Rosetta Loy
Cœurs brisés

Mercure de France

Françoise O
Je viens de me faire opérer de la cataracte et l'ophtalmo craint pour mon œil les virus !!! Interdiction de prendre les bus, les métros, et pas de réunion de Noël avec vous !!! Quant au livre, je n'ai, bien sur, pas dépassé l'introduction. Impossible de me jeter dans cette horreur... J'avais déjà lu Rosetta Loy alors je me console en lisant avec bonheur Noir est l'arbre des souvenirs, bleu l'air.

Rozenn
J'ai beaucoup aimé ce livre. Il m'a secouée. Effectivement il peut être lu comme un conte - seulement pour frémir. Et après le premier je me suis dit je ne lis pas le deuxième c'est trop et puis c'est comme les chocolats je me dis que je ne devais pas, que ce n'est pas bon pour moi mais c'est impossible d'arrêter. Et comme les contes ce livre peut être très instructif.
Dans un sens - en plus fort - il m'a fait penser à Matin brun. Je suis perplexe sur l'écriture, il faudrait le relire, pourquoi est-ce si efficace : la pseudo distance ? Les détails donnés à lire comme des évidences ?

Manu
J'ai aimé l'introduction, la présentation du projet. Les nouvelles sont extraordinaires. C'est la chronique de la bêtise humaine avec le racisme, la jalousie, les préjugés... L'écriture est remarquable : la traduction excellente. On entre dans ces contes avec horreur. La référence aux contes " classiques " est pertinente.

Muriel
J'ai trouvé ce livre très bien mais je ne saurais détailler pourquoi. Le livre est très bien écrit. La remarque " Il y avait des micros au pays du chocolat ? " explique tout. Dans la première nouvelle, c'est plus appliqué, c'est dommage. Dans le premier conte les motifs des jeunes ne sont pas très explicites, dans le second, on comprend mieux le motif des crimes. C'est très amusant le personnage de la femme de ménage anti-poussière.

Annick
Je n'ai pas du tout aimé. Je n'ai pas aimé l'écriture. J'ai lu d'autre livre du même auteur qui ne m'ont pas plu non plus. Serait-ce mal traduit ? Quand Emmanuel Carrère écrit sur un fait divers, c'est passionnant.

Françoise M
J'ai été heurtée dès le début car c'est très dur. J'ai quand même terminé le livre. L'écriture est agréable avec une grande économie de moyens. Finalement, j'ai beaucoup aimé.

Brigitte
Chaque année, on lit des contes... Cette année vous avez été bien inspirés. Comment se fait un conte ? C'est très intéressant de voir comment se fait la littérature, la création littéraire à partir d'un fait divers. L'introduction montre la fascination de l'enfant. Je trouve que c'est une belle réussite. La question sexuelle est au nœud du drame. Dans le premier conte, les amoureux tuent. Dans le second conte, les amoureux sont tués. L'auteur souligne la grande naïveté des assassins, leur immaturité et leur imbécillité égoïste. Ils ont une incompétence et une infirmité à ressentir ce que vit l'autre. Au-delà de la morale, ils n'ont pas conscience de l'existence de l'autre. Florence Aubenas donne une autre image de la femme de ménage. Les contes sont merveilleux mais les faits divers ne le sont pas. Écouter des contes permet de dépasser l'archaïque. Ce livre est un prisme.

Jacqueline
J'ai beaucoup aimé l'introduction. Rosetta Loy m'embarque quand elle parle de ses souvenirs de contes. Les vrais contes (ceux qui ont attachés à une traduction orale). Quand elle cite Hoffmann, c'est beaucoup plus construit. Ce sont des contes moralisateurs. Par exemple l'histoire de l'enfant dont la main est coupée. J'aime l'absence de jugement, ce regard. On ne sait absolument pas quelles sont les motivations de ces jeunes. J'aime ce livre qui interpelle le lecteur. Il y a un vrai talent d'évocation. Rosetta Loy fait mieux passer ces histoires que Dany Laferrière. Est-ce qu'un conte doit- être forcément moral ?


Françoise D
J'avais adoré Madame Della Seita aussi est juive. Cœurs brisés est très bien écrit, ça passe bien. L'introduction est très importante car elle explique sa démarche. Les contes pour enfants se terminent bien, alors que les faits divers se terminent en drame. La façon qu'elle a de nous emmener dans ces histoires atroces est magistrale. Il y a une fascination. On se demande ce qui motive des gens. Elle a un regard du type " faites entrer l'accusé ". On n'aimerait chercher des explications à ces histoires comme pour l'affaire Roman (Emmanuel Carrère). Elle a un grand talent pour rendre quelque chose qui n'est pas concis.

Monique
Je suis d'accord avec tout ce qui a été dit : c'est court, clair et percutant. Mais ce livre m'a déçue. J'ai travaillé avec des parents ayant tué leurs enfants quand elle j'étais éducatrice. Ce qui est intéressant dans ce livre, c'est le côté fait divers. Les descriptions sont détaillées. Ici, ça n'apporte rien. Ça m'a fait penser à Marguerite Duras : L'amante anglaise. Marguerite Duras essaie de capter au plus près la difficulté de vivre. Ici, on ne trouve pas du tout cet aspect. Je n'aime pas la partie associée aux péchés capitaux. Elle fait toujours porter la criminalité sur la femme... Est-elle misogyne ? Dans les années 80, on trouvait ce genre de misogynie. J'ai été gênée par rapport aux contes car ce sont quand même de vraies histoires. Elle annonce de fait ce qui va se passer, ce qu'on ne trouve pas dans les contes.


Jacqueline
Elle ne fait aucune place à l'autre. Il y a une vraie misère sociale.

Monique
On trouve parfois " des grandes claques racistes ".

Claire
J'ai énormément aimé. Je suis sensible à la démonstration de création littéraire. Ça m'a plu, même si c'est atroce. Pourquoi cette écriture est-elle si différente et nous chavire tant ? Peut-être l'humour noir, la distance. Dès l'introduction quand elle parle des images qui l'ont frappée dans son enfance et qui restent présentes à l'intérieur d'elle-même. Les listes ajoutent à cet univers : " le pays du chocolat, l'herbier ".

Annick LJ
J'ai trouvé ce livre remarquable. J'ai aimé l'introduction. C'est une bonne idée pour Noël. On retrouve la même cruauté dans tous les contes, où les personnages sont très à plat (sans psychologie). J'aime de plus en plus les auteurs qui écrivent à l'épure. Ce travail de simplification est remarquable. Comment fait-elle pour que son écriture soit aussi efficace ? Elle ne parle pas des motivations. Elle déplace tout le temps la caméra, change de focale... Est-ce la source de cette efficacité ? C'est un livre très visuel.

Claire
C'est la même chose pour les décors.

Monique
Ce livre fascine parce qu'il s'agit de faits divers

Annick LJ
La motivation du lecteur, c'est la fascination morbide pour le mal.

Muriel
Vos voisins vous gênent et là quand on ne les aime pas, on les tue ! Dans la vie normale, on se contente de les éviter.

Annick LJ
C'est très bien fait, mais ce n'est pas un chef d'œuvre.

Les Bretons
Chouchoutés par Clo et Yves, revigorés par le champagne de Marie-Thé, nous avons pu aborder Cœurs brisés en toute sécurité, nous interrogeant sur les motivations de nos amis parisiens qui ont eu le front de nous filer ces horreurs en guise de conte de Noël...
Les six lecteurs ont tous reconnu une qualité d'écriture mais qui ne parvenaient pas à donner au récit la force d’un conte (objectif de l'auteure). Nous nous sommes interrogés sur les motivations réelles de Rosetta Loy. Pour répondre à cette question, Claude, seule à défendre le livre (bien écrit, vraiment comme un conte, contexte historique intéressant), a lu trois autres livres de cette auteure (elle recommande : La marche de l'eau). Le thème semble récurrent et la raison se trouverait dans l'enfance de Rosetta. Affaire à suivre, donc !

Katell
Un petit message pour vous dire que j'aurais aimé être avec vous ce soir. Malheureusement, ayant Vivien (qui a quatre ans), ce n'est pas possible de venir et je le regrette fort ! Vous me manquez, je suis toujours le programme, vos échanges avec passion. J'ai lu (mais pas écrit d'avis !) : Klaus Mann, Comment faire l'amour avec un nègre..., vu (pas lu) Léon Morin prêtre. Je suis sur Oscar Wao, lu Purge et sur ma table de nuit Chronique des sept misères... C'est dire que vous contribuez à la nourriture spirituelle des mères de famille ! Rosetta Loy me fait envie...

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En 2001 et en 2005, deux faits divers bouleversent l'Italie.