Marguerite Audoux
Marie-Claire
Grasset, coll. "Les cahiers rouges"
Françoise D.
Je viens de lire Marie-Claire de Marguerite Audoux et jai
trouvé ce livre magnifique, si vibrant et si pudique et si vrai,
sans truquage rhétorique. Une telle authenticité est rare
et infiniment précieuse. On a limpression que le locuteur
fait partie de la nature : arbre, rivière, brebis. Lauteur
donne lapparence des choses, au lecteur den traduire les sentiments
suggérés par cette apparence quand Marie-Claire apprend
que son ami Henri Desbois est marié : « le jour éclatant
des cuisines des changea en nuit noire, et je sentis que les dalles senfonçaient
et mentraînaient dans un trou sans fond ». Merci
de mavoir fait découvrir cette uvre splendide.
Régine
J'ai trouvé ce livre infiniment touchant, d'une simplicité
et d'une pureté cristalline. Marie-Claire n'est pas sans
évoquer Un cur simple de Flaubert.
Marie-Christine
Jai lu jusquau bout et jai aimé sa longueur.
Jai aimé cette écriture qui suggère beaucoup.
Le livre ma rappelé les récits de ma mère qui
a vécu son enfance en internat religieux avec des cruautés
du même type. Tout bonheur échappe à Marie-Claire.
Jai adoré la fin, le commencement de la sagesse. Jai
eu beaucoup de plaisir à avoir ce rendez-vous avec le livre chaque
soir.
Manuel 
Jai beaucoup aimé. Pourtant ça fait un peu Cosette
et certains des événements sont un peu téléphonés.
Jai aimé lécriture très simple, très
juste, les métaphores. La mort du cochon est vraiment très
réussie ; jai vécu la même scène. La
très belle description du monde paysan ma fait penser à
lexposition Millet-Van Gogh. Je regrette que ce ne soit pas daté
; jai relu le livre de Pierrette Fleutiaux (qui nous a fait connaître
Marie-Claire car elle fait partie du jury du prix Marguerite Audoux,)
Des phrases courtes ma chérie, qui, lui, situe son personnage
dans un contexte historique. Ça me paraît un peu quand même
franco-français : quand on pense que le livre a été
traduit en 9 langues !
Roselyne
Je lai lu il y a longtemps, ainsi que Latelier de Marie-Claire
: jai apprécié les deux, autant lun que lautre.
Javais limpression dêtre dans latelier de
Marie-Claire : on vit avec elle, les personnages sont très poignants.
Lhistoire de la bonne sur et du curé est très
intéressante, vue par une enfant qui ne comprend rien, sans clin
dil, et le lecteur, lui, comprend. Elle a le mot juste. On
se demande où elle est allée chercher cette compétence
décriture. Pour moi, ce nest ni franco-français,
ni folklorique, ça pourrait dailleurs se passer dans bien
des pays et bien des époques.
Jacqueline
Jai beaucoup aimé. Cest un livre plein démotion
à cause de la simplicité décriture, du regard
très aigu. Elle sait transmettre sans cliché. Le livre ma
rappelé Lambeaux de Charles Juliet. Ici, il ny a pas
de pathos, cest très « vécu », peu «
imaginé ». Jai lu très vite, prise par lhistoire.
Jaurais aimé relire. Jai lu aussi et aimé Latelier
de Marie-Claire qui a le même style.
Madeleine
Jai lu le livre facilement, cest très agréable
à lire. Je trouve la préface un peu condescendante. Jai
été peu intéressée par les conditions de vie
de cette petite fille, ni les événements décrits,
peut-être parce que jai eu une enfance dans la campagne
profonde. Ce qui me frappe, cest son "regard"sur les événements.
Elle écrit alors quelle est adulte, mais comme si elle intégrait
lenfant, sans pouvoir faire de commentaires sur ce quelle
vit. Elle ne décrit pas ses sentiments, peut-être navait-elle
pas les mots, le vocabulaire? Cette fraîcheur me rappelle Les
Lais de Marie de France ; en ancien français, le vocabulaire
comprenait peu de mots pour décrire les sentiments, cest
donc par la description physique que lon passait.
Certains passages ont le resserrement dun haïku. Ce que je
trouve très intéressant, cest le choix qui est fait
des moments denfance qui sont racontés. Sa solitude humaine
nest jamais verbalisée, mais très bien décrite.
Sa solitude fait quelle capte des choses très importantes
dans les relations entre les gens, sans jamais les nommer. Elle touche
parfois à des vécus, des peurs très archaïques
: le marche de lenfant dans la nuit par exemple.
Martine 
J'ai bien apprécié Marie-Claire, dont j'aimerais me procurer
la suite, dans la série "il y a plus malheureux que soi"!
L'écriture m'a rappelé un peu Wassmo (Le livre de Dina).
J'aime beaucoup ce style dépouillé qui laisse entrevoir
plus qu'il ne raconte. Et le format en chapitres courts est idéal
en fonction de mes redoutables horaires.
Françoise
Jai trouvé Marie-Claire agréable à lire,
instructif, distrayant (pas amusant), émouvant, pas prise de tête,
mais un peu court. Jaime assez ce style simple, sans fioriture,
mais par ailleurs je suis restée un peu sur ma faim, jai
trouvé que cétait trop vite lu et je me suis sentie
frustrée. Cependant, je ne suis pas sûre davoir envie
de lire la suite et je narrive pas bien à expliquer pourquoi,
si ce nest que je crains davoir limpression de perdre
mon temps, tout en ayant un peu honte de dire ça
En revanche -alors que dhabitude je me force à les lire et
ça me barbe- jai pour ma part adoré la préface
dOctave Mirbeau, la délicatesse du style et le vocabulaire
désuet, quon na plus lhabitude dentendre
: "il mest doux de parler de ce livre", et "je voudrais
dans la foi de mon âme" ou encore "Marie-Claire
est une uvre dun grand goût", etc. Ca ma
donné envie de lire du Mirbeau
Liliane
Jai peu de choses à dire car je nai pas terminé.
Je suis un peu étonnée que ce livre ait été
écrit par une seule personne qui ait tant eu le sens du retravail
de lécriture. Mirbeau et les autres ont dû contribuer
à lélagage pour parvenir à cette écriture
dépouillée. On peut sinterroger avec beaucoup dintérêt
sur la vie affective et sexuelle des bonnes surs et des curés
Muriel
Le livre ma plu, surtout en raison des circonstances, c'est-à-dire
de la vie de Marie-Claire. De ce point de vue, cest un témoignage
intéressant. Si on ignorait qui est lauteur, il me semble
que lon apprécierait moins. Le style sobre est à la
fois une qualité et un défaut ; il manque de lyrisme, mais
cest peut-être le chic du livre. En tout cas, je minterroge
sur cette sobriété qui me fait penser à LEtranger
de Camus.
Claire
Jai beaucoup aimé, je nai aucune réserve. Jai
aimé la brièveté, ces courts chapitres qui forment
chacun une histoire ou une scène. Sopposant à la sobriété
soulignée, la sensualité chez les religieuses imprègne
les deux périodes où lhéroïne les fréquente
: lauteur est-elle naïve ou faussement naïve ? Il y a
des pauses dans le malheur, on est un peu en sécurité, et
puis le malheur repart. Cest moins pathétique que Lambeaux.
La place des livres dans la vie de la narratrice explique lexistence
miraculeuse de ce livre. Jaime, contrairement à Manuel, que
ce ne soit pas daté : cela pourrait se passer juste après
la deuxième guerre mondiale, comme au XIXème siècle.
La préface, elle, est très datée alors que le texte
ne lest pas, ce qui montre sa force. Deux exemples du regard et
donc du style de lauteur : "Je savais depuis longtemps que
Bonne Néron ressemblait à un taureau, mais il me fut impossible
de trouver à quelle bête ressemblait Madeleine. Jy
pensais pendant plusieurs jours en repassant dans ma tête le nom
de toutes les bêtes que je connaissais, et je finis par y renoncer."
(A propos de Martine :) "Son bonnet avait glissé de son chignon,
et la raie qui séparait ses cheveux me fit penser à un sentier
où lon pouvait se promener sans danger. "
Sabine
J'ai lu Marie-Claire de Marguerite : je n'ai pas partagé
votre enthousiasme, si ce n'est que ça se lit vite, et c'est une
qualité... J'aurais aimé qu'elle se fasse violer par une
bonne sur ou quelque chose dans le genre. Pas de psychologie, tout
reste lisse, en surface. Voilà.
Laurence
Le livre ma assez plu, sauf pour toute la partie concernant les
religieuses. Même si ça ne l'était pas à l'époque,
j'ai ressenti cela comme du "folklore" et je me suis lassée
de l'amour impossible de Marie-Claire avec sur Marie-Aimée.
Par contre j'ai aimé le rythme du récit et cette narration
faussement objective, calme et sensible.
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