Les Vilaines de Camila SOSA VILLADA, Métailié, 2021, 208 p.
Traduction par l'écrivaine et traductrice Laura Alcoba, d'origine argentine

Quatrième de couverture : La Tante Encarna porte tout son poids sur ses talons aiguilles au cours des nuits de la zone rouge du parc Sarmiento, à Córdoba, en Argentine. La Tante – gourou, mère protectrice avec des seins gonflés d’huile de moteur d’avion – partage sa vie avec d’autres membres de la communauté trans, sa sororité d’orphelines, résistant aux bottes des flics et des clients, entre échanges sur les derniers feuilletons télé brésiliens, les rêves inavouables, amour, humour et aussi des souvenirs qui rentrent tous dans un petit sac à main en plastique bon marché. Une nuit, entre branches sèches et roseaux épineux, elles trouvent un bébé abandonné qu’elles adoptent clandestinement. Elles l’appelleront Éclat des Yeux.

Premier roman fulgurant, sans misérabilisme, sans auto-compassion, Les Vilaines raconte la fureur et la fête d’être trans. Avec un langage qui est mémoire, invention, tendresse et sang, ce livre est un conte de fées et de terreur, un portrait de groupe, une relecture de la littérature fantastique, un manifeste explosif qui nous fait ressentir la douleur et la force de survie d’un groupe de femmes qui auraient voulu devenir reines mais ont souvent fini dans un fossé. Un texte qu’on souhaite faire lire au monde entier qui nous rappelle que « ce que la nature ne te donne pas, l’enfer te le prête ».


Ed. Points, 2022, 216 p.

Quatrième de couverture
 : La nuit, dans le parc Sarmiento à Córdoba en Argentine, la Tante Encarna arpente les allées sur ses talons aiguilles en plastique et veille sur ses ouailles. Car, le soir, le parc devient le lieu d’un étrange balai et le territoire des prostituées trans. La Tante, figure divine et matriarcale, partage sa vie avec ces femmes aux parcours chaotiques et souvent fulgurants.

Les Vilaines est l’histoire sans misérabilisme du quotidien de ces femmes flamboyantes, de leurs rêves, leurs souvenirs, leur tendresse et leur solidarité de sœurs dans un monde qui les condamne.

Camila Sosa Villada est née en 1982 à La Falda, en Argentine. Traduit en dix langues, Les Vilaines, est son premier roman.


La Malas, Tusquets Editores, 2019. Le texte se trouve ICI et la couverture , tirée des "Archives de la mémoire trans".

Camila Sosa Villada (né en 1982)
Les Vilaines (2019, traduit en 2021)

Nous lisons ce livre pour le 7 octobre 2022 et le groupe breton pour le 20 octobre.

LE LIVRE
L'AUTEURE
   
L'enfance de Camila Sosa Villada
Ses études
Des créations sur scène ou à l'écran
Publications
Effet de la loi argentine

À PROPOS DU LIVRE

Articles sur le livre
Radio
Vidéo

LE LIVRE
Le livre a été publié pour la première fois en Argentine en 2019, en Espagne en 2020. En espagnol, il a un prologue éclairant qui n'existe pas dans la version française ; en voici une traduction ICI.
Voici aussi les premières lignes du roman :

Es profunda la noche: hiela sobre el Parque. Árboles muy antiguos, que acaban de perder sus hojas, parecen suplicar al cielo algo indescifrable pero vital para la vegetación. Un grupo de travestis hace su ronda. Van amparadas por la arboleda. Parecen parte de un mismo organismo, células de un mismo animal. La nuit est profonde : il gèle dans le Parc. De très vieux arbres qui viennent de perdre leurs ffeuilles semblent adresser au ciel une prière indéchiffrable, mais essentielles pour la végétation. Un groupe de trans fait sa maraude. Elles sont protégées par la futaie. Elles semblent faire partie d'un même corps, être les cellules d'un même animal.

 • L'AUTEURE

L'enfance de Camila Sosa Villada
Elle est née en 1982, à La Falda en Argentine, à 80 kilomètres de la ville de Córdoba où elle vit actuellement. Pendant son enfance, elle connaît plusieurs déménagements dans la même province.

"Quand j'étais petite, j'imaginais que je ferais du théâtre, du théâtre, des films ; je n'aurais jamais imaginé en vivre. J'ai commencé à m'habiller en fille à 16 ans, dans une ville de 5000 habitants." (entretien sur le site Universo Gay, 17 juillet 2012).

Ses études
Elle va à Cordoba quand elle a 18 ans étudier à l'université la communication sociale pendant trois ans, puis un peu plus de trois autres années le théâtre ; elle abandonne ces deux cursus.

Des créations sur scène ou à l'écran
Alors qu'elle avait travaillé comme prostituée, vendeuse, femme de ménage, elle fait maintenant de la télévision, beaucoup de théâtre, joue au cinéma et a reçu plusieurs prix.

Voici quelques titres :
- À ses débuts en 2009, elle créé une pièce Carnes tolendas, retrato escénico de un travesti, concernant ses expériences personnelles qu'elle a enregistrées sur son blog, La Novia de Sandro et qu'elle lie à la poésie de Federico García Lorca. La pièce est jouée à guichets fermés au Festival international de Buenos Aires (FIBA), et bien accueillie par la critique.
- En 2011, elle est actrice dans Mia le film de Javier van de Couter où elle joue le rôle d'un trans (film en ligne ici).
- En 2012, dans la série La viuda de Rafael, elle joue le rôle de la femme transsexuelle d'un riche homme d'affaires.
- En 2014, elle joue dans la pièce El Bello Indifrente, de Jean Cocteau (créée par Edith Piaf). Par ailleurs, elle intervient sur scène avec un témoignage qu'on peut voir ici lors d'un événement de TEDx Córdoba
- En 2017, elle crée El cabaret de la Difunta Correa, figure miraculeuse et mythique de la culture populaire, une femme qui a allaité un bébé après sa mort.
- En 2022, elle dit se lasser de la scène : Diario Criterio s'est entretenu avec Camila Sosa Villada lors de sa visite à Bogotá pour présenter le monologue Carnes tolendas : portrait scénique d'un travesti. L'écrivaine et actrice a évoqué son manque d'envie de revenir sur scène.

Publications
- La novia de Sandro [La petite amie de Sandro], 2015 (son blog)
- El Viaje Inútil [Le voyage inutile], 2018 (poésie) [en ligne ici]
- Las Malas [Mauvaises Filles], 2019 (roman). Le livre fait événement. Il est traduit en 19 langues.
- Tesis sobre la domestication [Essais sur la domestication], 2019
- Soy una tonta por quererte [Je suis folle de t'aimer], 2022.

Effet de la loi argentine (pour info)
En 2013, la loi lui permet d'avoir une nouvelle carte d'identité nationale, mise à jour avec le nom Camila Sosa Villada et non plus Cristian Omar, ainsi que le sexe sous lequel elle s'identifie.
L'Argentine a été le premier pays d'Amérique latine à autoriser le mariage entre personnes de même sexe en 2009.
En 2021, une loi impose un quota de 1% de recrutement obligatoire de personnes transgenres dans les entreprises et les administrations publiques. Toujours en 2021, la loi offre la possibilité de choisir X (ni homme ni femme) sur les documents d'identité : le fils du président de l'Argentine a choisi cette option non binaire...

À PROPOS DU LIVRE

Articles sur le livre
- "Trans (es) argentines : littérature de la transgression", par Damien Aubel, Transfuges, n° 144, 11 janvier 2021
- "Les Vilaines, de Camila Sosa Villada : manifeste pour les trans divines", par Ariane Singer, Le Monde, 6 mars 2021
- "On aime beaucoup Les Vilaines de Camila Sosa Villada", par Youness Bousenna, Télérama, 14 avril 2021
- "L'éternité et une nuit", par Camille Cloarec, Le Matricule des Anges n°222, avril 2021
- "Une nouvelle langue pour un corps choisi", par Melina Balcázar, En attendant Nadeau, 8 mai 2021.

Radio
- "Renaître, avec Camila Sosa Villada et Laura Alcoba", L'heure bleue par Laure Adler, France Inter, 30 juin 2021, 52 min
- "Les Vilaines ou les Misérablesses", Personnages en personne par Charles Dantzig, France Culture, 5 septembre 2021, avec Laure Alcoba la traductrice, 28 min.
- "Coup de cœur de la librairie L'Embellie à La Bernerie-en-Retz", France Bleu Loire Océan,7 mars 2021, 2 min.


Interviews

- Entretien avec Ophélie Drezet, site Page des libraires, 2021 :

• Quel était le point de départ de votre narration ?
• Le point de départ du roman est la Tanta Encarna que j’avais déjà esquissée dans une pièce de théâtre...

- Camila Sosa Villada parle de ses influences littéraires, 14 janvier 2021, sur la chaîne youtube des éd. Métailié, 1 min 54
- Rencontre avec Camila Sosa Villada, sur la chaîne de "Un endroit où aller" par Lucie Eple, de la librairie Le pied à terre à Paris 18e, entretien fouillé mené sur le livre par Nathalie Couderc, 27 avril 2021, 50 min.

 

 

 

 


Nos cotes d'amour, de l'enthousiasme au rejet :
                                        
à la folie
grand ouvert
beaucoup
¾ ouvert
moyennement
à moitié
un peu
ouvert ¼
pas du tout
fermé !

 

Nous écrire
Accueil | Membres | Calendrier | Nos avis | Rencontres | Sorties | Liens