Détail du portrait de Perrault
par Philippe Lallemand
Château de Versailles

9 contes en ligne : ICI

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éditions disponibles

Garnier-Flammarion, 2006, 267 p.
Ce volume contient les Contes en vers et les Histoires ou contes du temps passé, assortis de trente illustrations de Gustave Doré

Livre de poche classique, 2006, 320 p., 3.80 €

Circonflexe, 2016
192 p.
Les Contes De Perrault illustrés par les plus grands artistes : Botticelli, Gustave Courbet, Gustave Doré, Gustav Klimt, Arthur Rackam, Elisabeth Vigée Le Brun...

Librio, 2014, 120 p.

Bibliothèque Nationale de France, 2016, 166 p.
La Bibliothèque nationale de France édite cet ouvrage, qui rassemble la totalité des Contes de Perrault et près de 80 illustrations de Gustave Doré. Inspirée de l'édition originale de 1862 conservée à la Réserve des livres rares, cette publication est enrichei d'une préface de Marc Fumaroli, académicien et professeur au Collège de France, et d'une présentation de Jean-Marc Chatelain, directeur de la Réserve des livres rares de la Bibliothèque nationale de France.

Garnier Flammarion, 2014, 270 p.

Folio classique, 1999
144 p.

Charles Perrault (1628-1703)
Contes

Nous avons lu ces contes pour le 16 décembre 2016 et le groupe breton les lit pour le 5 janvier. Outre son avis sur l'ensemble des contes, chacun a choisi son conte préféré, disant pourquoi...

Il s'agit des 8 contes de ma mère l'Oye (La Belle au bois dormant, Le Petit Chaperon rouge, La Barbe bleue, Le Chat botté, Les Fées, Cendrillon, Riquet à la houppe, Le Petit Poucet) et de 3 contes en vers (Peau d'Âne, Les Souhaits ridicules, Griselidis). Voir en bas de page des précisions chronologiques et éditoriales.

Une séance où :
- les textes de Perrault côtoieront ceux d'Andersen (que nous avions lus en 1995) et Grimm (que nous avions lus en 2003)
- les images de Gustave Doré celles de Walt Disney, Jacques Demy, Botticelli, Gustav Klimt, Sara et bien d'autres
- l'interprétation psy de Bettelheim celle - plus drôle - d'Eric Berne, fondateur de l'analyse transactionnelle...

Tout d'abord, des choix (de conte) pas tout à fait littéraires...
Muriel (avis transmis par une internaute inconnue qui espère qu'un troisième groupe parisien sera créé...)
Parmi les contes de Charles Perrault les plus célèbres je préfère Le Chat Botté car, bien qu'immoral, ce conte est toujours d'actualité notamment parmi certains de nos hommes politiques ressemblent à s'y méprendre à l'ogre et d'autres au chat qui possède toutes les qualités (intelligence, ruse, mensonge) pour faire gravir à son maître les échelons sociaux et en profiter lui-même. Ce qui traduit l'espoir que le plus modeste a des chances de se hisser au sommet de l'échelle (mais d'y rester, l'histoire ne le dit pas) et que la ruse, le vol, le mensonge sont prioritaires par rapport à la valeur travail. Ce qui est intéressant c'est que le personnage du chat malin est très sympathique, il n'est ni bon mais ni méchant non plus, mais éminemment stratège pour accéder aux privilèges. Chacun trouvera dans notre époque actuelle bien des similitudes avec les dirigeants de notre planète...

Serge (avis transmis d'Avignon)
J'ai choisi Barbe Bleue dans l'édition reliée cuir dorée à l'or fin, imprimé sur papier volumineux bouffant des éditions de l'Éventail situées à Genève. 7 pages en tout. Ce qui frappe tout de suite c'est que le "il était une fois" nous intéresse par ses richesses, ses possessions, ses avoirs. En reliant le conte à l'actualité, derrière la barbe, on pourrait presque découvrir L'Homme de l'Année : Donald Trump himself. Puis on le voit dans ses techniques d'approches pour draguer la sœur d'Anne grâce à des parties de plaisir. Pour l'amadouer il lui donne les clefs de son patrimoine. Ce conte, c'est avant tout le récit de la transgression de l'interdit d'ouvrir un certain petit cabinet, le plaisir de braver les interdits, de ne pas respecter les consignes. Au risque de sa vie, même. Ce qui le rend passionnant c'est l'enquête à la Sherlock Holmes face au sang caillé, aux corps pendus des femmes telles des pintades sous le coup de la grippe aviaire, de la transformation en Lady Macbeth de la jeune femme avant qu'elle ne découvre le traumatisme de l'assassin : il ne supporte pas la curiosité des femmes. Il me semble que la morale de l'histoire c'est que dans un couple, l'homme doit apprendre à filer doux. Mais vous reprendrez bien encore un petit bout d'oreille parfumée, n'est-ce pas ?

Nathalie R (avis transmis)
J'ai lu la moitié des contes avec plaisir mais honnêtement je n'ai rien à dire qui pourrait vous intéresser... pour moi cela correspond trop à un travail scolaire puisqu'on étudie Les fées très souvent en classe de seconde et les autres en classe de 6ème... J'ai encore beaucoup de mal à ouvrir un œil autre que celui de l'analyse scolaire. La seule chose qui me fait rire à chaque fois que je termine un conte, c'est de regarder les deux enseignements qui sont proposés... je trouve qu'il y a souvent beaucoup d'humour dans le décalage du deuxième. Je suis rebelle quand je fais étudier les contes à mes élèves et en ce moment particulièrement nous travaillons La Belle et la Bête et j'aime remettre en cause ce qui est considéré comme de l'orgueil (quand les aînées désirent se marier avec des gens de qualité plus importante que la leur).

Claire
Je plains vraiment les profs qui ne peuvent plus avoir une approche personnelle des œuvres qu'ils ont trop étudiée ou fait étudier... c'est un handicap !...

Catherine (avis transmis)
J'ai relu les contes de Perrault mais au fond je ne sais pas très bien quoi en dire ; j'ai l'impression de les avoir tellement souvent lus ou entendus, sous trop de versions différentes, que je suis incapable d'en penser quoi que ce soit, à part le fait qu'ils sont bien écrits et qu'ils suscitent beaucoup d'émotions chez les enfants. La lecture de Psychanalyse des contes de fées de Bettelheim, même si elle remonte a pas mal d'années, a en outre modifié le ressenti que je pouvais avoir de ces contes, en m'empêchant maintenant de les apprécier "au premier degré" sans réfléchir à leur signification.
Je ne sais pas vraiment lequel je préfère, peut-être Cendrillon (à cause des méchantes sœurs et du bal), mais je sais lequel j'aime le moins depuis toujours, c'est Peau d'Âne. Il est pourtant très beau si l'on considère la forme, mais le thème m'a toujours mise mal à l'aise.

Fanny (avant de commencer le tour de nos avis)
Nous avons déprogrammé Tobie Lolness de Timothée de Fombelle, en tant que "livre pour Noël" - mais comme je l'avais acheté, cela m'a permis de le découvrir et de l'apprécier !

Annick L
Je confirme, c'est un livre magnifique...

Monique S
Allez Claire commence ! Tu ne veux jamais commencer pour pouvoir dire "je suis d'accord avec..."
Claire
Bon... J'ai vraiment découvert ces contes. J'ai découvert les morales, deux en plus ! Je ne connaissais pas "Les Fées". J'ignorais qu'il y avait une suite au réveil de la Belle au bois dormant. Je suis donc allée de découverte en découverte. Quoi la formule "Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?" c'est dans Barbe bleue ! Et "le Soleil qui poudroie et l'herbe qui verdoie" aussi ! Quelle ignorante j'étais ! J'ai été frappée par la vivacité de la narration et de temps en temps par des trucs tirés par les cheveux. J'ai aimé quand l'univers merveilleux était parfaitement cohérent, que je ne me posais pas de question. Le fils du roi revient trop souvent dans ces contes... J'ai préféré La Belle au bois dormant et Le Petit chaperon rouge qui est raconté en deux temps trois mouvements, cela m'a bien impressionnée. Les contes en vers, j'ai gardé pour la fin, rétive aux vers : Peau d'Âne en vers, cela a tout au contraire ajouté au conte par le rythme, la musique donc. Quant aux illustrations de Gustave Doré, elles m'ont d'abord gênée, et puis je les regardées après la lecture en détail : certaines sont extraordinaires, par exemple la famille du Petit Poucet qui avance vers le drame dans la forêt. J'ouvre aux ¾.
Fanny
Je connaissais déjà très bien les contes. J'ai découvert Griselidis et Le Miroir qui se trouvait dans mon édition. J'ai lu plusieurs éditions, en prenant plaisir à passer de l'un à l'autre. J'ai un coup de coup de cœur pour Le Petit Chaperon rouge : la fin est dure ! L'image du loup, de la forêt, du grand méchant loup, les grands yeux, les grandes dents… cela captive les enfants. "Tire la chevillette, la bobinette cherra" est une formule magique.
Danièle
Ce qui m'impressionne le plus parmi les contes, c'est La petite fille aux allumettes d'Andersen qui me remplissait d'effroi dans mon enfance. Chez Perrault, je ne retrouve pas ces impressions. J'ai souvent oublié comment les contes se terminent, mais les formules me restaient ("Anne, mas sœur Anne"...) J'ai aimé que Peau d'Âne soit en vers. Je l'ai vue au cinéma avec Catherine Deneuve. Il y a de l'humour dans La Belle au bois dormant, dans La Barbe bleue aussi. C'est un plaisir de la langue. En revanche, j'ai détesté les morales. Je trouve qu'elles rabaissent le conte.
Manon
J'ai commencé par La Belle au bois dormant et j'ai été étonnée par la fin et le mariage secret. Quant au Chaperon rouge, j'ai été choquée, ne m'attendant pas à l'aspect si explicite de l'aspect sexuel. De même pour Peau d'Âne. C'est très violent, très cru. Même Le Petit Poucet. Je n'avais pas un souvenir si violent de ces contes qui me renvoyaient à Walt Disney. Les fins ont été pour moi nouvelles (le petit chaperon rouge est croqué point barre). C'est très intéressant. Est-ce vraiment pour des enfants ? Les souhaits ridicules, c'est très drôle, cela m'évoque la lampe d'Aladin. Griselidis, c'est très long.
Monique S
Je préfère Andersen. Perrault, ce sont des leçons de morale, et en particulier pour les femmes... C'est écrit dans un contexte particulier : c'est trop éducatif, pédagogique.
J'ai aimé Riquet à la houppe, avec l'humour de Perrault. C'est intéressant de comparer les lectures d'enfants que nous étions à celles des adultes. Les contes aident à approcher des événements très difficiles : par exemple Peau d'Âne, l'inceste. Il y a là une force au niveau humain quand on est dans des schémas universels tels que celui-là, pour lutter contre l'angoisse.
Manu
C'est une découverte. J'avais aussi en tête Disney. Une découverte des fins. J'ai aimé la langue. J'ai aimé l'efficacité d'un récit en deux pages, l'essentiel est di
t.

Claire
Y a du narratif comme dirait Katell…
Brigitte
J'étais très contente car dans mon édition les notes sont contemporaines de Perrault, indiquant par exemple la valeur de tel mot à cette époque-là et elles m'ont plongée dans le XVIIe siècle. Ce sont des textes courts, repris de la traduction orale, qui nous plonge quant à eux dans la vie quotidienne du peuple de l'époque. Je connaissais ces contes, mais j'ai découvert La Belle au bois dormant. Je trouvais Les Fées tout à fait nul, jusqu'au jour où j'ai constaté qu'une de mes proches s'exprimait de façon extrêmement négative sur toutes les personnes et sur tous les sujets qui nous entouraient : elle se comportait comme la jeune fille dont il ne sort de la bouche que serpents et crapauds, chaque fois qu'elle s'exprime ; cela a changé mon regard sur elle. Je n'ai pas encore rencontré celle dont les paroles ne sont que perles et pierreries : j'attends sa venue dans le groupe... Mais j'ouvre en grand.
Jacqueline
Au Salon du livre pour la jeunesse, j'ai acheté une édition des contes de Perrault qui m'a séduite, mais qui est finalement incomplète : je suis déçue de constater par exemple que Peau d'Âne est en prose ! Autre déception, j'adore Le Petit Chaperon rouge depuis l'âge de 6 ans. J'ai été élevée par ma grand-mère et la dévoration de la grand-mère par le loup m'a fascinée. Je l'ai relu plusieurs fois dans ma vie. J'aime la morale qui, elle non plus, n'est pas dans mon livre… J'ai constaté l'importance des illustrations quand on lit un conte de Perrault à des enfants de quatre ans. (Jacqueline se prépare à lire la morale du Petit Chaperon rouge avec gourmandise). J'ouvre en grand !

On voit ici que de jeunes enfants,
Surtout de jeunes filles
Belles, bien faites, et gentilles,
Font très mal d'écouter toute sorte de gens,
Et que ce n'est pas chose étrange,
S'il en est tant que le loup mange.
Je dis le loup, car tous les loups
Ne sont pas de la même sorte ;
Il en est d'une humeur accorte,
Sans bruit, sans fiel et sans courroux,
Qui privés, complaisants et doux,
Suivent les jeunes Demoiselles
Jusque dans les maisons, jusque dans les ruelles ;
Mais hélas ! qui ne sait que ces Loups doucereux,
De tous les Loups sont les plus dangereux.

Henri
Je suis déçu par l'intervention de Jacqueline qui n'a pas lu TOUT Perrault. Dans ma mémoire, je mélangeais les contes. Par exemple Griselis... J'ai aimé Les souhaits ridicules. J'ai regardé un film sur le droit des animaux qui m'a évoqué Le Chat botté : 7, 4 milliards d'humains sacrifient annuellement 142 milliards d’animaux, dont 1 milliard en France. J'ai ri en lisant ces contes revus par Eric Berne à la lumière de l'analyse transactionnelle (Monique L qui a fréquenté cet auteur opine du bonnet) ; en voici un : "LE PETIT CHAPERON ROUGE (PCR), RELU PAR ERIC BERNE"

(Rires et sourires...)

Henri
Je crois me souvenir que Cendrillon était plus drôle encore dans le livre d'Eric Berne Que dites-vous après avoir dit bonjour ?
Monique L
Je choisis Le Petit Chaperon rouge. Je l'aimais parce qu'il n'y a pas de mariage avec un beau prince. A la relecture, c'est beaucoup plus court que dans mon souvenir. Surtout le passage dans la forêt. Enfant, je lisais pendant les vacances ce conte à mes cousins qui ne lisaient pas encore. J'aimais dire :
"Tire la chevillette, la bobinette cherra"...
"les grandes dents"...

"les grandes oreilles"...

c'est le moment D'ANGOISSE...!

Les enfants ne comprennent pas que le petit chaperon rouge ne reconnaisse pas sa grand-mère. J'ai vu la pièce de Joël Pommerat qui souligne la peur dans la forêt. J'ai lu Bettelheim, avec les trois générations de femmes d'une même famille, marquées par l'absence d'homme, et le loup comme figure de l'homme. J'ouvre en grand.
Séverine
Je suis contente de ce choix, car je connaissais mal ces contes. J'ai préféré les contes en vers que j'ai lu à voix haute et qui passaient très bien, alors que les contes en prose, eux, tombent à plat. Ma préférence va aux Souhaits ridicules, c'est très drôle. J'ai moi aussi découvert "Anne, ma sœur Anne !"... Je suis fascinée par la pantoufle de verre. Verre et pas vair. En verre donc !... Je suis également étonnée par les doubles morales. Ce sont des histoires universelles, que Perrault a reprises.

Annick L
On les retrouve en effet sur tous les continents.

Séverine
Mais ils sont plus hard que j'imaginais. J'ouvre aux ¾.
Geneviève
J'ai feuilleté plus que lu. J'ai lu des comparaisons entre Perrault et Grimm, à l'avantage de Grimm. C'est plus bref que ce dont je me souvenais. J'ai aimé l'aspect "fond de culture commune". Je suis marquée par l'image de la femme qui crache des crapauds et celle qui crache des fleurs dans Les Fées, on le trouve aussi chez Grimm. J'avais oublié la fin de la Belle au bois dormant. Le conte que j'ai le plus aimé c'est Peau d'Âne, avec une thématique très dérangeante ; et ces robes couleur du temps... magiques ; et cette beauté qu'il faut cacher sous peine de mourir. J'ouvre à moitié.
Annick L
J'ai une édition de 1967. Je préfère a priori les contes de Grimm et d'Andersen. Mais les contes de Perrault ont une force très brute. J'ai été agréablement surprise à la relecture : c'est très vivant, c'est très concret, ancré dans la vie à la campagne du XVIIe siècle. Je suis surprise par la brièveté des textes qui permet de remplir avec l'imagination de chacun. Ces contes s'adressent à des enfants, à des femmes : j'avais oublié cette visée morale sur l'éducation des femmes. Dominent la légèreté, la fraîcheur. Mon préféré c'est Barbe bleue, avec Sœur Anne..., la chambre interdite, les secrets de famille. J'ouvre en grand.

Henri
A propos de loup, il y avait aussi l'album du Père Castor, Marlaguette.

Claire
À propos d'humour, quand le prince réveille la Belle au bois dormant, elle est un peu dans les vapes quand elle lui dit "Est-ce vous, mon prince ? vous vous êtes bien fait attendre"... Il est bien sûr charmé, l'assure qu'il l'aime "plus que lui-même" mais constate que "ses discours furent mal rangés ; ils en plurent davantage ; peu d'éloquence, beaucoup d'amour"... Le conteur nous dit quand même : "elle avait eu le temps de songer à ce qu'elle aurait à lui dire"...

Séverine
Au fait... et Les aventures de Gulliver ?

Annick L
Quelle bonne idée ! Pour le prochain Noël !

Claire
Et pour Pâques ?... En plus, nous n'avons jamais lu de Swift !

Nous finissons par regarder les éditions diverses de contes apportées par Annick de la BNF, par exemple celle comportant des illustrations d'artistes : Botticelli, Gustave Courbet, Gustave Doré, Gustav Klimt, Arthur Rackam, Elisabeth Vigée Le Brun... ou l'album La Barbe bleue illustré par Sara.
Fanny a aussi trouvé chez elle toute une série qu'elle a apportée.
Monique L ressortira aec délice une vieille collection "Rouge et or" au loup en noir et blanc au lit du goût le plus discutable...
De conte en album, nous terminons la soirée par Dors et fais pas ch...

SYNTHÈSE DES AVIS DANS LE GROUPE BRETON suivie d'un avis individuel
Chantal, Claude, Édith
Lona, Odile, Marie Thé, Suzanne, Jean-Luc
Yolaine


Nous avons évoqué Barbe Bleue (Chantal), Griselidis (Chantal, Claude), Le Petit Chaperon rouge (Claude, Marie Thé, Suzanne), Le Chat botté (Lona, Odile), Le Petit Poucet (Suzanne), Peau d'Âne (Édith), Cendrillon (Yolaine).
Il semble que nous ayons tous eu, plus ou moins, du plaisir à retrouver ces lectures qui ont enchanté notre enfance par leur ambiance magique ; les lire dans leur version originale a permis de découvrir leur intérêt littéraire (les versions proposées aux enfants le sont souvent dans des versions étonnamment tronquées), la saveur des descriptions très concrètes et imagées, la poésie et l'humour (par exemple le Petit Poucet). Certains se sont attachés à lire la ou les morales de ces contes, et ont comparé l'œuvre de Perrault aux Fables de La Fontaine. Beaucoup y ont vu une dimension sociale et politique. Certaines féministes impénitentes (elles sont nombreuses en Bretagne comme chacun sait) se sont insurgées contre l'aspect sexiste et misogyne de certains contes, en particulier Griselidis. Cendrillon n'est pas mal non plus. Enfin la violence de la plupart de ces récits populaires paraît insupportable à notre sensibilité contemporaine, à tel point qu'on irait jusqu'à éviter de les raconter aux enfants, ce qui serait quand même dommage.
La conclusion que nous en avons tirée, c'est qu'on peut faire de multiples lectures de ces histoires merveilleuses, mais qu'il ne faut pas oublier leur dimension essentiellement symbolique, qui aide les enfants à grandir. La réalité est souvent terrible, mais dans les contes la fin est souvent heureuse, et même à l'âge adulte elle continue à nous consoler.
Le mot de la fin revint au seul homme de notre groupe, qui assure que la gente masculine est moins marquée par les contes, car ce sont les femmes qui en assurent la transmission. Il a donc clos le débat avec une histoire de Toto que rigoureusement ma mère (c'est Yolaine qui fait ce compte rendu...) m'a défendu de rapporter ici, et il est vrai que c'est un exercice plus viril. Mais les contes, eux, tout comme les jeux, s'adressent autant aux filles qu'aux garçons, ils viennent de la nuit des temps et traitent de problèmes universels et intemporels qui se posent depuis toujours à l'humanité.
Chantal 
Bof ! J'en ai lu deux sans grande envie… :
- Barbe Bleue
, version non expurgée : j'ai trouvé cela extrêmement violent, et les crimes contre les femmes ont trop résonné dans mon esprit, même si la deuxième moralité comme il dit m'a fait sourire...
- Griselidis, conte en vers, au style suranné que j'aime retrouver, m'a paru par trop macho, même si, bien sur il faut le situer dans son époque...
Donc, ouvert ¼


CHRONOLOGIE de l'édition par Perrault de ses 11 contes
- 1691 : Perrault publie une "nouvelle" en vers, La Marquise de Salusses ou la Patience de Griselidis
- 1693 : premier "conte en vers", Les Souhaits ridicules
- 1694 : les deux œuvres précédentes sont réunies dans une même édition, avec en plus un "conte en vers", Peau d'Âne.
- 1696 : conte en prose, La Belle au bois dormant
1697 : Histoires ou contes du temps passé, avec des moralités, avec cet autre titre au dos Contes de ma mère l'Oye, contenant les 8 contes en prose suivants : La Belle au bois dormant, Le Petit Chaperon rouge, La Barbe bleue, Le Maître chat ou le Chat botté, Les Fées, Cendrillon ou la Petite Pantoufle de verre, Riquet à la houppe, Le Petit Poucet.
Tous les contes sont en ligne ICI

PAR AILLEURS...
Perrault s’essaya au genre galant avec Dialogue de l’amour et de l’amitié et Le Miroir ou la Métamorphose d’Orante (qu'évoque Fanny) : ô surprise, ce conte Le Miroir serait même un conte gay ! (Voir les articles LES CONTES "GAYS" DE CHARLES PERRAULT : 1/3 - 2/3 - 3/3)

SUR LE SITE DE LA BNF, DE NOMBREUSES VARIATIONS du Petit Chaperon rouge
- Le Petit Chaperon rouge par les frères Grimm
- Le Petit Chaperon rouge et ses grands illustrateurs
- Le Petit Chaperon rouge s'allonge avec un conte de 4,74 m par la graphiste Warja Lavater
- Le Petit Chaperon change de couleur : Le Petit Chaperon bleu marine par Philippe Dumas et Boris Moissard, Le Petit Chaperon vert par Grégoire Solotareff

et aussi : Cendrillon, de la scène à l'écran
En replay sur Arte jusqu'au 2 mars 2017, un documentaire sur Cendrillon : né en Chine au IXe siècle, le personnage de Cendrillon inspire depuis des siècles les créateurs de tous les continents : portrait d'un mythe universel, illustré par des archives d'entretiens (en particulier avec le psychanalyste Bruno Bettelheim), des extraits de films et de spectacles (la pièce de Joël Pommerat, le ballet de Noureev).

11 ÉCRIVAINS D'AUJOURD'HUI réécrivent Leurs contes de Perrault (Belfond, coll. "Remake", 2015)
- La Belle au bois dormant, par Leila Slimani
- Le Petit Chaperon rouge, par Hervé Le Tellier
- La Barbe bleue, par Cécile Coulon
- Le Chat botté, par Alexis Brocas
- Les Fées, par Frédéric Aribit
- Cendrillon
, par Nathalie Azoulai
- Riquet à la houppe
, par Gérard Mordillat
- Le Petit Poucet, par Manuel Candré
- Peau d'Âne
, par Fabienne Jacob
- Les Souhaits ridicules
, par Christine Montalbetti
- Griselidis
, par Emmanuelle Pagano

 

Nos cotes d'amour, de l'enthousiasme au rejet :

à la folie, beaucoup, moyennement, un peu, pas du tout


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