6 novembre 2017-Restaurant Drouant-AFP Eric Feferberg
Photographie de la jacquette : Gustav Krupp von Bohlen und Halbach ©Georg Pahl, German Federal Archive, Bundesarchiv.

Quatrième de couverture :
« Ils étaient vingt-quatre, près des arbres morts de la rive, vingt-quatre pardessus noirs, marron ou cognac, vingt-quatre paires d’épaules rembourrées de laine, vingt-quatre costumes trois pièces, et le même nombre de pantalons à pinces avec un large ourlet. Les ombres pénétrèrent le grand vestibule du palais du président de l’Assemblée ; mais bientôt, il n’y aura plus d’Assemblée, il n’y aura plus de président, et, dans quelques années, il n’y aura même plus de Parlement, seulement un amas de décombres fumants.
É. V

Écrivain et cinéaste né en 1968 à Lyon, Éric Vuillard a reçu le prix Ignatiuis-J.-Reilly 2010 pour Conquistadors (éd. Léo Scheer, 2009), le prix Franz-Hessel 2012 et le prix Valéry-Larbaud 2013 pour Congo et La bataille d’Occident (Actes Sud, 2012). Également parus chez Actes Sud : Tristesse de la terre, prix Joseph-Kessel 2015, et 14 juillet (2016). »


Les premières pages en ligne
de L'ordre du jour, Actes Sud Littérature, coll. "Un endroit où aller

 

Éric Vuillard
L'ordre du jour

Nous lisons ce livre pour le 6 avril 2018.
Le nouveau groupe l'a lu pour le 22 décembre 2017.

Alix
Ce livre m'a un peu déroutée. Ce n'est pas que je me sois ennuyée, mais j'ai eu du mal à vraiment accrocher.
Sur le fond, le thème est intéressant et nécessaire. C'est bien raconté. J'ai ressenti une vraie angoisse lorsque Schusschnigg se rend à Berchtesgaden déguisé en skieur pour rencontrer Hitler. J'ai aimé la scène du dîner avec les Ribbentropp et Chamberlain, juste après l'annexion de l'Autriche. J'ai aimé certaines remarques : "Les ombres pénètrent dans le grand vestibule du palais de l'Assemblé ; mais bientôt, il n'y aura plus d'Assemblée, il n'y aura plus de président, et, dans quelques années, il n'y aura même plus de Parlement, seulement un amas de décombres fumants.", "Tout va pouvoir continuer comme avant : les promenades au bord du Danube, la musique classique, le babillage inconsistant, les pâtisseries de chez Demel ou Sacher".
Mais j'ai trouvé le style parfois pénible, lourd. C'est trop moralisateur et on voit trop les ficelles. C'est peut-être une spécificité de cet auteur, je n'ai lu aucun autre de ses livres pour l'instant. Par exemple, la scène où le vieux Gustav est en train de dîner et voit des gens dans un coin de la pièce : "ce n'est donc pas Gustav qui hallucine ce soir-là, au milieu de son repas de famille, c'est Bertha et son fils qui ne veulent rien voir. Car ils sont bien là, dans l'ombre, tous ces morts". Je comprends bien que l'auteur veut dénoncer la collusion entre les intérêts économiques des grands industriels et ceux des Nazis, et le fait que les industriels ont du sang sur les mains. Mais je trouve que le procédé n'est pas très fin, pas très original. De même, j'ai trouvées agaçantes plein de petites phrases ironiques ("sûr qu'il en connaissait un bout en sciences politiques, lui qui avait su dire non à toutes les libertés publiques") ou mélodramatiques ("est-ce que la vieille enfant fripée qui se reconnaît sur le petit film , dans le rectangle froid du téléviseur, elle qui est toujours vivante, après la guerre, les ruines, l'occupation américaine ou russe (…) est-ce qu'elle soupire parfois, tirant les souvenirs pénibles de leur formol ?") glissées çà et là.
J'ouvre à moitié.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nos cotes d'amour, de l'enthousiasme au rejet :

à la folie, beaucoup, moyennement, un peu, pas du tout


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