fatiguée !

Claire
Non !
Et pour ce qui est des films à partir de Tolkien, il y a dans un Hors-Série de Lire sur Tolkien un article détaillant les films, nombreux, et les critiquant tous.
Séverine nous a signalé un numéro de la revue Sciences humaines sur "le pouvoir des livres" et ce qu'a dit Lisa me fait penser à un article (le meilleur à mon avis) "Quand les personnages vibrent en nous" de Vincent Jouve qui définit 4 personnages types selon notre investissement de lecteur : le délégué (celui qui me représente dans la fiction), le modèle (le personnage que je voudrais être pour diverses raisons), l'alibi (le personnage auquel je prends plaisir à m'identifier), le familier (le personnage qui m'est sympathique bien que je ne m'y identifie pas).

Lisa
Le Hobbit est bien mon délégué...

Claire
Fanny, raconte-nous des souvenirs de fans de fantasy.

Fanny raconte... et Annick raconte son expérience récente d'Escape games. Puis chacun retourne dans son trou de hobbit.
Denis (avis envoyé après la soirée)
J'ai lu ce livre il y a longtemps et en ai gardé un assez bon souvenir, étonné d'avoir été pris par cette lecture, alors que je n'avais jamais vraiment accroché à ce type de fantastique. J'ai toujours préféré la "science-fiction", comme on disait, tel Fondation d'Isaac Asimov (3 volumes !), que je me rappelle avoir lu avec passion vers 18-20 ans. J'aime aussi le fantastique macabre style Edgar Poe ou Lovecraft. Ou encore l'humour de Ray Bradbury dans ses Chroniques martiennes.
Dans le fantastique moyenâgeux, j'ai aimé les BD drôles de Lewis Trondheim et Joann Sfar (série Donjon, 36 albums !), qui ont d'excellents dialogues, burlesques et ironiques, et des quantités de monstres et dragons. Ce sont mes enfants qui m'ont fait connaître ces œuvres. En lisant Bilbo, je me représentais les personnages à la manière de Trondheim : c'est-à-dire pas sérieusement. Mais que serait le sérieux dans ce domaine ?
Avec Bilbo, j'ai eu du mal dès les premières pages. J'ai trouvé les descriptions et dialogues longs et fastidieux dans toute la phase préparatoire au voyage. Cela n'a pris vraiment vie à mes yeux qu'avec la première aventure sérieuse (c'est-à-dire comportant des risques vitaux pour l'équipe), la rencontre des trolls, traitée sur le mode burlesque.
Je me suis aperçu que je n'arrivais pas à m'intéresser à la narration si je ne m'appuyais pas mentalement sur des représentations visuelles piochées ça et là : par exemple, une figurine de troll que j'avais rapportée de Norvège à l'intention de mes enfants, eh bien c'est cette image qui s'imposait à moi en lisant Tolkien. De même, la représentation de dragon qui me venait à l'esprit était tirée d'un album pour enfants que j'ai lu et relu étant gamin, de Bob et Bobette (une série de BD belge) revisitant la légende des Niebelungen. En particulier la scène où le héros (burlesque) Lambique plonge son épée dans l'aisselle du dragon et le tue. J'ai ainsi éprouvé le désir d'avoir des illustrations directement liées au texte de Tolkien.
Dans la série de dangers et d'épreuves que la troupe a traversée, certaines m'ont paru ennuyeuses, manquant d'effet de surprise – par exemple le sauvetage par les aigles. D'autres, notamment les araignées, sont proprement terrifiantes, cauchemardesques.
La séquence qui m'a le plus surpris est la rencontre avec le dragon et la conversation qui s'ensuit. On y découvre que le dragon, en révélant à Bilbo le caractère profond des nains (l'avidité face à l'or), n'est pas aussi ennemi qu'il le pensait. Le dragon dit tout haut ce que Bilbo devait bien sentir inconsciemment, mais qu'il refoulait dans sa gentillesse et sa courte vue. En fait preuve qu'il ne restitue pas aux nains tout ce que lui a dit le dragon.
La description du dragon est une merveille de précision et possède cette fois toutes les qualités d'une illustration graphique. Je ne m'étais jamais représenté un dragon sous un jour aussi effrayant, notamment par les vapeurs terribles qu'il crache.
Mon plaisir de lecture a certainement pâti de n'avoir qu'une semaine pour lire ce gros livre. Je me suis mal organisé. A lire tout à la file, le texte paraît assez laborieux, la traduction étant parfois maladroite. Il faut au contraire prendre son temps, laisser se déployer toutes ces entités bizarres, araignées, gobelins et autres.
Ayant pris conscience de cela, j'ouvre à ¾ alors que je pensais initialement n'ouvrir qu'à ½.
J'ai visité l'exposition de la BNF et n'en ai pas été enthousiasmé. C'était avant de lire le livre, et je ne suis pas entré dans l'univers de Tolkien. Ce qui m'a le plus intrigué est la minutie de son travail créateur et la palette de ses activités. Spécialement impressionnante est la séquence vidéo où l'on voit Tolkien calligraphier quelques lignes d'une écriture inconnue.

Catherine (après avoir visité l’exposition)
J’ai trouvé l’exposition très intéressante : le monde que Tolkien a créé, les langues, qu’il a même fait évoluer au cours du temps, les sources d’inspiration, médiévales, bibliques... Je ne savais pas non plus que Tolkien était un dessinateur très doué. Bref ça m’a apporté un éclairage différent et j’ai repris la lecture du Hobbit...


Synthèse des AVIS DU GROUPE BRETON
réuni le 12 décembre, rédigée par Yolaine

Marie-Odile Yolaine
Chantal Marie-Claire
Édith Suzanne
Pas lu, mais là : Cindy

Seules Suzanne et Yolaine ont lu le livre en entier, soit par "obéissance", soit parce qu'elles en ont profité pour retomber en enfance, ou du moins en adolescence, même si le monde inventé par Tolkien ne s'adresse pas qu'aux enfants.
Suzanne s'est toutefois révoltée contre le choix de cette littérature de "fantasy" qui l'a empêchée de lire des tas de trucs beaucoup plus sérieux. Il est vrai qu'en Bretagne, nous n'avons pas pu profiter de l'exposition Tolkien en cours actuellement à la BNF. Parmi les raisons qui expliquent le peu d'enthousiasme du groupe, le manque d'intérêt (ou même le rejet) pour le film tiré de cette œuvre a faussé la première approche et empêché l'adhésion spontanée à ces aventures fantastiques. Minoritaires furent les spectatrices éblouies par les effets spéciaux de la suite cinématographique du Seigneur des anneaux (nous n'étions que deux).
Après ces débuts parfois laborieux, nous avons toutes été séduites par la qualité de l'écriture et la richesse des descriptions très bien campées des personnages, le grand talent de conteur de Tolkien et son imagination débordante qui nous embarque dans un univers peuplé de créatures étranges, hobbits, nains, elfes, gollum, dragon, magicien, d'oiseaux, de loups, d'aigles, d'araignées et d'ours qui se comportent comme des humains. A tel point qu'on se prend à soupçonner que ce récit censé se dérouler 3000 ans avant notre ère ressemble furieusement au nôtre, ce qui a rompu le charme pour certaines.
D'autres ont décroché à mi-chemin à cause de la complexité de l'enchaînement des innombrables péripéties de ce parcours initiatique du Hobbit et de ses comparses. Elles se sont perdues dans les labyrinthes de la forêt de Grand' Peur, les tunnels souterrains de la Montagne Solitaire et les sentiers vertigineux de la Contrée Sauvage. Il faudrait pourtant lire et relire tous les détails de cette épopée pour en saisir le fil, des indices étant semés tout le long du chemin pour en parachever la remarquable cohérence.
Enfin cet univers imaginaire nous est en réalité très familier, car il est bâti sur le socle de notre culture européenne et de ses mythes, des légendes nordiques à la mythologie grecque.
L'époustouflante érudition de l'auteur, au premier abord un peu effrayante, est mise au service de la création d'un monde merveilleux qui, si l'on réussit à s'y plonger, risque de nous envoûter pour de bon (avertissement pour celles qui après ce débat ont manifesté l'intention de terminer le livre).
Marie-Odile (avis envoyé après la séance)
Je me souviens d'un petit hobbit aux pieds poilus bien pantouflard.
Je me souviens d'un magicien qui le sort de sa niche de confort.
Je me souviens de nains avides de retrouver un trésor perdu, jalousement gardé par un dragon.
Je me souviens de la double face du héros: son côté Took et son côté Baggins, l'un hérité de sa mère, l'autre de son père, et qui s'affrontent au fond de lui.
Je me souviens de la magie des noms propres, de lieux ou de personnages.

Je me souviens des multiples aventures, des énigmes du Golum, de l'anneau d'invisibilité, des araignées géantes, des elfes, de Béorn le changeur de peau, de Barde l'homme qui blesse le dragon en son point sensible, de l'Arkenstone....
Je me souviens du retour de Bilbo chez lui alors qu'on a dispersé tous ses biens, mais qu'il s'est enrichi de toutes ces aventures.
Je me souviens d'avoir aimé ce récit initiatique et sa leçon de sagesse finale.

C'était il y a longtemps, bien avant les films. Et mon plaisir de lecture s'amplifiait de celui qu'avaient des élèves, pas forcément bon lecteurs, à se laisser emporter par ce récit bouillonnant.
Je l'ouvrais en grand.


UN PEU DE DOCUMENTATION
Traductions - Télévision - Radio - Sites - Fantastique ou fantasy - Les différents genres de fantasy - Jeux -
Repères biographiques - Publications en français - Livre choisi en rapport avec l'exposition - Presse sur Tolkien et l'exposition

• Traductions
-
deux traductions du Hobbit
   > de Francis Ledoux, Stock 1969
   > de Daniel Lauzon (québécois), Christian Bourgois 2012
- Comparaison des traductions
- Interview du dernier traducteur

• Télévision : excellent documentaire de François Busnel en ligne, "RR Tolkien, le seigneur des écrivains", La Grande Librairie, 10 décembre 2014, 1h.

• Radio
- France Culture, Parlez-vous Tolkien ?, La Compagnie des poètes de Manou Farine, 13 décembre 2019
- France Culture, Une vie une œuvre par Lydia ben Ytzhak et Marie-Laure Ciboulet, 14 décembre 2019 (rediffusion), 58 min
- France Culture, La Compagnie des auteurs de Matthieu Garrigou-Lagrange, du 26 au 29 novembre 2018, 1h chaque épisode : 1/4 Une vie ordinaire
2/4 L'inspiration de Tolkien 3/4 Un Catholique "extraordinaire" 4/4 Tolkien et la fantasy

• Sites
-
Le site de Tolkiendil, Association Loi 1901 pour la promotion de l'œuvre de J.R.R. Tolkien, ultra complet.
- Le site
Pour Tolkien, réalisé par Vincent Ferré, professeur à l'université, LE spécialiste de Tolkien
(FAQ : Tolkien est-il un auteur pour enfants ? Pourquoi avoir choisi de créer un monde merveilleux ? Est-il vrai qu'il n'y pas de femmes dans Le Seigneur des Anneaux ? Qu'en est-il des accusations de racisme dont il est l'objet ?....)
- Le site anglais de la Tolkien Society
- Dictionnaires et lexiques en ligne pour s'initier au sindarin et au noldorin...

• Jeux
On peut retrouver son cher Hobbit dans des jeux de toutes sortes : jeux de cartes, jeux de figurines, jeux de société, jeux de rôle, jeux vidéo...

Fantastique ou fantasy - Les différents genres de fantasy
Tolkien appartient au genre de la fantasy ; son œuvre eut un impact décisif. Mais qu'est-ce donc que la fantasy ?
- La fantasy ? À ne pas confondre avec le fantastique, dont voici une célèbre définition de Todorov : "Le fantastique, c'est l'hésitation éprouvée par un être qui ne connaît que les lois naturelles, face à un événement en apparence surnaturel" (Introduction à la littérature fantastique).
- Le genre de la fantasy se définit par un univers distinct du "monde réel", avec ses propres lois et caractéristiques, qui "réinvestit le merveilleux des contes, mythes et légendes et construit des mondes où ce surnaturel magique est normal. Ce genre prend ses racines en Angleterre, entre la deuxième moitié du XIXe siècle et les deux guerres mondiales, sur fond de révolution industrielle, de transformation des paysages et des modes de vie, avec une volonté de faire revivre des traits de civilisation perçus comme disparus..." (voir la suite avec la spécialiste Anne Besson).
- Depuis les années 1950, la fantasy s'est largement divisée en de nombreux registres : high fantasy, heroic fantasy, dark fantasy, urban fantasy, erotic fantasy (voir les distinctions plus en détail).

• Repères biographiques
Voir une biographie illustrée très bien faite sur Tolkiendil.
Juste quelques gros plans (précocité et groupes de lecture...) :
- 1896, il a 4 ans : décès de son père (sa mère mourra quand il aura 12 ans), alors que sa femme et leurs deux enfants sont en voyage en Angleterre. Elle trouve un petit pavillon de campagne au sud de Birmingham, endroit idyllique où Ronald apprend à aimer la nature dont l'importance se révèle dans ses livres. Sa mère s'occupe de son éducation : il sait lire à 4 ans et se montre très doué en langues (il préfère le latin au français à cause de la sonorité...), en botanique et en dessin. A 7 ans, il écrit sa première histoire (une histoire de dragons bien sûr).
- 1910 : à la King Edward’s School de Birmingham, il forme avec des camarades le T.C.B.S. (Tea Club Barrovian Society), né de soirées passées à prendre le thé et discuter à la bibliothèque...
- 1930-1950 : professeur à l'Université d'Oxford, il participe aux réunions des Inklings, un groupe d'amis réunis par la littérature : C.S. Lewis, Charles Williams, Owen Barfield, puis Christopher Tolkien ; leurs activités consistent essentiellement à lire et discuter les œuvres que les membres sont en train de composer. Il n'y a dans le groupe ni règles, ni responsables. En littérature les Inklings apprécient la fiction narrative et tout particulièrement le genre fantastique. Les valeurs chrétiennes sont notablement présentes dans l'œuvre de plusieurs Inklings. Un colloque à Cerisy a été consacré à "Tolkien et les Inklings"...
- 1937 : publication du Hobbit —1969 : traduction de Francis Ledoux, Bilbo le Hobbit — 2012 : traduction de Daniel Lauzon, Le Hobbit.
- 1954–1955 : Le Seigneur des anneaux (en France en 1972-1973)
- 1973 : mort de Tolkien
- 1975 : Christopher Tolkien, son fils, commence la publication posthume des œuvres de son père, très nombreuses et non publiées de son vivant :

• Publications en français (date de première publication des livres)
- 1976 : Les Lettres du Père Noël
- 1977 : Le Silmarillion
- 1979 : Peintures et aquarelles de J.R.R. Tolkien
- 1980 : Contes et légendes inachevés
- 1981 : Lettres de J.R.R. Tolkien
- 1982 : Monsieur Merveille
- 1983 : Les Monstres et les critiques et autres essais
Début de la publication de l'Histoire de la Terre du Milieu en 12 volumes...
- 1996 Parution du dernier volume de L'Histoire de la Terre du Milieu
- 1998 : Roverandom
- 2003 : Faërie et autres textes
- 2007 : Les Enfants de Húrin
- 2009 : La Légende de Sigurd et Gudrún
- 2013 : La Chute d'Arthur
- 2014 : Beowuff, traduction et commentaire
- 2015 : L'Histoire de Rullervo
- 2017 : Beren et Lúthien
- 2018 : La Chute de Gondolin

• Livre choisi en rapport avec l'exposition "Tolkien, voyage en Terre du Milieu" du 22 octobre 2019 au 16 février 2020 à la Bibliothèque François Mitterrand : 300 pièces exposées concernant l’homme et son œuvre, nombreux manuscrits et dessins originaux de Tolkien.
- Dossier de presse ICI.
- Visite en images .
- Conférences de spécialistes mises en ligne : conférence inaugurale
" - "Tolkien père et fils" - "L’invention des langues" - "J.R.R. Tolkien, poète de la route perdue" - "Illustrer Tolkien" - "Tolkien géographe" - "Traduire Tolkien".

•Presse sur Tolkien et l'exposition
Les articles récents sont innombrables en raison de l'exposition. Juste deux dossiers :
- Chroniques, BNF, n° 86, septembre-décembre 2019
- Le Monde, 25 octobre 2019
- Libération, 8 décembre 2019


Vue partielle du rayon Tolkien à la petite librairie de la BNF

 

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