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Agnès Desarthe
Un Secret sans importance
Points
Dervila, qui a proposé le livre et invité l'auteure, nous
présente Agnès Desarthe.
Elle écrit également des livres pour enfants (Jacqueline
a lu Je Manque d'Assurance) et fait également des traductions,
de l'anglais vers le français. Pour répondre à une
question de Françoise O : c'est l'éditeur qui généralement
choisit le traducteur. Agnès Desarthe participe également
au CNL, qui attribue des bourses de traduction.
Pour une présentation plus complète et une photo :
http://marais.evous.fr/etvous/portraits/agnes-desarthe.htm
Katell (on lit son avis envoyé par mèl)
Je n'ai pas accouché encore : oui, c'est un peu la question
qui me préoccupe en ce moment... J'ai lu Un Secret sans importance,
peut-être un peu rapidement pour le finir à temps, parce
que je suis tombée dans Rohinton Mistry et que avalée par
Bombay et son Monde en équilibre, j'ai enchaîné sur
un autre (Une Simple Affaire de famille pour les curieuses), donc
2 x 800 pages de pur plaisir, mais je ne devrais pas (encore) le dire...
Après l'évidente simplicité de l'univers de Mistry,
celui d'Agnès Desarthe m'a bien déroutée. Je ne sais
pas très bien qui sont les personnages, où l'action se déroule-t-elle ?
En France ? Dans un univers imaginaire ? A Paris ? A l'étranger
peut-être ? Entre cette université (ressemble-t-elle
à celle de Roth ou de David Lodge ?) et le pavillon de Violette,
je n'arrive pas à délimiter les territoires...
Et ces personnes... Pourquoi se rencontrent-elles ? Quel est le sens
de leur histoire ? Sincèrement, je pense que c'est un univers
trop intellectuel pour moi, trop abstrait. Et les références
au judaïsme me sont totalement étrangères. Donc, je
suis passée " à côté "
mais j'ai quand même des questions.
J'ai été déroutée dès le départ
par les noms des personnages. Comme certains lecteurs dans les romans
russes, je ne m'y retrouvais pas. De plus, vous employez, soit leur nom
de famille, soit leur prénom pour les désigner et je n'ai
pas saisi la nuance entre l'emploi de l'un ou de l'autre (par exemple
en fonction de leurs interactions avec les autres personnages). Pouvez-vous
m'éclairer ?
Françoise O
Je l'ai lu deux fois. Les premières lignes m'ont rappelé
John Le Carré et j'ai pensé " je suis tombée
dans la marmite " : ensuite je me suis laissé embarquer
sans recul. J'ai été touchée.
Quand je l'ai relu, tout à coup mon cheminement m'a rappelé
Le Vase brisé de Sully Prud'homme. J'ai été
très touchée par Violette et Emile, je suis allée
de blessure en blessure. Je me suis demandé de quelle blessure
vient la cicatrice que Violette porte au visage. Avec la remontée
du rêve dans sa petite robe rose sur le coteau, chaque fois qu'il
est évoqué, Violette progresse dans la remémoration.
Etat des petites souffrances, des petites fêlures qui sont le secret
que chacun porte en soi.
Agnès D. :
Cette réaction sur la construction du livre, c'est l'expression
du style. C'est écrit différemment suivant le personnage
dont il s'agit.
Eve
Je n'ai pas eu une perception différente de Françoise. Je
me suis laissé emporter dans un univers très poétique,
comme une aquarelle légère ; ça m'a évoqué
certains contes de Baschevis Singer. J'ai beaucoup aimé Sonia,
et j'ai aimé que les personnages se retrouvent en un milieu, se
croisent, s'entrecroisent. Par ailleurs, j'ai du mal à imaginer
Irina avec son père ; ils sont sur des planètes différentes.
Je me suis sentie très proche de certains personnages comme Dan
et sa femme, mais je suis restée sur ma faim par rapport à
certains secrets que je n'ai pas pu percer : Gabriel est-il oui ou
non le fils d'Emile ? L'auteure nous emmène sur une fausse
piste. J'ai beaucoup apprécié de ne pas perdre Sonia de
vue après sa mort.
Jacqueline
Je l'ai lu deux fois. A la première lecture, je suis comme Emile :
quand Dan parle de ses enfants, ça ne m'intéresse pas. Pour
aimer un livre, il faut un peu de familier et aussi une découverte.
On a du mal à situer le récit dans le temps et dans l'espace.
J'ai pensé que ça se passait à Paris, mais j'ai aussi
pensé que la rencontre Irina/Emile avait pu se faire en Europe
centrale.
A la deuxième lecture, il m'a semblé que ça se passait
dans les années 1990, mais ça m'a demandé beaucoup
d'attention pour reconstituer cela. L'usage du passé simple et
de l'imparfait rend cet effet intemporel. C'est une histoire de transmission,
à cause de ces trois générations : les traditionnels,
Sonia, le grand-père, et Violette qui fait de la saisie informatique.
Le livre ne me touche pas vraiment, je reste distante, c'est sans importance.
A la deuxième lecture, je me suis quand même attachée
plus aux personnages.
Brigitte
J'ai retenu et aimé la conversation téléphonique
Emile/Dan, la description de l'attitude de Harriet. Le jeune homme veut
faire sa thèse mais est ambigu par rapport à son travail.
Quand on apprend qui est son père, on est à des années-lumière...
La rencontre des temps est intéressante. Sonia et Violette sont
les deux personnages attachants. Emile ne comprend rien à l'amour
entre Dan et Sonia ; il y est étranger. C'est intéressant,
mystérieux, et poétique. Violette est plus classique, dans
l'époque actuelle ; ça marche à fond. J'aime
bien quand elle essaye sa robe ; j'ai aimé la confrontation/comparaison
avec Harriet : Harriet est " trop ", encore mieux
que Violette.
Dervila
Je l'ai lu deux fois. J'ai lu tous les romans d'Agnès et j'ai fait
des liens entre eux. Je suis emportée par cet univers. Certains
personnages sont exquis. J'aime Harriet et ses genoux " qui
regardent les gens ". Tous les personnages ont quelque chose
d'enfantin, sauf Hortchak.
J'ai été troublée par la promesse de la mort, à
la fois terrifiante et aussi rassurante. C'est très émotionnel,
il y a des choses pas claires, mais on les ressent soi-même ;
il y a beaucoup de malentendus, mais on l'accepte. La poupée d'argile
de Violette fait penser au Golem ; elle a été donnée
par le père, et Violette s'en débarrasse, elle l'effrite
dans le bain quand elle décide de ne pas aller vers Emile. Elle
s'en va à cause d'un malentendu, elle décide de partir vers
la (sa) patrie. Livre émotionnel, poétique, difficile à
analyser.
Françoise D.
Il y a la folie (Violette), du fantastique (Sonia), éléments
auxquels j'ai du mal à adhérer, étant incurablement
" cartésienne " ; cependant ces deux personnages,
des femmes, sont les plus attachants ; les hommes ne sont pas très
valorisés. J'ai trouvé à ce livre une atmosphère
très " juive ", avec un côté un
peu onirique, flou, qui m'a fait penser aux Boutiques de cannelle
de Schulz. On a envie de suivre chaque personnage, mais on se sent un
peu perdu. J'ai bien aimé la construction du livre, et aussi l'écriture
où j'ai cru déceler de l'humour, de l'ironie. Mais à
la fin je me suis sentie un peu flouée par ce faux secret, l'auteure
fait tout ce qu'il faut pour qu'on y croie, puis nous détrompe
au dernier moment.
Je ne suis pas d'accord avec la conclusion : les secrets, c'est important...
Liliane
On lit un livre dans un contexte personnel. Actuellement, je suis plongée
dans un livre de Victor Kemperer, philologue qui analyse la langue de
propagande du Troisième Reich (la L.T.I.) : la langue s'insinue
dans les pratiques sans qu'on s'en aperçoive. Donc, j'ai eu du
mal à m'en extraire pour m'orienter vers ce... secret sans importance.
C'est un roman de culture juive, il n'y a que des malentendus, partout,
et pourtant c'est ça la vie. Même si on se trompe, on y croit,
on fonce, et c'est générateur de vie. Presque tout repose
sur le quiproquo, par exemple l'embauche d'Harriet comme secrétaire.
Le fil conducteur c'est le quiproquo générateur de vie.
Dans la vie nous sommes aussi dans des malentendus et des quiproquos que
nous sommes mis en demeure de déchiffrer.
Monique
Je n'avais rien lu d'Agnès Desarthe. Au début je mélangeais
les deux personnages masculins. Interrogée par la narration qui
est très classique, j'ai été happée. Le pacte
du lecteur a marché pour moi, les qualités d'imaginaire,
la façon de faire vivre les personnages. J'y ai trouvé le
plaisir des histoires enfantines, du conte ; c'est l'art de nous
faire palper la réalité : par exemple la scène
de plantation des iris. J'ai été accrochée par les
personnages de Violette et Sonia, ça fonctionne très bien,
ces personnages résistent à la technique narrative, débordent
cette maîtrise du récit. Violette n'est pas si folle que
ça, elle maîtrise parfaitement ce qu'elle fait.
Sonia avec son odeur d'oignon est intéressante, car elle ne répond
pas à l'attente sociale. Elle a accepté sa maladie, elle
a un regard très lucide sur les autres. Ces personnages sont des
failles qui s'ouvrent sur des choses assez angoissantes. Il y a des béances,
des failles, mais c'est quand même une vision très positive
de la vie. Il y a des secrets très lourds, mais la vie continue.
Le secret de la naissance de Gabriel, c'est peut-être trop qu'on
sache finalement la vérité grâce à Sonia. Sa
réapparition en " ange " fait penser à
Erri de Luca.
Geneviève
Je l'ai lu très vite ; je l'avais déjà lu il
y a 10 ans avec plaisir et je l'avais oublié. Je l'ai relu comme
un nouveau livre avec plaisir, c'est déconcertant, et à
la fois un univers familier, mais je n'accroche pas. Par exemple Violette
au début est une malade mentale, puis en cours de route ça
disparaît et elle devient une jeune femme sensible. En revanche
avec Sonia, ça fonctionne bien ; au début elle est
très traditionnelle, puis son personnage se complique. Les personnages
masculins sont moins convaincants, mais je suis impressionnée par
l'amitié entre les deux hommes. J'aime bien la bascule de Sonia
dans le fantastique. On passe d'un univers à un autre sans trop
savoir où on est. L'histoire du secret ne m'a pas beaucoup retenue ;
le brûlage des papiers à la fin m'a paru superflu. Sans se
souvenir des personnages, il y a une familiarité avec le livre,
par son univers de shtetl et son aspect fantastique.
Claire
Un personnage, Ingembe, dit : " Il avait depuis longtemps
pris l'habitude de ne comprendre qu'une partie informe des choses qui
se disaient ou advenaient. Il était face à la réalité
comme devant un iceberg : il savait pertinemment qu'il manquait les
neuf dixièmes du spectacle. " Je suis face à ce
livre comme à un iceberg et il m'en manque une grande partie. Quel
est le secret ? Quel est le projet du livre ? de l'auteure ?
Comment le livre a-t-il été fait ?
Les personnages sont bien cernés, je ne suis pas d'accord avec
Monique, la narration n'est pas classique, il y a des glissements sans
arrêt, on est sur un personnage puis on repart chez le narrateur,
puis on revient au dialogue, etc. style indirect, dialogue... et ça
reste fluide. Je n'avais pas remarqué que c'était un univers
juif... J'ai beaucoup aimé les premières lignes, mais après
j'ai des problèmes dès qu'on entre dans la maison, je dois
faire des efforts pour savoir de qui il s'agit, qui parle ; ensuite
ça va mieux.
Annick
Je suis désarmée par ce livre ; je suis restée
à la porte, je ne sais pas pourquoi. Je me suis laissé emmener
par Violette qui m'a beaucoup touchée, c'est peut-être elle
qui voit juste, pas les autres. Violette m'a rappelé Isabelle Carré
dans le film Se souvenir des Belles Choses. Le personnage de Sonia
est très touchant mais les hommes ne sont pas gâtés.
Sonia, c'est une petite bonne femme de rien du tout qui se révèle
le soir de la fête. Quand elle s'envole après sa mort on
lui trouve de la grâce et de la légèreté. C'est
un roman très culture juive. L'Américaine est touchante
par sa naïveté. Il y a un sens du dérisoire, un scepticisme
et pourtant la vie va. C'est une attitude très juive.
Agnès Desarthe
Au début, l'avalanche de noms différents est un clin d'il
aux écrivains russes ; quand on entre quelque part dans un
milieu nouveau on ressent cette espèce de désarroi, comme
parmi vous ce soir.
Le flou du temps et de l'espace fait partie du projet du livre. Quand
Jacqueline dit qu'elle ne reconnaît rien, c'est un bon départ.
Ce livre est né de ma situation familiale, ma mère juive
de Russie (ashkénaze) et mon père juif de Libye (sépharade)
sont très différents du point de vue culturel, folklore,
traditions, ce ne sont pas les mêmes prières, le même
accent en hébreu, etc.
Ils ont des difficultés à vivre ensemble, aggravées
par le fait que les Juifs d'Europe centrale ont été décimés
par la Shoah, il y a incompréhension et complication énorme
de partage et d'identité. Je suis l'enfant de cette incompréhension
et j'ai voulu faire un livre sur l'identité juive au-delà
des Ashkénazes et des Sépharades.
Quand j'ai commencé ce livre il n'y avait que Violette du début
à la fin, puis un jour quelqu'un a frappé à sa porte
et Hortchak a surgi ! Tous ces personnages sont des intrus.
Une fois terminé, je l'ai donné à lire à mes
parents comme objet de réconciliation : évidemment,
ma mère pleure ! Quant à mon père : il
y a un bug, il est mortifié ; il ne comprend pas, j'ai mélangé
des choses qu'on n'a pas le droit de mélanger, il ne se retrouve
pas là-dedans.
Jacqueline a parlé de transmission, en effet c'est pour moi un
projet de transmission, Orthchak transmet, Sonia transmet après
sa mort, le thème, c'est la transmission.
Françoise O : C'est plutôt la difficulté dans
la communication.
Agnès Desarthe : La transmission comprend la communication,
mais c'est plus large. Le roman est parti d'une histoire que m'avait racontée
ma grand-mère libyenne ; ces histoires ont toujours une morale.
C'est l'histoire de la petite mère la boue : une pauvre mère
au foyer qui a beaucoup d'enfants, un mari, et qui passe ses journées
en tâches ménagères. Elle en a marre et se fabrique
une petite poupée en terre " Petite mère la boue "
qu'elle cache dans un coin et à qui le soir elle raconte sa journée.
Du coup, elle se sent beaucoup mieux à l'idée que le soir
elle pourra raconter ceci et cela à sa poupée ; jusqu'au
jour où allant la retrouver le soir, la poupée a disparu
et à la place il y a un tas d'asticots grouillants. La leçon,
c'est que la morale, si on ne la transmet pas, tue. Cette poupée,
c'est le golem. Faire voyager cette poupée libyenne vers un shtetl,
c'est ça le flou.
En ce qui concerne la folie de Violette, je n'ai pas la même conception
de la folie que beaucoup de gens, je ne considère pas que Violette
est folle, n'importe qui faisant une dépression peut faire un séjour
en HP et prendre des médocs, et n'est pas fou pour autant.
Violette n'est pas un porte-parole, ni n'a de thèse à défendre.
Liliane : Pourquoi la plupart des femmes écrivains créent
dans leurs livres au moins un personnage de femme " folle " ?
Agnès Desarthe : Écrire rend fou, c'est la raison.
Ecrire ça met en danger, ça met en branle des processus
psychiques, surtout pour les femmes car c'est socialement compliqué.
Les sentiments de fragilité, de danger, de menace, de l'hallucination
sont très partagés. Pour écrire n'importe quelle
histoire, il faut techniquement qu'il y ait un élément critique,
s'il n'y a pas crise, il n'y a pas de dénouement, pas d'histoire.
Dans l'écriture, je me sens illégitime, ou avec une légitimité
mineure, je prends mon courage à deux mains pour écrire,
j'invente une histoire pour avoir envie de savoir ce qui va se passer.
Claire : Votre projet c'est construire cet impossible contexte,
ce no man's land entre deux cultures juives. Mais pour autant le projet
fabrique-t-il une histoire ? Vous semblez dire que le roman est plus
l'histoire d'une écriture que l'écriture d'une histoire
(comme on disait à l'époque du nouveau roman).
Agnès Desarthe : Le procédé, c'est très
important, c'est fondateur, on est entre écrire une histoire et
l'histoire d'une écriture, les deux marchent ensemble. Par exemple
chez Beckett, il y a quand même une histoire. Cette déconstruction
du nouveau roman c'est une manière de ne pas se mouiller.
Quand Sonia décolle dans le fantastique je ne l'avais pas prévu ;
quand elle est morte ça m'a rendue triste et je me suis souvenue
de... (Sniper ?) : dans la littérature comme dans les rêves,
la mort n'existe pas, donc j'ai pris cette liberté, car je n'avais
pas envie que Sonia disparaisse. Dans ce cas, le lecteur je m'en fiche,
je ne sais pas qui c'est, je ne peux pas m'en occuper. Quand je suis allée
voir mon éditeur, il m'a dit c'est épatant mais le lecteur
ne va pas aimer que Sonia revienne après sa mort, j'ai dit je refuse
de couper ça, je préfère ne pas publier le livre ;
et finalement j'ai eu le prix du livre Inter et quand les lecteurs écrivent,
c'est toujours au sujet de Sonia qui revient, c'est ça qui leur
a plu, qui les a marqués.
Des questions sur les lettres qui brûlent dans le tiroir d'Irina :
les avait-elle envoyées ? A-t-elle fait du chantage ?
Agnès Desarthe : La fin est décevante délibérément,
c'est voulu, tromper et s'arranger pour que personne ne soit dans la maîtrise.
Il y a une perte de sens à la fin qui est volontaire, je ne voulais
pas résoudre l'énigme.
Françoise D. : Quel livre vous nous recommanderiez ?
Agnès Desarthe : Une Année à la campagne
de Sue Hubbell. C'est un récit de vie.
Françoise O (après la soirée par courriel)
Je regrette de ne pas avoir gardé la parole plus longtemps pour
défendre Violette et le livre :
- Violette, dans sa robe rose à fleurs, à flanc de
coteau, qui, de rêve en rêve, voit la silhouette inconnue
qui s'approche, qui crie sans voix et qui enfin annonce la mort du Père
et la violence terrible de sa réaction la culpabilisant à
jamais,
- Violette, face à l'absence du corps de son mari mort, ce
corps étant pourtant quelque part.
- Violette qui par contre a vu "la petite forme rouge"
de son enfant perdu
- Violette face à la réalité du cercueil de
sa Mère dans la terre.
Je pense que Violette n'est pas folle, mais submergée (comme la
vague qui détruit le château de sable) par la succession
de blessures, elle fait front dans la fuite.
J'ai beaucoup aimé ce livre.
Mon
Je n'ai pas réussi à entrer dans ce livre et me suis arrêtée
à la page 89, sans arriver à croire aux personnages. C'est
bien écrit, en petites phrases " minutieuses ",
mais cette minutie et celle des relations et des sentiments m'agacent.
Pourtant à la suite de la discussion, je crois que je vais lire
complètement ce livre avec une approche différente.
Jessica
En lisant ce livre, je me suis demandé si chacun pouvait cacher
un secret sans importance et quel pouvait-il être chez mes proches ?
Et quant à savoir leur importance à ces secrets... c'est
tellement subjectif... à réfléchir. Bref, j'ai beaucoup
aimé, Sonia, Violette, Émile et Dan, autant de personnages
en l'apparence si simples et pourtant si denses. Médaille pour
Violette, sensée dans sa folie, parfois.
Tranches de vies, tranches de secrets avec ou sans importance.
Vraiment, j'ai beaucoup aimé : c'est un petit livre (sans
importance...) qui vous glisse entre les mains et qui vous tient (et qui
prend toute son importance...). C'est un livre que je conseillerai volontiers.
Sans savoir encore trop pourquoi, il m'a permis de relativiser certaines
choses de ma vie.
Lil
Première lecture décevante... Je trouvais cependant l'écriture
aisée, les personnages bien campés et je ne comprenais pas
pourquoi cela ne fonctionnait pas.
Seconde lecture passionnante... Tous les indices dont fourmille le texte
(trop nombreux pour que l'on s'en souvienne au premier contact) prennent
sens et saveur. J'ai aimé cette façon de traiter les sacs
à dos familiaux que chacun reçoit en héritage et
qui formatent plus ou moins nos vies.
Ce livre, finalement trop dense, traite de grands sujets : la condition
féminine, la maladie, la mort (mort de Sonia très émouvante),
la mère/la famille, l'éternel masculin, l'amour/le désir,
la folie et l'histoire du peuple juif. Le personnage de Violette m'a été
éminemment sympathique et m'a beaucoup touchée.
Bref, je ne regrette pas du tout cette seconde lecture. Cependant, il
doit y avoir dans cette contrainte, à y revenir, la preuve que
ce livre n'est pas tout à fait réussi. Ça ne fait
rien : je maintiens les trois-quarts.
Nicole
Ce livre m'a posé un problème. J'en ai aimé l'écriture,
certains personnages, certaines scènes, mais pourtant je me suis
ennuyée. Peut-être est-ce l'abondance d'indices qui gêne
la relation entre les personnages.
J'ai beaucoup aimé les dialogues décalés, la scène
du retour à la maison en état d'ivresse encore en décalage
avec la mort de Sonia, et le départ de Violette. Violette, mon
personnage préféré, que j'ai imaginée peinte
par Chagall.
C'est le premier ouvrage d'Agnès Desarthe que je lis, il m'incite
à en lire d'autres.
Marie-Thé
Pour moi, ce livre cest... de la psychanalyse, un cheminement ;
cest comme un rébus, à « décoder »...
Les relations avec la mère, la peur de lamour (physique),
de la faute et de la punition, tout cela tourbillonne dun personnage
à lautre... Et pour clore, planant au dessus de tout, cette
pensée magique.
Il ma semblé que dans chacun des personnages se trouvait
un peu de lauteur.
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