Ce 31
mai 2026, nous étions 14
à réagir sur le livre :
- en direct (12) : Aurore, Claire, Flora, Joëlle, Laetitia,
Laure, Marie-Yasmine, Nelly, Patricia, Sophie de Paris, Stéphanie,
Véronique
- en visio (1) : Agnès
- par écrit (1) : Anne
Étaient prises ailleurs (3) : Felina, Mar, Sophie de Nice.
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Nos
tendances concernant le livre
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Des lectrices enthousiastes
: Agnès,
Anne, Laetitia, Laure,
Nelly, Véronique.
- Des positives, sans crier à la grande littérature : Flora,
Stéphanie.
- Tout-pour-me-plaire-mais : Sophie.
- De bien fortes réserves, non sans souligner des aspects positifs
: Claire, Joëlle, Patricia.
- Un net rejet : Marie-Yasmine.
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La succession de nos
avis
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Anne
(avis transmis)
Je n'ai pas eu le temps de finir Sauvagines.
Pour autant, c'est un livre qui me plaît beaucoup.
On me l'avait offert pour Noël l'an passé. J'aime l'ambiance
des forêts canadiennes, le personnage principal de femme indépendante
et forte et l'omniprésence de la nature et des animaux.
L'écriture est agréable à lire et l'intrigue est
captivante.
J'ai hâte de lire la suite et de le terminer.
Désolée de ne pas pouvoir en dire plus aujourd'hui.
Joëlle
J'ai été sensible au propos, aux préoccupations de
Raphaëlle et malheureusement à ses constats d'impuissance
qui sonnent juste. J'ai croisé quelques beaux moments d'écriture,
des passages sur la nature, l'expression d'un engagement écologique
puissant. Par exemple ce passage où des rimes internes et des allitérations
font chanter le texte : "Se tenir loin des caches qui crachent
la foudre et font la peau des plus grands orignaux, des perdrix endormies
et de tout ce qui bouge au passage dans le feuillage". Mais j'ai
aussi été agacée par les nombreuses phrases élaguées,
soit du verbe soit du pronom "je". Et j'ai trouvé l'expression
littéraire dans son ensemble faible, voire très faible.
Où est la littérature ?
D'une manière générale, ça manque terriblement
de nuance et d'ambiguïté. La psychologie est binaire et caricaturale.
Les méchants sont cruels, violents, les gentils sont doux, généreux,
sincères
. Ce côté bisounours rend l'histoire
peu crédible : tout d'un coup, on est sûr d'être dans
une fiction. C'est trop parfait pour que j'y croie.
On voit un peu trop venir les événements, notamment la relation
entre Anouk et Raphaëlle. Néanmoins, le temps qu'elles mettent
à passer à l'acte, les timidités de Raphaëlle,
ça je ne l'avais pas imaginé. Mais quelle empotée
!! La séquence dans les branches de Gros Pin
(chapitre 18)
: "Anouk se dégage, s'étend sur le lit de branchage,
place ses mains derrière la tête. Je suis un peu gênée
tout à coup, à m'en demander si je me blottis tout de suite
face contre elle ou si je me couche de mon bord et attends que nous ayons
toutes deux froid pour excuser un nouveau rapprochement un peu moins sororal".
Je ne commente pas davantage !
En prime, il y a par moment des détails inutiles et très
maladroits. Exemple au même chapitre : "Je sors un
lampion de cire d'abeille de mon sac, le pose dans un petit bol en laiton
émaillé et l'allume".
Paradoxalement, une histoire étriquée
Elle traite un sujet universel, qui devrait parler à tout le monde,
dans tous les pays, mais on reste très local. J'ai eu du mal avec
le vocabulaire, les régionalismes et surtout avec les données
géographiques qui ne m'évoquent rien.
Exemple au chapitre 17 "Cap sur Gros Pin" : "Enfin,
nous arrivons au tronçon Monk, pan de l'ancienne voie ferroviaire
du train Québec - Moncton (
) la "track" désaffectée
est aujourd'hui une des entrées principales de la zec Chapais,
sur le territoire non-organisé Picard".
Comme j'ai eu accès à une édition numérique
expurgée de ses notes, cela ne m'a pas aidée à comprendre
certains termes ni certaines allusions.
Conclusion
C'est la frustration. Un sujet puissant, mais une écriture faible.
Je suis tentée de parler "d'écriture naïve",
en référence à la peinture naïve. Comme dans
la peinture naïve, le thème est traité sérieusement,
toutes les informations sont là, mais sans hiérarchie. C'est
très précis, on va souvent dans le détail. Mais il
manque l'artifice, une forme de savoir-faire, qui rendrait l'ensemble
réaliste ou du moins vraisemblable.
Véronique
Je
suis super contente d'avoir lu Sauvagines, tout d'abord parce qu'il
se passe dans un pays qui me fait rêver. Ce livre a fonctionné
sur moi, l'écriture m'a beaucoup plu, par exemple les descriptions
des paysages et de l'environnement. J'ai suivi ce personnage dans la nature,
avec les dures réalités concernant les braconniers.
Ce livre m'a ravie, m'a fait du bien, m'a déconnectée de
la réalité.
Il se déroule par petite touches. J'ai apprécié les
titres des chapitres qui nous font avancer dans l'histoire. J'ai bien
aimé la façon d'écrire ce pamphlet qui sonne juste,
par exemple quand est mentionné l'oléoduc au Québec
; on voit des phénomènes semblables en France, avec des
destructions analogues.
Outre l'environnement, j'ai bien aimé l'histoire d'amour, l'aspect
thriller, les expressions canadiennes, qui contribuent à ce sentiment
d'évasion, le rythme : aussi bien du récit - et il faut
200 pages pour que l'histoire d'amour commence vraiment - que le rythme
des saisons.
J'avais lu Encabanée et je me suis empressée de lire
Bivouac. Je trouve qu'il est nécessaire de lire les trois
livres pour suivre l'évolution, notamment la relation avec Anouk.
Et le premier livre permet de mieux comprendre l'ensemble des trois livres.
Est-ce naïf ? Dans la volonté de changer le monde, cela correspond
à des idéaux. Et ce phrasé correspond à tout
cela. Pendant ces trois livres, je n'ai pas entendu tout ce qui se passe
autour de moi, j'ai voyagé pendant trois livres. Et j'en suis super
contente de cette évasion du quotidien, c'est ce que j'attends
entre autres de la lecture.
Je ne suis pas toujours d'accord concernant le livre Bivouac :
ainsi, l'autrice décrit le sabotage d'une ligne de chemin de fer
pour empêcher des travaux d'oléoducs qui conduit à
la mort d'un conducteur de train ; cette radicalité m'a gênée
: elle décrit une société qui veut défendre
la nature et les animaux, mais qui n'hésite pas de façon
jusqu'au-boutiste à tuer des êtres humains pour arriver à
ses fins. Je ne me suis pas associée au personnage masculin qui
dit pourtant regretter son acte. Il y a aussi la fin du livre Bivouac
que je ne veux pas "divulgâcher" comme il dise au Québec
je rejoins Agnès qui dira pourquoi.
Dans tous les cas, j'ai préféré le livre Sauvagines
à Bivouac.
Nelly
Cela m'a fait plaisir de retrouver Lirelles
pour une de ces dernières rencontres qui nous a transportées
vers l'univers québécois auquel je suis personnellement
très attachée. J'ai souvent des contacts avec des amies
québécoises à Paris, à Montréal, ou
même ailleurs à travers le monde, et en lisant Sauvagines,
j'ai eu l'impression de les retrouver ainsi que l'ambiance québécoise
par les mots, les expressions, l'imagination, et de partager un état
d'esprit par la langue. C'était l'fun de se retrouver en pleine
forêt québécoise grâce à ce livre.
J'ai beaucoup aimé ce roman, que j'ai lu il y a quelques mois avant
de le proposer à Lirelles : rien que le titre est joli et
engageant ! Cela suggère déjà la nature, des héroïnes
face au danger, et des expériences de vie.
En cette période de réflexion sur le climat et la nature,
il trouve bien sa place...
Vous devez sûrement déjà savoir que la source d'inspiration
de l'auteure n'est pas anodine : en 2013 elle s'est elle-même installée
dans une cabane en bois dans la forêt du Kamouraska à l'est
du Québec pour y passer 3 ans sans eau courante, électricité,
ou réseau. Ses comptes rendus du quotidien ne font donc pas seulement
que friser le vécu. C'est une vie réelle. J'ai aussi entendu
des critiques défavorables : intrigue mince comme du papier à
cigarettes, envolées philosophiques un peu naïves et Raphaëlle,
la principale protagoniste jugée impulsive et peu attachante. Je
ne suis naturellement pas d'accord : j'aime son tempérament combatif
et ses prises de positions radicales.
C'est tout ce que j'aime chez les québécoises : leur côté
bon enfant, écolo, franc, direct, pas sophistiqué, proche
de la nature - enfin, mon opposé de "parisienne", adjectif
dont mes amies de Montréal s'amusent parfois à me "targuer".
Quoi qu'il en soit, je n'en ai pas fini avec le Québec !
Laure
Quel bonheur de lire ce livre ! La plus belle surprise de l'année,
et surtout enfin une autrice contemporaine dont l'écriture me semble
de qualité (sans comparaison avec les livres traduits que nous
avons lus dernièrement). Dès les premières pages,
j'ai su que j'allais adorer ce livre, et je le recommande à toute
femme un peu lectrice, amoureuse de la forêt et aux penchants féministes.
L'autrice, jeune encore et déjà reconnue, tisse comme une
tresse (mot qui caractérise l'héroïne, Raphaëlle,
et fil rouge du récit) dans Sauvagines : la description
immersive d'un environnement de bois et de liberté, une romance
entre deux femmes lesbiennes écoféministes et la défense
d'une justice pour la forêt, pour les animaux (sauvages et domestiques)
et pour les droits des femmes.
Ce qui m'a frappée en premier lieu fut ce style poétique,
très personnel, qui berce les mots et surprend en coin de phrases.
Il y a un rythme, comme une respiration, qui rend les descriptions - bien
que nombreuses - vivantes, alléchantes. Et puis, il y a le
français du Québec, langue assez méconnue sur nos
terres et ici mise à l'honneur dans ses résonnances, ses
consonnances pratiques. Et souvent, je ne sais pas si un mot est savamment
inventé par l'autrice ou issu de l'usage commun, et même
parfois, je ne le comprends pas très bien ; mais peu importe, car
la musicalité fait son uvre : "La cafetière
bloubloute" ; "mon rôle est de protéger
la forêt boréale des friands de fourrure qui trappent sans
foi ni loi" ; "je n'ai personne avec qui ventiler mes
idées" ; "il n'aurait pas niaisé avec les
castors" ; "décaper la sensation des doigts fureteux
d'un abuseur d'autorité" ; "du whisky à
l'érable" ; "chut, ma chouette".
Après l'écriture, l'immersion intensive dans la nature,
le grand voyage au pays des érablières, l'ouverture d'un
univers forestier m'a séduite du début à la fin.
Les mots cabanes, forêts, érables, érablières,
nature, ours, lynx, coyote, chiens, husky, peuplent le récit.
Et j'en rêve de ce grand périple pour enlacer "Gros
pin", au plus proche des êtres vivants, de leurs couleurs,
de leurs odeurs et dans une radicale simplicité !
Puis vient la romance lez qui fait du bien. Pourtant, l'héroïne
- très attachante - n'est pas présentée de manière
fantasmée. Ainsi s'ouvre le récit
: "tu sais
que tu souffres de solitude, quand tu souhaites bonne nuit à un
chien qui dort déjà". La suite prend le temps d'amener
leur attirance brûlante, soutenue par des valeurs partagées,
leurs idéaux d'indépendance qui les rapprochent, leur désir
de lutte courageuse pour leur liberté et leur droit d'être
respectées, et cette finesse, cette sensibilité contribuent
au plaisir de la lecture. Le langage reste poétique pour évoquer
tous ces sentiments, et même lorsqu'il devient plus érotique.
Enfin, vient le combat de ces deux héroïnes : la chasse à
la femme qui devient la chasse à l'homme. Celle qui, dans le viseur,
prend conscience qu'elle ne sera pas protégée par la société.
Une dénonciation d'un système capitaliste, et encore machiste,
court tout le long du livre.
Quelques bémols et une interrogation :
1/ sur la fin, il y a une répétition des arguments qui motivent
le dénouement meurtrier et ceux-ci perdent alors en intensité
;
2/ la romance devient assez linéaire, tellement rassurante qu'elle
en apparaît moins plausible (mais le tome 3 de la trilogie, Bivouac,
rattrape bien le morceau) ;
3/ quel échec que d'en arriver à se faire justice soi-même,
quelle démission face à ceux et celles qui luttent pour
faire progresser la société : manque d'éthique, peut-être
besoin pour l'autrice de se venger par écrit d'un braconnier traumatisant
(cf. note à la fin du livre) ; et en plus, ce sont les animaux
sauvages qui sont tenus pour responsables, donc finalement tout cela nuit
à la cause.
Pour conclure, j'étais étonnée de voir autant de
dénonciations écologiques dans un pays qui me paraissait
un modèle vert. Cela m'a rappelé une soirée inopinée
avec une personne non-binaire lesbienne, canadienne anglophone, qui avait
passé la soirée à râler sur le manque de droits
dans son pays pour les personnes dans sa situation de genre et d'orientation
sexuelle. Alors que, pour moi, elle vivait dans ce qu'on peut trouver
de mieux au monde.
Laetitia
J'ai commencé par lire Encabanée,
puis Sauvagines.
Je dois dire que j'étais très contente de découvrir
cette autrice dont j'avais entendu parler à travers des émissions
et des articles sur la notion "d'éco-féminisme".
Le changement de focalisation est intéressant entre ces deux livres,
puisque dans Encabanée, la narratrice est Anouk, ermite
; dans Sauvagines le point de vue est celui de Raphaëlle.
Ce qui a particulièrement retenu mon attention dans les thématiques
abordées :
- Le rapport à la nature et la place de la forêt :
le roman joue beaucoup sur l'opposition entre monde civilisé et
monde sauvage, mais sans idéaliser totalement la nature. Il explore
ainsi une vie en marge avec une nature omniprésente et interroge
le rapport de l'Homme à la nature et à la société.
J'ai été sensible à l'atmosphère très
immersive du roman, presque sensorielle. La nature prend une place centrale
et devient un personnage à part entière (par exemple Gros
Pin). J'ai apprécié la réflexion sur la liberté
et le besoin de s'éloigner du bruit du monde. Ce que j'ai particulièrement
aimé, c'est la puissance des descriptions et le sentiment de liberté
qui traverse tout le livre. On ressent le froid, la forêt, le silence.
Ce roman pose aussi des questions très actuelles sur notre manière
de vivre et notre lien au vivant.
- Le personnage principal : le livre repose beaucoup sur l'intériorité
et le regard porté sur le monde de Raphaëlle : son courage,
sa fragilité, sa quête de sens, ou la façon dont elle
refuse certains codes sociaux. Le roman porte aussi un regard critique
sur certaines formes de domination masculine et sociale.
- Les thèmes contemporains : le roman touche à plusieurs
sujets actuels, dont l'écologie (il ne s'agit pas d'un "discours
militant" classique ; l'écologie passe surtout par les gestes,
les sensations, le rapport concret aux saisons, à la consommation
et au territoire), le "féminisme rural", le rapport au
corps, la violence sociale.
Par ailleurs, j'ai aimé le style du roman avec des expressions
québécoises très "couleur locale". Le petit
lexique à la fin est utile même si j'ai trouvé que
l'on n'était pas gêné du tout par les termes imagés
locaux au fil de la lecture. J'ai apprécié l'aspect graphique
: les petits dessins qui ponctuent le livre ainsi que la carte au début.
C'est un roman qu'il faut accepter de lire lentement ; j'ai eu l'impression
que l'écriture cherchait davantage à faire ressentir qu'à
raconter à travers beaucoup de poésie.
En conclusion, je dirais que ce que j'ai le plus apprécié
c'est l'ambiance immersive, les descriptions de la nature, la sensibilité
de l'écriture et la dimension introspective. J'ai très envie
de lire le troisième tome de la trilogie, Bivouac
!
Au-delà de Sauvagines, j'apprécie, de façon
générale, les livres où des femmes évoluent
dans des milieux naturels. Il y a longtemps, j'avais par exemple découvert
les polars de Nevada
Barr avec une enquêtrice nommée Anna Pigeon, ranger un
parc national américain (série
d'Anna Pigeon).
Agnès
J'avais
déjà lu Encabanée et Sauvagines, romans
que j'avais beaucoup aimés. Pour notre séance, j'ai relu
Sauvagines, que j'ai autant, sinon plus, apprécié,
et je vais poursuivre avec Bivouac. J'aurai donc bouclé
la trilogie.
Je ne vais
pas faire de grands développements, car j'ai tout aimé de
ce livre :
- La langue par-dessus tout, très évocatrice, qui est un
français québécois tellement agréable à
lire, parsemé de mots et d'expressions que je ne connais pas et
qui m'ont immédiatement emportée par-delà l'Atlantique,
dans cette forêt, dans la région du Kamouraska.
- L'atmosphère polar ou thriller du roman, avec du suspens, plusieurs
intrigues (les trois hommes disparus, la femme mystérieuse du journal
intime, encabanée elle aussi, le braconnier peut-être meurtrier
).
- L'héroïne, qui trace sa route, et sa chienne, à qui
elle porte beaucoup d'amour, ainsi qu'aux autres animaux et la nature
qui les entourent.
- Le message militant et écolo du livre, centré sur la sauvegarde
de la nature et la critique du système prédateur en place,
aussi engagé que poétique.
- L'histoire d'amour bien sûr entre Raphaëlle et Anouk.
En ce qui concerne le meurtre particulièrement hard du braconnier,
j'avoue avoir eu une réticence, car je n'apprécie pas du
tout les récits de justice par soi-même. Pourtant, en lisant
les propos de l'autrice à la fin du livre, j'ai compris qu'elle
avait dû faire face à un tel individu qui a pu, dans la réalité,
continuer d'agir de la sorte en toute impunité. J'imagine que l'écriture
du meurtre lui a permis de défouler sa frustration.
Un sans-faute donc.
Voilà quel était mon avis après avoir relu Sauvagines
et avant d'avoir lu Bivouac. Ce que j'ai fait ensuite et j'avoue
que mon avis sur le 2e tome de cette trilogie en a été un
peu modifié. Disons que les petits défauts à mes
yeux de Sauvagines, qui ne valaient pas la peine d'être relevés,
ont été amplifiés par la lecture du 3e tome. Par
exemple, un certain agacement aux multiples scènes de fumette,
qui sont lassantes. Une certaine naïveté dans la description
manichéenne des personnages, soit très positifs soit extrêmement
négatifs, sans zone de gris.
ATTENTION SPOILER (à ne pas lire si vous n'avez pas lu
Bivouac...)
En fait, Bivouac est celui que j'ai le moins aimé. Sans
m'étendre, puisque ce n'est pas l'objet de notre séance
: son plus gros défaut à mes yeux est d'avoir tué
la lesbienne de l'histoire. Faut-il encore de nos jours que les personnages
de lesbiennes finissent mortes ?! C'est en plus le retour à l'ordre
moral : mise en couple hétéro, un enfant, vie commune
et abandon de l'activisme écolo. Terminer la trilogie là-dessus,
quelle fin décevante.
Marie-Yasmine
Le livre m'est littéralement tombé des mains et n'a pas
réussi à concurrencer mes autres intérêts du
mois de mai.
Si je dois lui trouver une qualité, c'est le français québécois
qui est très agréable à découvrir : "Je
lui ai puffé un gros batte sur le museau", "Les
couvertes tachées se faire barouetter", "Sont
moins caves qu'on le pense", "Un vege fru".
Pour
le reste, le ton est trop grincheux et moralisateur. J'ai l'impression
qu'on me fait la leçon. Le sujet de la préservation de la
nature est important, mais j'aurais aimé le comprendre par moi-même,
par l'intrigue, par les personnages et pas me le voir servi à coups
de grand discours.
Pour ce qui est du style, les phrases sont trop courtes, la lecture essoufflée
et hachée. On perd le verbe, le sujet et même parfois les
deux en même temps. Ma femme m'a parlé de "littérature
tiktok" quand je lui ai évoqué mon agacement avec
le style.
Enfin je suis totalement hermétique à la romantisation de
la vie sauvage, des peuples autochtones et de la nature. Ils sont tellement
idéalisés que cela tient, à mon avis, de la fétichisation
et du mythe du bon sauvage. Le ton est manichéen, sans nuances
avec des méchants et des gentils, et donc à mon sens sans
intérêt. Le style est d'ailleurs en accord avec ce manichéisme,
puisque qu'en résumant la ponctuation à des points et en
sacrifiant les mots connecteurs, il est en effet difficile d'avoir une
écriture fine et nuancée.
Claire
L'avis de Marie-Yasmine m'a fait respirer le bon air des flèches
sifflantes...
J'ai lu Encabanée puis Sauvagines
que j'ai largement préféré, donc le choix était
le bon. J'ai trouvé le premier sans histoire, sans tension, sans
squelette, et ai craint le pire pour le second. J'ai trouvé
le premier sans histoire, sans tension, et ai craint le pire pour le second.
Heureusement, le suspense était là !
Qu'ai-je aimé ?
- L'univers dépaysant
- la langue (glossaire compris)
- le suspense donc
- les dessins
- les deux personnages de femmes.
Et contrairement à certaines, l'aspect noir et blanc, avec les
méchants et les gentils bien identifiés, m'a convenu ; du
coup se faire justice soi-même ne m'a pas gênée moralement
- à tort - comme dans un univers à la Robine des bois...
Qu'ai-je moins aimé ?
- Un aspect un peu enfantin, limite Petit Prince
- l'aspect écologique, pourtant essentiel, me lassait complètement
: j'en ai marre, criais-je intérieurement - car il me semblait
ne pas décoller politiquement - je ne sais pas comment dire (faut
pas abîmer la nature et les bêtes, c'est vilain !), et l'encabanement
tient de l'utopie
- le récit traîne un peu
- à la quatrième partie, je me suis reportée à
la table des matières - tiens, pas de table des matières...
- le récit est écrit à la première personne,
la narratrice n'est pas présente quand son ennemi est pris dans
le piège : du coup le récit passe à la troisième
personne, ça sent l'artifice.
En conclusion avant notre séance : j'ai trouvé le livre
et son auteure sympathiques, je suis contente de les avoir découverts,
mais avec les réserves dites qui ne me donnent pas l'envie d'en
lire un autre.
Stéphanie
J'en
suis à la moitié, à la lune de miel au Gros Pin.
En venant, je me demandais ce que j'allais dire et je n'arrive pas à
savoir si je le conseillerais.
C'est agréable à lire, ça ne m'est pas tombé
des mains.
J'ai apprécié la poésie de la langue, de voyage,
le voyage : je me suis sentie dans la forêt, on est avec elle, on
se balade, je me suis identifiée.
Par rapport à l'aspect tout noir et blanc, je ne serai pas si affirmative
: il y a par exemple des personnages qui voudraient parler qui apparaissent,
silencieux, dans la buanderie.
J'ai compris en vous entendant que Marco ne finit pas bien
Ce n'est pas de la grande littérature, mais ça coule comme
les rivières. Je vais le terminer.
J'ai beaucoup aimé les dessins.
Et puis pour ma dernière séance à Lirelles
avec un roman québécois, je me rappelle la première
fois que je suis venue dans le groupe il y a 10 ans, j'étais en
train de rompre avec une Québécoise avec qui nous avions
rêvé d'une cabane en forêt
Flora
Je ne l'ai
pas fini, mais je vais le finir.
J'ai passé un bon moment, même si ce n'est pas de la grande
littérature.
Et la thématique n'est pas très poussée.
Mais on voyage.
Et les protagonistes sont touchantes.
Il ne faut pas chercher plus loin, car on est déçue si on
a une certaine exigence.
J'ai été intéressée par la découverte
du métier de garde-forestier, l'aspect réglementation par
exemple.
De là à conseiller ce livre
Mais j'ai passé un bon moment.
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