Extrait du site de l'UCLA
Quatrième de couverture : "Si l’on ne peut trouver de jouissance à lire et à relire un livre, il n’est d’aucune utilité de le lire ne serait-ce qu’une seule fois", déclarait Oscar Wilde, qui faisait de la relecture "le critère élémentaire de ce qui est ou n’est pas de la littérature". Mais que nous apprend au juste une deuxième lecture que la première n’avait pas révélé ? Pour quelle raison les enfants veulent-ils entendre chaque soir la même histoire.  Au fond, pourquoi relit-on ? Voici une singulière enquête sur une passion littéraire aussi dévorante aujourd’hui qu’hier : la relecture. Elle se fonde sur des dizaines d’entretiens avec nos grands auteurs contemporains, de Christine Angot à Jean Echenoz, d’Annie Ernaux à Patrick Chamoiseau. Leurs réponses convoquent les différentes facettes d’une expérience intime et le plus souvent secrète. Décrivant avec délicatesse le pouvoir des lectures-fétiches de l’enfance ou celui de l’érotisme de la répétition, ce livre unique en son genre est un hommage brûlant à la littérature et à ceux qui l’écrivent.

Laure Murat est notamment l'auteur de Passage de l'Odéon et de L'homme qui se prenait pour Napoléon (Prix Fémina 2011).
Elle est professeur à l'Université de Californie à Los Angeles (UCLA).

 

Laure Murat
Relire : enquête sur une passion littéraire

Nous avons lu ce livre pour le 25 juin 2016, dans le cadre de notre quatrième "Semaine lecture" en Bretagne ; c'était le premier livre des sept partagés, celui-là lu avant notre séjour.

Le questionnaire sur lequel s'appuie en partie ce livre : ICI
Quelques articles sur le livre, présentant l'auteure  :
Monique L (avis transmis depuis Paris)
J'ai lu Relire et je relirai très certainement les chapitres correspondant aux auteurs que je connais et ceux correspondant à ceux que je ne connais pas encore mais que j'ai envie de connaître.
Ce livre ne me pousse pas à la relecture (que je ne pratique pour ainsi dire pas, vu tout ce que je souhaiterais lire) mais me donne envie de lire des livres qui y sont cités, d'auteurs que j'apprécie et que je n'ai pas lus. Cela me donne également envie de connaître des auteurs que je ne connais pas. Par exemple, j'ai particulièrement apprécié les réponses de Stéphane Audeguy dont je n'ai rien lu.
C'est très intéressant de voir ce que lit tel ou tel auteur, de connaître son rapport à la lecture, à la relecture et l'usage qu'il en fait éventuellement pour écrire. Parfois cela surprend !
J'ouvre le livre à ½ mais c'est difficile de se prononcer, car je relirai des passages. Ce qui motive cette cote d'amour sévère c'est que je le classerai plutôt dans le domaine de l'étude que dans le domaine littéraire.
Chantalà
Je l'ai lu par passages. La seule chose qui a été remémorée, ce sont mes lectures d'enfance. Je n'ai pas apprécié que l'auteur ait choisi uniquement des gens du livre et pas des pékins de base. Entre ¼ et ½.
Annick A
Ce livre m'a beaucoup intéressée ; il fait réfléchir sur soi. Je crois ne pas relire, mais au fond je relis. Je relis des passages pour le groupe ; lire pour le groupe est créatif, on est acteur de sa lecture. De plus, participer au groupe de lecture, c'est de la relecture : quand nous entendons les avis des autres, ils nous font d'une certaine façon relire le livre. Quand on lit Fred Vargas, d'un livre à l'autre, on a l'impression de retrouver des amis, on s'approche de la relecture. La notion d'identification symbolique de la relecture de Proust, ça, ça m'a intéressée. Ainsi que le questionnaire. Mais pour ce qui est de la deuxième partie, pourquoi tel choix ? De plus c'est un peu long. Et Stéphane Audeguy m'a beaucoup ennuyée... : ½
Françoise D
En guise de provocation, je dirais... est-ce bien un livre pour le groupe lecture ?... Il m'amène à m'interroger. Pour ma part, je ne relis jamais sauf pour le groupe lecture. Je me suis intéressée aux auteurs que je ne connaissais pas. Mais ça m'a gavée et je ne suis pas allée jusqu'au bout : ¼.
Marie-Odile
Pourquoi on publie un livre comme ça ! Que tel auteur ait relu tel livre me laisse indifférente ; j'ai été plus attentive quand je connaissais l'écrivain. On prend connaissance de la liste qu'il convient d'avoir lue. Il y a beaucoup d'évidences : un livre parle d'autres livres, et... cette révélation : les écrivains lisent pour savoir écrire. J'ai aimé revoir la casquette de Bovary.
Françoise G
Cela m'a intéressée bien que je ne sois pas concernée par la relecture. Par contre, les statistiques c'est inintéressant. Stéphane Audeguy est imbuvable. Eh oui, il y a des évidences. C'est par nécessité professionnelle qu'ils relisent, pas comme nous. La relecture est un mantra pour Matzneff à 3h du matin, c'est un bon truc. Il y a beaucoup de passages ennuyeux : ¼.
Nancy
Je me suis aussi posé la question concernant ce livre pour le groupe lecture... Je me suis traînée. Les statistiques sont ennuyeuses : un si petit nombre nuit à la crédibilité.
Lisa
Je l'ai lu il y a un mois et demi et ça m'a intéressée. C'est un peu bateau ce qu'elle a tiré de ses études, des banalités. Parmi les témoignages, je ne connaissais pas nombre d'auteurs. C'est leur métier de lire et relire. Je sauve quelques petits passages, mais je ferme le livre.
Séverine
C'est un travail universitaire qui m'a ramenée des années en arrière pour la première partie. Et la deuxième partie, c'est de la répétition. Je n'ai pas fini. Je ne me suis pas infligée cette lecture. Proust a une place maîtresse.
Annick L
Le choix du sujet, oui. Mais l'angle d'attaque n'est pas intéressant. Le corpus est invalide, il s'agit d'happy few, ne parlons pas des statistiques... J'ai fini la partie I très vite, ce qui m'a le plus intéressée, c'est l'aspect miroir : c'est un apéritif pour la semaine lecture. Et personnellement c'est passionnant de revoir la place de la relecture dans sa propre vie : pour moi en tant qu'étudiante, professeure, puis critique jeunesse. Mais en fait je relis peu.
Suzanne
Tiens on a lu des trucs plus intéressants. La première partie, il y a des tas de phrases intéressantes : par exemple la relecture "terreau" pour Marianne Alphant. La deuxième partie est barbante, ça se répète. Pourquoi relire des bouquins ? ¼
Lilà
J'ai beaucoup apprécié le chapitre méthodologie et l'épilogue. Beaucoup d'auteurs sont cités dans la deuxième partie. C'est faussé, l'échantillon. Cela élargit l'esprit, mais il n'y a pas de plaisir de lecture sur la lecture.
Jacqueline
Le questionnaire est très intéressant. Il m'a fait réfléchir sur ma pratique de relecture. Cela m'a rappelé ce que dit Hemingway des universitaires qui font de la critique littéraire (qu'il traite de coyotes et d'eunuques). Pourquoi on aime les livres ? Parce qu'on s'identifie à des personnages. Mais on s'identifie aussi à l'écrivain, à sa manière de faire. Ce qui m'a déplu, c'est qu'on ne parle pas de la façon de relire, dans sa vie. Bref, ça ne m'emballe pas. Mais ça m'a fait réfléchir : ½
Nicole
Je me suis profondément ennuyée. Je n'ai pas trouvé les témoignages intéressants. J'ai apprécié la non-réponse de Sollers...
Jane
Voici un livre que je n'aurais jamais lu. J'ai trouvé assez intéressante cette enquête presque scientifique et les témoignages très intéressants. Le livre me fait beaucoup réfléchir : ½
Fanfan
Je n'ai pas mal aimé. Je l'ai lu deux fois. Je le trouvais intello. J'ai aimé qu'il me fasse réfléchir énormément. Pourquoi je ne relis pas beaucoup... Il y a dans le livre beaucoup de gens que je ne connaissais pas. Et trop d'intellectuels.
Muriel
Ça ne m'a pas ennuyée. Et j'ai même eu beaucoup de plaisir. J'ai relu beaucoup de livres dans mon enfance. C'est très intéressant la relecture "refuge". Des passages m'ont sciée. Cela donne des idées de lecture : par exemple Tristram Shandy ou L'Éducation sentimentale. L'intérêt est de se poser des questions sur soi-même. Je regrette que ne soient pas interrogés des quidams mais seulement des gens du monde de l'édition, de la traduction.
Marie-Thé
C'est surprenant cette idée de livre sur la relecture. J'ai été agacée par l'auteur, son élitisme. RE me dérange. Quand j'ai lu, j'ai vécu (Lang). Je suis surprise par les livres qui reviennent, sont cités à répétition comme relus. Je n'aime pas Sollers et je n'aime pas sa réponse. La relecture et un rituel, le livre est un refuge, une maison. Marianne Alphant dit que la lecture l'a portée, pas sa mère... Et le livre bréviaire... J'adhère à la poésie répétée. Rabelais ne m'a jamais quitté, dit un auteur. Je retiens que l'original n'existe pas sans répétition. J'ai aimé ce que disent Matzneff, Chevillard. J'ai eu un émerveillement au début, mais qui n'a pas tenu par la suite : ½
Manuel
Je suis enthousiaste. Ce livre m'a passionné. Cela n'aurait justement pas été intéressant d'interroger le péquin. Sollers est drôle. Ce livre décomplexe et je les envie. Il donne l'expérience de relecture, ce n'est pas commun. Ce qui m'a intéressé, c'est que ce sont les mêmes auteurs qui reviennent, qui sont relus, tout le temps. Ce livre m'a beaucoup plu. Les analogies avec la musique, la question du temps, c'est passionnant. Le groupe lecture m'a obligée à le lire. Les livres du groupe lecture doivent être lus lentement. J'ai aimé la réflexion sur Gracq, Céline, enlevés de leur piédestal.
Manon
Est-ce pour le groupe lecture ? Le livre, c'est pas d'un intérêt foufou. La première partie, ça fait recette de cuisine. Sollers m'a fait rigoler. Une thèse sur la relecture ? Je ne suis pas à la fac : ¼. Ce qui m'intéresse, c'est... moi. L'Amant de Marguerite Duras, j'ai dû le lire une bonne centaine de fois, parfois en entier, parfois juste des passages au quotidien.
Rozenn
J'étais enthousiaste au début. C'était difficile pour les 40 dernières pages que j'ai lues dans le car. Son choix, ce sont des spécialistes de la littérature. Tous les quatre ans, on demande à des auteurs pourquoi écrivez-vous, c'est original. Beaucoup de questions sont personnelles : je réalise que je relis plus que ce que je pensais. Elle dit que toutes les lectures se valent - ce n'est pas vrai. J'aime bien les répétitions dans le livre et cela me va qu'ils disent tous la même chose. Ce que je préfère : "je relirai plutôt les livres courts de Derrida..." Par ailleurs, j'aime beaucoup le chapitre "RE" dans le livre d'Edgar Morin La méthode.
Claire
Voilà un livre qui fait dans l'ensemble un flop... J'attire votre attention sur le sous-titre de ce livre. Ce n'est pas une enquête sociologique en France. Ce livre rend compte d'une passion. Ce livre m'a passionnée, alors que je ne relis pas, sauf mes notes pour le groupe lecture... Comment font ces gens dans la vie desquels la lecture occupe une telle place ?! Qui relève de certains cas de l'addiction. J'ai aimé comment le livre est fait, avec un départ personnel pour Laure Murat, puis l'analyse dans un style nuancé des réponses reçues à son questionnaire très intéressant, enrichies par le point de vue d'autres auteurs lus et ensuite la voix donnée à ces auteurs différents (avec un court portrait préalable très bien fait), connus ou pas connus, tout m'a intéressée. Le genre du livre est original, comme les autres œuvres de cette auteure, historienne : ce n'est pas un livre d'histoire, mais elle dit livrer ainsi "une archive vivante", partageant son "corpus". Il est aussi pour moi un livre d'histoires ; à de nombreuses fois, j'ai écrit dans la marge "incroyable !" : par exemple Tiphaine Samoyault qui relit deux fois par an la dizaine de volumes d'un livre pour la jeunesse La petite maison dans la prairie, Julia Beck qui lit chaque paragraphe trois fois avant de passer à la suite, Agnès Desarthe (qui était venue dans le groupe lecture) qui, quand elle a fini un livre qui lui a plu, doit lire un livre qu'elle a déjà lu, le traducteur Bernard Hoepffner qui relit Vingt mille lieues sous les mers qu'il connaît par cœur dans d'autres langues pour apprendre ces langues, l'universitaire Louis Jeannelle qui, par déformation professionnelle, ne peut lire sans prendre de notes y compris un livre de cuisine, Linda Lê qui à la troisième fois, trouve Belle du seigneur qui l'avait assommée, comique, etc.
Ce livre, comme disait Manuel, fait vivre l'expérience de la relecture. Il baigne dans la littérature et donne beaucoup de désirs : désirs de lire de nombreux livres cités et de RElire au sein même du groupe lecture, pour partager une expérience de RElecture.

Ce soir-là, nous avons décidé de programmer Bouvard et Pécuchet...


Nos cotes d'amour, de l'enthousiasme au rejet :

à la folie, beaucoup, moyennement, un peu, pas du tout


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Une référence désuète non citée dans le livre : Émile Faguet qui enseignait à la Sorbonne et fut académicien consacra un chapitre à la relecture dans L’Art de lire (Hachette, 1923) : ICI.