Maryline Desbiolles
La Seiche
Manger avec Piero
Point Seuil
L'émission
de Renée sur Manger avec Piero.
Geneviève
J'avais entendu parler de ce roman lors de sa sortie et je craignais un
peu le côté " tour de force " :
tout un roman basé sur une recette de cuisine, sujet, qui, je l'avoue,
ne me passionne pas vraiment. J'ai donc beaucoup apprécié
et dès le début la légèreté et le charme
de ce jeu de digressions permanentes, sans qu'on n'ait jamais l'impression
de perdre le fil directeur. Tout part et tout nous ramène à
la nourriture mais aussi à la relation implicite entre la cuisinière
et ses hôtes : la nourriture et la cuisine, métaphores
de la mort et de l'amour. Ça pourrait être très prétentieux,
c'est au contraire très naturel. Je me suis vraiment sentie dans
cette cuisine, en train de rêvasser tout en m'activant, avec le
compte à rebours en filigrane, dans l'attente à la fois
espérée et crainte des invités. Donc, pour moi, une
vraie réussite, toute en finesse.
Katell 
Après avoir remué ciel et terre pour dénicher ce
fameux bouquin - entre nous je pensais " s'il est épuisé
et introuvable à la Fnac, c'est qu'il ne doit pas être bien
génial " - je l'ai eu entre les mains hier et il
m'est tombé des mains aussi sec. Aucun intérêt. Il
faut dire que je sors de Daewoo de François Bon et un petit
Le Clézio (relecture de Mondo et autres histoires) et j'ai
été CATASTROPHÉE de voir qu'on pouvait perdre son
temps à écrire de telles inepties. Je ne voulais pas perdre
le mien à en lire et j'ai attaqué aussi sec L'Eléphant
s'évapore, un recueil de nouvelles de Haruki Murakami (l'autre
Murakami), parce que je vais voir The elephant vanishes demain
soir à la MC 93 de Bobigny (pièce en japonais...). Bref,
en quelques mots, je me contrefous de sa cuisine et de ses pseudos souvenirs
enrobés de sauce pseudo littéraire. Ma vie n'est guère
plus intéressante. Je pense que l'émission de Renée
devait être plus audible que ce livre n'est lisible car la radio
se prête mieux à ce genre de légèreté,
entre les bruits de casseroles et les devoirs des enfants.
Béatrice
J'ai beaucoup aimé, surtout ces souvenirs qui émergent,
moins les images poétiques. Je n'ai pas trouvé Manger
avec Piero, la librairie ayant été dévalisée
après l'émission.
Sabine
J'ai lu une trentaine de pages : le projet est sympathique, ambitieux,
mais l'encre ne coule pas à flot comme je le souhaiterais
Marie-Christine
À priori en l'ouvrant, j'ai pensé que cela n'allait pas
m'intéresser, cette histoire culinaire. Et puis je suis tombée
sous le charme. Ce passage, très fluide, d'un temps à l'autre,
est très agréable, avec des effets de surprise. J'ai beaucoup
aimé des images, cette réflexion sur la nourriture comme
embellissement de la mort. Bref, une parenthèse de bonheur.
Liliane
Le début est tolérable dans la mesure où il y a une
certaine distance avec le sujet, la narratrice ne se prend pas trop au
sérieux, même s'il s'agit quelque peu d'humour de magazine :
" L'invention est un mensonge gratuit en somme ".
Quelques fragments sont plus écrits : " Je tranche
ses cheveux d'effroi et de lumière ", mais de là
à prétendre qu'elle (l'auteur) écrit des haïkus,
il y a un gouffre abyssal. A partir des deux tiers, j'ai fait de la lecture
rapide, saturée de toutes ces déclinaisons sur le ventre,
le trou, la bouche et leurs périphrases ... Je ne sais plus où,
la narratrice reconnaît qu'elle s'emporte un peu trop dans le bavardage...
Comme diraient élégamment les ados, ça me saoule.
Je laisse le livre fermé, restons sobres.
Claire
Renée, suite à son émission, m'avait parlé
de la Desbiolles, " très douée, et très
rigolote (je déteste très douée, je dirai plutôt
inventive frénétique et culottée " :
un avis motivant. Christine et Monique qui ont proposé le livre
étaient très convaincantes. Quand j'ai lu l'avis de Katell,
je m'en suis sentie proche. En dépit de mon a priori favorable,
j'ai très vite perdu tout intérêt, en raison notamment
du procédé systématique. Sur ces entrefaites, j'ai
écouté l'émission de Renée, cette nana (Desbiolles)
est très sympa et totalement inintéressante. Dans une interview,
L'Humanité l'interroge sur son dernier roman et la qualifie
de poète et de romancière en lui demandant ce que son roman
doit à la poésie. La réponse donne une idée
de l'inintérêt qu'elle est capable de susciter : " Je
crois que ces deux activités ont de plus en plus tendance à
converger. Je m'autorise cette symbiose pour essayer d'aller au point
de tension extrême des choses, à l'endroit où elles
sont au plus haut point de leur effervescence ". Ce n'est pas
pour vous captiver
..
Françoise
À la page 121, j'ai jeté l'éponge ! trop long !
L'auteur aurait dû appliquer son conseil de la page 12, " taisons-nous
de grâce ". J'ai bien aimé quand elle parle de
la cuisine et de la préparation des seiches farcies proprement
dites, mais que de bavardage ! Ses digressions ne sont pas toujours
bienvenues : barbichonnantes (p.99, sur la peinture, je n'ai pas
compris ce que ça venait faire là), voire déplaisantes :
p.47, couplet misogyne, après le préambule " j'aime
les femmes, mais
" (comme le bien connu " je
ne suis pas raciste, mais.. "), suivi d'une litanie contre Les
Femmes et pas seulement celles de ses invités, qu'elle préfère
évidemment ; p.59, une phrase très obscure (pour moi) :
" Désormais l'inconvenance qu'il y aurait eu à
distinguer ainsi une élève s'était évanouie "
????? Ecriture trop alambiquée !
J'ai préféré Manger avec Piero, plus court,
plus cohérent, avec pour fil conducteur la Toscane, la nourriture
et Piero della Francesca, c'est moins " gavant " et
ça suffit largement. Je n'ose imaginer ce que pourrait être
un récit plus long (que La Seiche). Mais elle doit le savoir
car tous ses livres sont assez courts, me semble-t-il. J'ouvre ¼
pour La Seiche, ¾ pour Manger avec Piero.
Jacqueline
Très agréable. J'aime les sensations, les odeurs. Mais qu'en
reste-t-il ? La cuisine, ça m'affole. Je ne fais pas de seiche.
Elle donne une impression de facilité, c'est intéressant.
La brûlure, c'est extraordinaire, on ne sait pas si c'est une histoire
vraie ou fantasmée. Les souvenirs qui échappent, intéressant.
Je suis séduite, mais ce n'est pas un grand livre.
Monique
Je l'ai lu il y a 3 ou 4 ans. J'avais beaucoup aimé. Je l'ai relu
en partie, en prenant un chapitre au hasard : ça marche. J'aime
aux ¾ car ce n'est pas un grand livre. Ce qu'elle fait est difficile.
Tout ce qui peut passer par la tête quand on cuisine. C'est un tour
de force, même si on peut penser que c'est un exercice. Elle rend
l'esprit qui n'a pas de contrainte, comme quand on marche. C'est de la
déambulation, ce coq-à-l'âne. Cette reconstitution
est très difficile à faire. Moi ça ne me gave pas.
Qu'on passe des rondelles à une histoire d'amour est formidable.
C'est un condensé de la vie. J'ai été convaincue.
Je n'ai pas vu d'artifice. Elle est libre, drôle. Tout ce qui est
de la bouche et de la langue est intéressant. Je trouve formidable
d'associer ce qu'on fait dans la cuisine et ce qu'on fait avec les mots.
Christine
J'ai aimé pour les mêmes raisons il y a 5 ans. Je l'ai relu
entièrement avec le même plaisir. Je cuisine beaucoup et
me suis retrouvée dans ce passage de l'enveloppe au farci. Quand
on cuisine, le fil des pensées est interrompu par les actions.
Je ne la trouve pas drôle, mais triste même. Elle dit des
choses très profondes. J'aime l'avancement, les odeurs, les bruits,
la façon d'écrire m'enchante. Et le toucher : j'aime
bien mettre les doigts dans les lentilles. L'écriture est souple,
beaucoup travaillée. J'aime bien que chaque chapitre commence par
la seiche. Les réflexions sur les invités sont intéressantes,
l'appréhension de rater, ça se passe comme ça, c'est
dit de façon très belle. Je n'ai pas aimé la fin,
les 5 dernières pages sont ratées, les 121 précédentes
sont réussies.
Brigitte
Tout ça, ça y est mais ça n'a pas marché pour
moi. La première page m'a plu. Je n'ai jamais réussi à
entrer, ça ne m'atteint pas. J'ai fait l'effort de tout lire, mais
ça m'a barbée. Le projet m'a-t-il gênée ?
Ou l'écriture ? Je ne suis pas d'accord sur la vierge enceinte,
car il y en a plusieurs au Portugal. J'ai lu Manger avec Piero,
mais les images me manquaient. " Le risotto.. " m'a
barbée. Je comprends ce que vous dites, mais sans comprendre pourquoi
ça ne me plaît pas. J'ouvre un quart parce qu'elle a travaillé.
Anabelle
Je suis venue par curiosité pour savoir qui pouvait aimer. Je suis
dans le camp des non. L'écriture ne m'a pas retenue, ça
me tombe des mains, les dernières pages, quelle bouillie !
Il y a de bons passages sur la panique de la cuisine. Je suis quand même
contente de l'avoir lu.
Dawn
Je lai lu La Seiche dans un bar à vins. Cela ma
fait beaucoup rire. Je repense à Desbiolles en allant à
la banque.
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