Nicolas Bouvier
La Guerre à huit ans
Marie Chiff'Mine
Je n'ai lu que quelques pages. J'aime bien les récits d'enfance,
j'ai retenu le fait de saisir l'enfance dans sa polyphonie, à l'opposé
du formatage.
Nicole
J'ai beaucoup aimé, j'ai aimé la légèreté
par rapport à la mort, l'épisode de la grosse Bertha, le
texte sur la bibliothèque, j'ai envie d'y revenir. Je pense à
Kenneth White.
Lona
Il remet les choses en place, un grand merci, j'y reviendrai.
Michèle
Le style est pétillant, l'humour aussi, cela m'a enchantée.
Claire
Nous avions lu Chroniques japonaises au groupe lecture parisien
et je n'avais pas été emballée. Doris Lessing pourrait
faire un stage chez lui, car c'est un styliste et les mots se dégustent
comme bonbons. Les anecdotes sont savoureuses. C'est brillant, souvent
drôle, mais cela me laisse sur ma faim. Il me donne l'impression
de faire le paon. La postface est inintéressante.
Marie-Thé (qui a proposé ce livre)
Je l'avais beaucoup aimé. Je l'ai relu et me suis dit aïe
aïe aïe, pour le groupe. J'aime le style, les références.
(Marie-Thé lit un extrait des Mots de Sartre.)
Jean-Pierre
C'est très bien écrit, flamboyant, plein d'humour, des formules
au fort impact tenant presque de l'aphorisme. Mais il enfonce des portes
ouvertes. Il y a trop d'érudition étalée, pas d'universalité
à son propos.
Monique
Il y a pour moi un texte important, c'est celui du milieu. C'est un peu
étonnant, cette pose sur l'enfance. Le premier texte, c'est un
discours, la postface, on n'en parle pas... J'adore L'Usage du monde,
je retrouve dans ce texte l'acuité des notes, par exemple la violence
dite par le nettoyage des touches de piano. Sur son milieu il ne prend
pas parti, sauf sur le palefrenier sur lequel il dit des paroles graves.
On comprend avec ce texte pourquoi il est devenu voyageur.
Muriel
Ça ne m'a pas beaucoup plu. Il enfonce des portes ouvertes sur
l'enfance. Que veut dire " mesmérisé " ?...
J'ai préféré Rémond sur l'enfance. C'est prétentieux.
Le style est pompeux, pas très vivant. Il n'y a pas d'émotion,
on reste sur sa faim. Bertha est caricaturale, c'en est invraisemblable.
Fanfan
J'ai bien aimé, c'est très drôle (les grenouilles
par exemple). La Suisse, c'est très coincé. J'ai adoré
L'Usage du monde, la présence au monde. J'aime l'écriture.
Lil
J'enlève un quart sur mon avis d'origine en raison de la remarque
de Monique sur la façon de traiter les garçons d'écurie.
J'ai eu un grand plaisir de lecture et ai été enchantée.
Il est présent au monde par tous les pores. Il me rappelle aussi
Kenneth White. Je suis voyageuse par procuration comme son père.
Jacqueline
J'ai bien aimé. Je ne connaissais pas Bouvier. J'ai une grand-mère
genevoise qui était institutrice à Carrouge où le
livre a été imprimé... Voir le monde comme si chaque
minute était la première fois c'est un peu bateau. Mais
la façon de " découpler cette perception fraîche
et native de l'enfance de la stupidité craintive et répétitive
qui est aussi l'enfance " est subtile. J'aime Bouvier en petit
page sur la première illustration.
Françoise D
Je rejoins Jean-Pierre. J'ai lu L'Usage du monde et ne l'ai pas
aimé. Si j'ai trouvé le livre agréable, je suis restée
dehors, l'histoire ne m'a pas touchée. J'ai préféré
Rémond et Annie Ernaux. Si ce n'était pas Bouvier l'auteur,
à mon avis ces textes ne seraient pas publiés. C'est un
peu raté.
Marie-Laure
J'ai eu du mal dans les dix premières pages. J'ai mordu dans la
propriété. J'ai adoré la bibliothèque. Cela
m'a rappelé L'Ombre du vent. J'ai visité la bibliothèque
ou a été tourné Peau d'âne. Mais il
n'y a pas d'âne qui y emmène...
Claude
Je l'ai lu ce matin, je l'ai aimé. J'aime l'élan de l'enfant
qui a envie de savoir. Je le relirai. Je suis touchée par le grand
père. J'ai envie de le relire et de lire le reste, c'est trop court.
Annette
J'ai aimé. Ce qui m'a ému, c'est la découverte de
son père à la bibliothèque. Je suis un fan de L'Usage
du monde.
Jackie
Pour moi, ce n'est pas suffisamment vivant, il n'y a pas d'émotion,
à mon avis il se retient. C'est très bien écrit (" il
faut aussi parfois beaucoup de temps pour que le vin se fasse dans la
tonne ".)
Jessica
Il m'a fallu deux lectures. A la première, le livre restait pour
moi fermé, c'était confus, j'étais perdue, ne comprenant
pas ou il voulait en venir. Après une deuxième lecture,
je reste sur ma faim. Bertha mériterait un livre. Les nombreuses
citations m'ont gênée, sans compter que je ne les connaissais
pas. Si c'est un livre sur l'enfance, il y a peu d'enfance. La mort du
père m'a perturbée. Je ne lirai peut-être rien d'autre.
Edith 
Je l'ai lu il y trois semaines, sans réel plaisir. Je me souviens
en revanche d'une émission de Bernard Rapp très intéressante,
avec une voix nostalgique. Je n'ai rien imprimé du livre. J'ai
retrouvé l'agacement du rapport de classe ; j'avais Dolto
en tête.
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