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Mo Yan
Grenouilles
Beaux seins, belles fesses
La Joie
Le Chantier
Le Maître a de plus en plus d'humour
La Carte au trésor
L'Enfant de fer
Le Radis de cristal
Le Clan du Sorgho
Nous avons lu cet auteur pendant l'été
2013, groupe parisien et groupe breton.
Le groupe parisien se retrouve
le 6 septembre 2013
Annick L
Jai découvert un auteur, jai adoré, jai
été séduite, conquise. Jai commencé
par Grenouilles
et je viens de terminer Beaux
seins, belles fesses.
Grenouilles me semble un livre accompli, alors que Beaux seins,
belles fesses tire en longueur, je nai pas compris la fin ;
cest une épopée historique, la figure de la mère
est extraordinaire, cest un auteur très fin, pas manichéen.
Avec Mo Yan, on se retrouve en Chine populaire, dans une comédie
humaine, avec des personnages incroyables. Cest très concret,
pas épuré comme jimaginais la littérature chinoise.
Cest une écriture concrète, voire triviale, avec des
envolées dans limaginaire, les croyances, les superstitions.
Mo Yan ma procuré des émotions littéraires.
Jen lirai dautres.
Jacqueline
Javais lu Beaux
seins, belles fesses et je lavais complètement oublié.
Il y a quelque chose de Rabelais dans lécriture.
Jai lu La
Joie, petit roman, avec toujours cette espèce de mélange
de merveilleux et de cru. On est à la campagne, cest pas
gai !
Et puis
Le chantier, on est aussi à la campagne, cest
très bien construit, on est dans le réel, il y a des flashs
de souvenirs, cruels, atroces, des détails crus. Jai du mal
à dire "jaime" : ça bouleverse, et
il me reste une impression très forte ; cest vraiment
de la littérature.
Jai lu aussi
Le maître a de plus en plus dhumour. On ne sait jamais
de qui il se moque.
Annick A
Jai lu La
Joie : il y a une misère sans nom dans les villages.
Il est et nest pas le héros. Il est spectateur sur lui-même.
Lécriture est fabuleuse. Il ose aller au bout dun fantasme.
Il y a des descriptions magnifiques des cinq sens (Annick lit un passage).
Je suis fascinée par lécriture et laudace.
Grenouilles :
cest plus soft, linéaire. Un portrait magnifique dune
femme aliénée au Parti. Ambivalence de lauteur ?
Ambivalence dans le pays ?
Monique
En le posant et en le reprenant jai lu
Le chantier et Grenouilles.
Jai eu une collègue qui avait connu la politique de lenfant
unique : cétait une honte dêtre enceinte.
Dans le livre, les ouvriers ont des conditions de vie très difficiles,
le pouvoir est imprévisible, ils nont aucune prise sur rien.
Il parle beaucoup des chiens : animaux ramenés à leurs
instincts les plus cruels... Cest duraille ! Les pires cauchemars
de la détresse humaine. Lauteur est problématique...
Je narrive pas à apprécier lécrivain.
Françoise
Jai dabord lu Beaux
seins, belles fesses, et cest moi qui ai proposé
Mo Yan.
Puis quand il a été décidé de le lire pour
lété, jai lu aussi Le
maître a de plus en plus dhumour, Grenouilles,
La
carte au trésor.
Mais pour moi Beaux seins, belles fesses est son chef-duvre.
Cest une uvre immense tant au regard de lhistoire de
la Chine, que de cette épopée avec des personnages incroyables
(mais on y croit), des portraits saisissants. Lécriture très
réaliste, truculente (voire vulgaire), suggère encore plus
quelle ne décrit. Il y a humour, cruauté, causticité,
et je pense quaprès cette lecture on comprend mieux la société
chinoise, sa dureté. On nimagine pas tout ce que ce peuple
a subi, pendant des siècles ; ça marque profondément
les mentalités évidemment. Cest une découverte
et un auteur important.
Mireille
Que va-t-il faire après avoir eu le Nobel ? Jai lu Grenouilles :
très bien construit, un peu fantastique, dur. Cest écrit
sous forme de cinq lettres et une pièce de théâtre.
Il y a une hiérarchisation dans les villages, même dans les
écoles... La famine omniprésente, le planning familial :
les femmes sont avortées jusquà 7 mois, elles meurent,
et les enfants nés malgré tout nont pas didentité.
Jai été gênée par le fait quà
la fin lavorteuse se repend : ambivalence de lauteur ?
Jai cherché le point de vue.
Jai lu aussi Lenfant
de fer : les enfants mangent du fer, cest poétique
et dur.
Claire
Je suis allée en ordre croissant du nombre de pages : dabord
Le
maître a de plus en plus dhumour, puis Le
radis de cristal, Le
clan du Sorgho, La
carte au trésor, Le
chantier.
La diversité ma plu avec des constantes : des horreurs,
la violence (les gens sinsultent), la nature-les sens-les images-même
dans lhorreur la beauté se glisse, des effets de narration,
de glissements de temps : par exemple le narrateur raconte laccouchement
de sa mère, dans La carte au trésor, le narrateur
est étouffé par la logorrhée dun personnage
qui envahit le livre de son je. Lhumour en arrière-plan,
ou une distance équilibre les horreurs. Je nai pas eu le
courage dattaquer Beaux
seins, belles fesses de par son volume...
Lorsquil a eu le prix Nobel, un reportage dans sa terre natale,
à Gaomi là où il habite, permet un rapprochement
inattendu avec Annie Ernaux et son Yvetot (dont je recommande son dernier
livre Retour
à Yvetot) : Gaomi, cest "sa mythologie,
son royaume littéraire" (Brice Pedroletti, Le
Monde du 3 novembre 2012).
Brigitte (avis transmis)
J'ai lu deux livres de Mo Yan Le
chantier et Grenouilles
c'est un peu long mais j'ai appris énormément de choses
sur la façon dont le peuple rural chinois a reçu le communisme,
le planning familial sur la famine, etc. Il y a quelques beau passages
notamment la chasse au chien dans Le changement tiers. On
approche vraiment tout un monde avec cette description de la Chine.
Je regrette de ne pas pouvoir être avec vous.
Compte rendu
de la séance bretonne du 27 septembre 2013
Étaient excusés : Chantal, Jackie, Jean-Luc
et Odile.
Bienvenue à nos deux "petites" nouvelles : Edith et Suzanne.
Accueil arradonais, toujours aussi chaleureux, de Claude
et Yves, pour cette rencontre chinoise autour du nobélisé
MO YAN (= celui qui se tait !).
LISTE DES LIVRES LUS (11 lectrices)
- La belle à dos d'âne
suivi de La femme au bouquet de fleurs (cotes d'amour :
1/4 et 1/4)
- Beaux seins, belles fesses (cotes d'amour : fermé,
1/4, 3/4, 3/4)
- La mélopée de l'ail paradisiaque (cote d'amour
: ouvert en entier)
- Le maître a de plus en plus d'humour (cotes d'amour
: 1/2, 1/2)
- Le radis de cristal suivi de Déluge (cotes
d'amour : fermé, 1/2, ouvert en entier)
- Le chantier (cotes d'amour : 1/4, 3/4, ouvert en entier,
ouvert en entier)
- Le veau suivi de Le coureur de fond (cote d'amour
: 1/2)
- Le pays de l'alcool (cote d'amour : 3/4)
- L'enfant de fer, nouvelles (cotes d'amour : 3/4, 3/4) |
Merci à Nicole qui, désormais, se charge,
à chaque rencontre, de nous faire une synthèse de la biographie
de l'auteur et de son uvre.
CE QUE NOUS AVONS AIMÉ
- l'omniprésence de la nature si joliment décrite (avec
personnalisation de cette dernière), tous sens en éveil.
- une belle écriture, très agréable à lire,
aux registres variés (passant de l'élégance à
la vulgarité - florilège d'insultes !). Récits colorés,
baroques dont la transcription cinématographique serait aisée.
Du rythme, du suspens entretenu avec rebondissements. On y retrouve, parfois,
l'univers du conte. Un plaisir de lecture !
- des portraits extrêmement bien réussis : personnages très
présents, vivants, bien réels.
- une imagination débordante, foisonnante ... rêve, féérie,
poésie ...
- l'humour, l'ironie, le comique de certaines situations.
- l'émotion : Yo Man passe de l'extrême cruauté à
la tendresse, offre une palette variée des comportements et sentiments
humains.
- le portrait de la société chinoise sous la dictature de
Mao : sans porter de jugement - sans prendre parti - ce qu'on lui a beaucoup
reproché, il donne à voir avec une grande précision
et sans retenue, la vie quotidienne des Chinois sous le joug communiste.
Il décrit l'absurde, les incohérences, l'injustice, le mensonge,
la manipulation, la trahison, la veulerie, l'hypocrisie, le ridicule,
la peur, la faim, la priorité du groupe sur l'individu (descriptions
de foules, angoissantes) ...Il montre combien la dictature est un révélateur
des vertus ou bas-instincts de chacun et comment les relations sont faussées...
un documentaire historique ...
- l'image positive des femmes
- la politique de l'enfant unique, avec prise de position ouverte dans
la nouvelle "le bébé abandonné"
- réflexion sur la littérature (in Le pays de l'alcool)
- l'univers fascinant et terrible de cette Chine, écrasée
par les traditions et l'obscurantisme.
CE QUE NOUS N'AVONS PAS AIMÉ
- des symboles bien obscurs, parfois.
- certains récits trop foisonnants et compliqués, difficiles
à suivre...
- quelques nouvelles sans fin...
- le sens et l'objet du récit n'apparaissent pas toujours clairement
- des images bizarres, totalement décalées en français :
problèmes de traduction ?
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Nos cotes d'amour, de l'enthousiasme
au rejet :
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à
la folie
grand ouvert
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beaucoup
¾ ouvert
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moyennement
à moitié
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un
peu
ouvert ¼
|
pas
du tout
fermé !
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