Françoise H

Pour mon portrait de lectrice, je botte en touche jusqu'à Lima, la capitale du Pérou…
Lima a la réputation d'être "la ville la plus triste du monde" à cause de son ciel continûment gris qui ne fait rien ressortir.
J'y ai passé une dizaine de jours, il y a quelques années.
Dans le centre-ville, il y a pourtant une superbe façade en pierre peinte en blanc et jaune. C'est la Casa de la literatura peruana. A l'entrée, il y a un somptueux escalier digne d'un musée des Beaux-arts. Ensuite, on se retrouve dans une immense salle entourée de colonnes antiques surmontée d'une superbe verrière art déco. Dans cette galerie, sont exposés les portraits, les extraits d'œuvres, les biographies d'écrivains indiens, espagnols, créoles et péruviens. L'immeuble est majestueux. Vous devez imaginer une gare d'Orsay consacrée à la littérature...
A Lima, depuis quelques années, on organise aussi dans un café du centre-ville des Luchas libros. Ce sont des défis littéraires qui prennent la forme de matchs de catch, sport très populaire là-bas. Dans le café, il y a un ring éclairé par un gros projecteur. Deux joueurs s'y installent, chacun à sa table avec son ordinateur. Chacun porte un dossard et un masque de catcheur. Une bimbo circule dans l'assistance avec une pancarte qui annonce le mot tiré au sort. Le texte qu'ils improvisent à partir de ce mot s'inscrit au fur à mesure sur un pan de mur. C'est lu par le public qui est attablé et qui discute en sirotant son verre.
Un jury départage les deux écrivains et le vaincu en signe de respect enlève son masque et salue le vainqueur !
La littérature pour moi, c'est un havre de paix dans lequel je me confronte à plus fort que moi…

Novembre 2016

 

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