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Suite
de l'avis de Claire
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L'écriture
m'a constamment séduite, avec des temps forts : les portraits par
exemple, celui du grand-père ("Il
vécut vieux, mais vieillit à peine."),
les mots qui laissent à penser : "Certains
arrivent vieux à l'école ; ;
c'est qu'ils l'étaient déjà avant, peut-être
même étaient-ils vieux dès leur naissance. Parmi ceux-ci,
il en est qui ne rajeunissent absolument pas pendant leur scolarité,
tandis que d'autres se départissent peu à peu de leur
grand âge et remontent pour ainsi dire le cours des années.
Pour ces derniers, plutôt rares, Witz devait être le professeur
idéal. Il en est d'autres à qui l'école pèse
tant qu'ils y vieillissent rapidement ; et le fardeau leur paraît
si lourd, et leurs progrès sont si lents qu'ils se cramponnent
de toutes leurs forces à l'âge ainsi gagné et ne le
perdent plus jamais. Enfin, il y a ceux qui sont vieux et jeunes à
la fois ; vieux par leur acharnement à se raccrocher à
tout le saisissable, une fois qu'ils l'ont saisi ; jeunes par leur
ardent désir de nouveauté. Je devais faire partie de cette
dernière catégorie et c'est sans doute la raison pour laquelle
j'étais ouvert à l'influence des professeurs les plus différents." Retour à l'avis suivant sur La langue sauvée de Canetti |