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Zadie Smith
Sourires de loup
folio
Katell
Je suis très embêtée pour ce livre. C'est le genre
que j'aurais aimé aimer. Je l'avais pris à la bibliothèque
au moment de sa sortie (il y a deux ans ?) et j'avais abandonné.
Quand je l'ai repris, je ne me souvenais que du suicide manqué.
Pourtant, je me suis rendu compte que j'avais été jusqu'à
la page 350. Et je ne me souvenais de rien ! C'est tout le problème.
L'écriture est sympa, la narration agréable, les histoires
s'enchaînent. Mais pourquoi cette impression d'inconsistance ?
Les personnages ne sont pas bien campés, ils manquent de profondeur.
Zadie Smith en prend un, il lui arrive des choses, mais tout reste en
surface. Par exemple, l'histoire de Samad et Poppy Burn-Jones. Aussi vite
racontée, aussi vite oubliée. La jolie rousse est un personnage
qui traverse quelques chapitres. Pourquoi ? Qu'apporte cette relation ?
Je n'ai pas saisi. Idem pour Clara et son arrivée spectaculaire,
son enfance. Ensuite, aux oubliettes au fond de sa cuisine. Tous ces rebondissements
ne font pas un bon livre. On peut penser qu'il y a la problématique
de la croyance (les Témoins de Jéhovah, le fondamentalisme
musulman, le scientisme), mais hélas, je la trouve abordée
sous forme d'anecdotes sans grand intérêt. Bien sûr,
il y a quelques scènes hilarantes, dans la tradition du roman anglais
(David Lodge) : chez les Chalfen, le dîner avec la nièce
de la honte et la question de la mère Chalfen sur les seins. Un
roman d'une très jeune femme, qui aurait gagné à
être plus ramassé, le propos plus délimité.
A vouloir brosser une fresque, on s'y perd et on s'y ennuie.
Qui a compris le titre ?????
Claire
Je partage entièrement ce point de vue qui explicite mes impressions.
J'ai lu une bonne centaine de pages dans de très bonnes conditions
pourtant (vacances) et tout à coup je me suis dit, mais tu vas
perdre ton temps avec ce pavé. Plus tard, par mauvaise conscience,
j'ai repris ce pensum avec la séquence censément désopilante
sur les parents d'élèves. Le café-théâtre,
ça me barbe. Ca m'est tombé des mains. Je ressens une certaine
colère vis-à-vis du succès que rencontre ce livre.
Je trouve que la réponse de l'auteur dans une interview à
la question suivante est bien à l'image du livre : " Les
trois mots qui évoquent le bonheur ? Fromage, assiette, plat
principal, cela en fait quatre ! "
Totalement spirituel !
Françoise
C'est la première fois je crois que j'exprime un avis après
" maturation ", car en effet, j'ai lu ce livre depuis
plusieurs mois, et je ne l'ai pas relu pour notre réunion (trop
gros). Et je dois dire qu'avec le temps mon plaisir de lecture ne s'est
pas démenti, au contraire. J'en ai un excellent souvenir.
Lorsque je l'ai commencé, j'ai trouvé le début très
enlevé, très réussi (le suicide d'Archie), et je
me suis dit que Zadie n'arriverait pas à soutenir le rythme. C'est
à la fois vrai et faux. Pour un livre aussi épais, il est
évident, normal, qu'il y ait des longueurs, encore que ce ne soit
pas les mêmes pour tout le monde, mais finalement, il est très
bien construit, et avec l'apothéose de la fin, à la hauteur
du début dans la conduite du récit. Une fois le livre refermé,
je peux dire que j'ai tout aimé, et le temps passant, je pense
que c'est un livre important, que l'auteur y montre une grande maîtrise
et une maturité peu communes pour son âge ; et pour
ne rien gâcher, c'est drôle.
De plus, c'est un témoignage rare. Le sujet des immigrés
en Grande Bretagne a été plus traité au cinéma
qu'en littérature, me semble-t-il. Ici, sont abordés le
racisme, l'immigration, le déracinement, l'assimilation, mais toujours
de façon " anecdotique ", ce n'est jamais pesant
ou sentencieux. Même si bien sûr il y a des exagérations,
si certains personnages sont caricaturaux (les Chalfen), l'auteur y prouve
un grand sens de l'observation et a bien évidemment puisé
dans son vécu : elle est probablement - en partie -
Irie. Il y a des trouvailles romanesques qui prouvent une riche imagination :
la souris, le groupe KEVIN, l'improbable amitié entre Archie, le
passif et looser ultime et Samad, le musulman agressé par l'immoralité
de la société britannique (jusqu'à ce qu'on apprenne
leur secret). Samad est le plus antipathique (à part les Chalfen)
et peut-être le moins convaincant en ce qu'il se montre dominateur,
intelligent, mais néanmoins reste un larbin, un résigné
(une vengeance de l'auteur ?). Bref, une lecture jubilatoire.
Christine
Je n'ai pas été enthousiasmée par le livre. Après
un début de lecture très agréable, je me suis lassée.
Si les deux personnages masculins principaux, Samad et Archibald, sont
largement décrits, il n'en est pas de même de leurs épouses.
Tant qu'à lire 735 pages, j'aurais bien aimé en savoir plus
sur les pensées de Clara et d'Alsana. L'introduction de la famille
Chalfen surcharge inutilement le récit, je n'ai jamais réussi
à m'intéresser aux tribulations chalfaniennes. La fin, avec
l'histoire de la souris mutante, est à mon avis complètement
ratée. Ces réserves mises à part, " j'ouvre
le livre à moitié " pour la fraîcheur et
la spontanéité du style, pour la façon dont sont
traités le multiculturalisme, les questions d'identité que
se posent les immigrés de première ou deuxième génération
(j'ai pensé au personnage de Grein dans Ombres sur l'Hudson
d'Isaac B. Singer), l'amitié d'Archibald et de Samad, deux laissés-pour-compte
de la société... et pour l'humour.
Geneviève
J'aurais aussi aimé aimer ce livre
Je ne l'ai pas lu tout
à fait jusqu'à la fin, mais je trouve que " la
mayonnaise ne prend pas " ; je le finirai cependant. J'ai
l'impression qu'à partir de ce kaléidoscope de personnages,
ces sketches successifs à la Woody Allen, l'éditeur n'a
pas fait son boulot : trop d'idées intéressantes, mais
qui n'aboutissent pas, trop de personnages : ce trop ne fait pas
un tout. Un livre qui ne va pas assez loin dans l'approfondissement ou,
à l'inverse, dans le loufoque.
Liliane
J'ai lu 10 pages
mais je n'ai pas envie de continuer : j'oublie
au fur et à mesure que je lis. Je suis perturbée comme dans
une conversation avec quelqu'un de trop bavard, je pense à autre
chose
; je ne peux pas saisir de filon. Le livre me paraît
bavard, facile et avec des effets de ronds de jambe. L'imitation du langage
oral est fatigante et me rappelle le style de certains magazines féminins
Geneviève et Françoise (qui l'ont lu en anglais)
- Ce n'est pas fatigant en anglais
Claire
- C'est la journée internationale des femmes cette semaine
Nicolas
L'objet livre est nul : le titre, la photo
Par contre, le livre véhicule des valeurs positives, telle que
l'acceptation des autres ; il y a " quand même "
un style et je trouve la manière de parler rigolote. Mais je ne
garde aucun souvenir. Ah si, la fin est décevante. Au début,
il y a une surcharge, un effet recherché par le suicide. La descente
d'escalier de Clara est magnifique. Archi est un gros naze. La scène
du tank est forte, mais celle avec la prof rousse n'est d'aucun intérêt.
La scène de la masturbation est loupée. Quant à la
fin, elle est affligeante...
Jacqueline
Je l'avais lu quand il est sorti et aucun souvenir ne me restait, sauf
la Jamaïque et les témoins de Jéhovah. Je l'ai relu,
mais je préfère les livres où on peut vibrer, s'identifier
aux personnages. Il y a de bons sentiments sur le melting pot. En relisant,
malgré le sentiment de pensum, j'ai trouvé des scènes
intéressantes. Samad est sympathique. L'auteur a du talent, mais
je n'aime pas le ton ironique permanent. Comme dans les romans populaires
du XXe siècle, il y a des personnages à foison. Si je ressens
de l'admiration pour l'auteur, ce genre de grand roman, de saga populaire
ne m'emballe pas. Pour ma part, j'ai eu l'impression que les personnages
avaient un parler authentique.
Loana
J'ai lu une partie du roman aux urgences à Bichat, mais ce n'est
pas le contexte hospitalier qui influence mon opinion
Ce livre est
un scandale ! Il faudrait le démonter et le remonter. J'ai
eu de temps en temps du plaisir, mais j'ai l'impression d'être flouée.
L'auteur a l'élan, des choses à dire, mais le livre n'est
ni fait ni à faire. Je lirai quand même son prochain
Brigitte
J'ai lu ce livre à Londres et quand je levais les yeux dans le
métro, je voyais les personnages
Samad est le centre des
problèmes évoqués. L'auteur aborde un sujet intéressant,
soulève des questions importantes (cela m'a rappelé aussi
ce que j'ai vu au Pakistan), mais sans savoir le mener à bien.
Elle ouvre un chantier, c'est valable de l'avoir fait.
Manu
J'étais surpris par le début livre qui possède une
atmosphère sympa, " jeune ", et en plus qui
cite une chanson sublime " Waterloo station " des
Kinks. La tentative de suicide annonce quelque chose qui aurait pu s'ouvrir
sur un récit épique, mais à la longue je m'ennuie
ferme ! J'ai pensé aux romans de John Irving, ces sagas sur
plusieurs années... mais où il ne se passe pas grand-chose.
Le roman est très délié, ça va dans toutes
les directions, les personnage apparaissent, disparaissent sans savoir
pourquoi : je ne comprends pas le projet. Si le but est de divertir,
je n'ai ressenti que de l'ennui. La parenthèse sur la deuxième
guerre mondiale n'apporte rien, de même que les détails botanniques
de la mère Chalfens... On se lasse, c'est répétitif,
on oublie, il n'y pas de cohésion... Pourquoi avoir tout mis du
manuscrit de Zadie Smith!!
Et ce titre français complètement nul... Mais qu'a fait
l'éditeur??
Tenir sur 735 pages est une gageure qui ici devient un véritable
labeur!
Monique
Je n'ai pas lu ce gros livre. La tête ailleurs...
Mais je voulais vous transmettre ce petit passage d'un livre Jacques Poulin
Les Yeux bleus de Mistassini :
"- Une dernière question, juste entre nous : un
bon livre, ce serait quoi?
- Un bon livre, c'est quand on a envie de tourner les pages pour
connaître la fin de l'histoire et qu'on se retient de le faire par
crainte de rater les qualités d'écriture... "
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