Mikhaïl Boulgakov
Coeur de chien
Le Livre de poche
Jacqueline
Le début m'a beaucoup plu mais après l'opération,
c'est moins bien : c'est une pochade. Mais ça m'a bien amusée.
Renée
Je l'avais lu et je l'avais complètement oublié. J'aime
beaucoup l'humour. J'aime être dans le chien au début. J'ai
lu aussi Flush de Virginia Wolf. L'humour est délicieux.
J'ai aimé les incises comme "pensa-t-il..." J'ai aussi
aimé la description de l'opération. Le livre est très
grinçant, il parle du décervelage.
Annick A
Que dire sur ce livre ? C'est facile à lire. C'est original,
mais qu'en reste-t-il ? Il a été écrit en 1925
et on parlait déjà de greffes d'organes alors que ça
n'existait pas. C'est de l'anticipation scientifique. Il se pose le problème
de la manipulation du corps humain. Le personnage du chirurgien est ambivalent :
il est très anti-communiste. Il reprend le point de vue de Boulgakov
mais le chirurgien est très élitiste et très méprisant.
Il prend des positions de grand seigneur. Je ne suis pas de tout cur
avec lui. Le fin du livre laisse penser que les chiens sont meilleurs
que les hommes. C'est le chien qui devient un homme est en même
temps méchant... mais en même temps pas si méchant
que ça. Tout le livre est en demi- teinte.
Manu 
Le chirurgien Philipovitch m'a rappelé le personnage principal
du Docteur Jivago avec son problème d'appartement qu'il
faut partager. C'est un pamphlet courageux pour l'époque je pense.
J'ai beaucoup aimé le procédé et voir le monde au
travers des yeux du chien. De plus j'ai aimé les transitions de
narration du chien au narrateur puis aux autres personnages. Les voix
sont différenciées, les transitions sont subtiles. J'avais
essayé de lire Le Maître et Marguerite... mais je
le trouve trop long. Alors qu'ici, non.
Annick J
J'ai été gavée de romans pour la jeunesse et là
j'ai été surprise car le livre est très original
et m'a fait rire. Il y a de la rigueur, de l'énergie et de la mise
en scène dans la façon dont les personnages sont caricaturés.
Il y a beaucoup d'inventivité. Boulgakov savait regarder la société.
Chez les bolchevicks, on retrouve bien tous les traits de l'ancien pouvoir.
Il y a une réflexion éthique sur la création d'un
nouvel homme avec le regret et le désir de revenir en arrière.
L'écrivain est talentueux ; l'écriture est vive, alerte
et rapide. C'est comme dans du théâtre de boulevard :
les rapports avec les personnages secondaires. La scène de l'entrée
du chien dans la cuisine est remarquable. Et les bribes de chanson que
fredonne le professeur... Ce livre est très courageux. Boulgakov
est très audacieux dans sa description du peuple prolétaire
victorieux. Le chien qui devient directeur de la dératisation est
une idée extraordinaire. Les rapports entre le maître et
sa créature sont décrits de façon intéressante.
Le jeu dominant/dominé avec Bouboulov est très théâtral.
Françoise D
Je rejoins ce qui a déjà été dit. C'est un
livre courageux. J'ai aimé le début avec l'histoire du chien
mais ensuite ça s'essouffle, c'est grossier ; Puis j'ai décroché
lorsque Bouboulov prend le caractère de celui dont on lui a greffé
les organes. Il prend de l'alcool et il devient insupportable.
Annick L
Il y a une réflexion sur le sens de ce qu'il fait.
Françoise D
Ni l'écriture, ni la narration ne m'ont plu. Je me suis vite ennuyée
mais je reconnais que c'est un livre courageux. Une critique violente
de la société.
Claire
J'avais lu Le Maître et Marguerite. J'aime les animaux et
le début est surprenant. J'ai vite été arrêtée
par les interventions à la troisième personne au milieu
des monologues du chien. C'est loufoque. Très vite j'ai décroché
car pour moi ça ne tient pas la route. Si ça relève
de la BD, l'album est trop important. Les paroles d'opéra ne m'ont
pas fait rire... j'ai lu Flush de Virginia Woolf que j'ai adoré !
C'est très réussi. Dans la foulée des histoires d'animaux
qui s'humanisent j'ai été voir la pièce Kafka's
monkey où c'est un singe humanisé qui tient un discours
à l'académie. C'était passionnant, cette histoire
de Kafka..
Brigitte
Je n'aime pas les histoires d'animaux. J'avais lu de cet auteur Le
Maître et Marguerite et une biographie de Molière et
Morphine, l'histoire d'un jeune médecin. Je suis partagée :
j'étais contente de livre ne soit pas trop long. C'est une pochade.
Je n'ai pas été frappée par l'aspect de l'opération.
C'est un pamphlet pour raconter le choc de deux cultures différentes.
J'ai été en Russie avant la fin du monde communiste. Boulgakov
est un grand écrivain. J'ai également lu Flush :
c'est magnifique.
Olga
C'est intéressant d'écouter les opinions des gens de l'extérieur
car nous sommes partiaux. Le livre a été écrit en
1925 et n'a été publié seulement qu'en 1987. La vie
de Boulgakov est la vie de beaucoup d'intellectuels de cette époque.
Il a fait parti de ceux qui ont salué la révolution et qui
ont ensuite été déçus. Les belles idées
se sont résumées à partager les appartements. Le
livre est un symbole. En 1930, Boulgakov n'avait plus de travail ;
malade, il a écrit au gouvernement pour pouvoir quitter la Russie,
mais on ne lui a jamais accordé l'autorisation. Il a eu peu de
pièces mises en scène. Il est mort en 1940. Certaines de
ces phrases sont passées dans la langue des intellectuels.
Lona
Je ne suis pas vraiment rentrée dans ce livre ! C'est complètement
loufoque et déjanté ! Bien que... l'auteur aborde assez
bien la société soviétique et communiste et son organisation
du début du XXème siècle : classes sociales,
collectivisme, syndicats, flicages, délations, tribunaux populaires.
L'histoire de la greffe du chien/homme/chien est entièrement folle :
eugénisme, amélioration de la race, manipulations scientifiques ?
Faut-il y voir une image avant-gardiste de la chirurgie de transplantations ?
Je vais oublier cet auteur rapidement !
Webmaster |
Nous écrire
Accueil | Membres
| Calendrier | Nos
avis | Rencontres | Sorties
| Liens
|