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Cees NOOTEBOOM, Le
chant de l'être et du paraître, trad. du néerlandais
Philippe Noble et Anne Wyvekens, Actes Sud, 1988, 114 p.
Quatrième
de couverture :
Tout écrivain se doit de lire ce petit livre
qui, par le biais d'une inquiétante fiction, pose le problème
de l'essence romanesque. Deux romanciers (l'un, c'est l'auteur, et l'autre
on peut le nommer pourvu qu'on connaisse bien les lettres néerlandaises)
confrontent leurs conceptions. Pour le second, qui a la conscience d'autant
plus limpide que le succès couronne ses entreprises, il n'importe
que de conduire la fiction dans l'ordre naturel, laissant aux gens de
laboratoire les interrogations sur l'écriture. Pour le premier,
la fiction s'apparente à la dévoration car elle mange la
vie, s'en nourrit. Et, précisément, trois personnages bulgares
du siècle dernier, qu'il a mis en scène (la belle Laura
Ficÿev, son médecin de mari et un colonel qui s'éprend
d'elle), s'introduisent dans son existence par le biais de leur intrigue.
C'est à Rome que, par le travers d'un siècle, ils se rencontrent
et que le dénouement arrive. Un régal.
Hubert Nyssen
Il y a trente ans que Cees Nooteboom
s'est imposé comme un des meilleurs écrivains néerlandais
de notre temps, et que sa renommée s'est répandue en Angleterre,
en Allemagne et aux Etats-Unis. Il est temps que la France en prenne conscience.
En 1987, Cees Nooteboom a publié chez Actes Sud Mokusei,
un récit écrit dans la fascination du Japon. À redécouvrir.
1Oe anniversaire
ACTES SUD 1978-1988
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Cees Nooteboom (1933-2026)
Le chant de lêtre et du paraître
(1981, traduit en 1988)
Nous avons lu ce livre en mars 1999.
Nous lirons en mai 2026 L'histoire
suivante
et Rituels.
Lia
Je rends grâce à la personne qui a proposé ce livre...
Il m'a rappelé le film de Clouzot sur Picasso, avec la description
du processus de création.
C'est un ravissement d'intelligence. Avec le dialogue entre les écrivains,
une double voix. Le narrateur part d'une idée peu intéressante,
un médecin, une femme, un colonel. On voit toutes les hésitations,
la voix de l'autre écrivain, les exigences du premier écrivain,
la description de ce qui se passe en lui au fur et à mesure que
les personnages s'imposent à lui.
La fin est un enchantement.
J'ai beaucoup aimé le séjour à Rome. L'autre écrivain
lui téléphone pour le mener au succès et lui déchire
les feuillets qu'il a écrits. Il met le feu à ses papiers
et les trois personnages eurent une brûlure au cur.
Quand l'uvre est achevée, c'est épouvantable. Comme
si des personnes nous quittaient à tout jamais ! On voit que des
personnages peuvent vous dévorer la vie : on les crée, puis
ils vous possèdent. La fin est inéluctable.
C'est le problème de la réalité, de la fiction, du
rêve.
Un petit chef-d'uvre.
Chantal
J'ai trouvé le livre très beau, mais un peu cher.
J'écris. Mais j'ai trouvé le livre très nombriliste.
Il m'enlève toute envie d'écrire.
C'est très personnel, je n'arrive pas à entrer dans le livre,
ce n'est pas du tout le plaisir que j'ai à écrire.
Je n'ai pas trouvé d'intérêt. J'ai fait l'effort de
finir.
Manuel
J'ai lu deux chapitres seulement, qui résument tout le livre.
Ça me semble un peu fabriqué.
Je vais continuer ma lecture.
Claire
Je l'avais lu dans le passé et l'avais aimé.
En le redécouvrant, je me suis rappelé à une époque
où j'écrivais, j'ai trouvé ce que j'avais souligné
alors était affreusement banal.
Mais au fur et à mesure, j'ai été saisie par l'intérêt
du livre et le montage m'a beaucoup plu : c'est l'image de la mise en
abyme, cliché de la littérature du XXe siècle.
Odile (avis transmis de Dijon)
Le livre est bien petit, intéressant pour le débat sur les
conceptions de l'écriture et sur leur récit et leurs rapports.
J'ai été intéressée par l'excitation de l'écrivain
qui va aborder un nouveau personnage, celui de la femme.
(En 2026) Je viens de rouvrir ce petit livre et je crois me souvenir maintenant
de la sensation que j'avais eue : un léger ennui, une prise de
tête un peu convenue et prévisible. ça devait être
dans l'air du temps à l'époque...
Une histoire de personnages qui passent dans la réalité.
Plusieurs l'on fait.
Brigitte
Ça m'a beaucoup plu. C'est un livre dont le thème a déjà
été abordé, par exemple dans Paludes.
Ce qui m'a beaucoup intéressée, ce n'est pas seulement le
type de création (des histoires industrielles ou ce qui vient de
soi). J'ai aimé le fait qu'un livre puisse être consacré
à chacun. J'ai aimé les cauchemars du colonel. La femme
le fait exister tel qu'il aurait pu être.
Sur une histoire archi banale, il nous fait voir des choses pas banales.
Je n'ai pas aimé la fin, trop procédé.
Christine
Le livre m'a plu, avec un sentiment de frustration.
J'ai beaucoup aimé la construction.
J'ai eu beaucoup de plaisir à retrouver le colonel et le médecin.
Les questions de l'écrivain m'ont intéressée.
J'ai aimé les moments où l'action de faire l'emporte, l'emporte
sur l'action de penser.
J'ai envie de comparer les deux écrivains et le couple colonel/médecin.
Les femmes sont des personnages flous, la femme de l'écrivain et
celle du médecin, toutes les deux trahies.
J'aime beaucoup le climat général : tristesse, nostalgie,
pessimisme.
Une fiction rend plus réelle la partie qui n'est pas une fiction.
Sabine (avis transmis de Ouagadougou)
J'ai aimé le projet, mais très vite l'intérêt
s'est émoussé.
L'histoire du colonel et du médecin m'est passée au-dessus
de la tête. Le débat entre écrivains est trop court
pour pouvoir se développer.
Liliane
J'ai lu très rapidement, trop superficiellement.
Avec un sentiment agréable.
J'ai eu beaucoup de doutes sur la réelle interrogation sur la création
littéraire.
La fin ne m'a pas convaincue.
Notre écrivain se moque de lui-même. Sa description du processus
de création ne ressemble pas au vrai travail d'un écrivain.
L'écrivain rend ici compte de son impuissance, n'arrive pas à
donner quelque chose d'engagé de sa personne. Le travail d'écriture
change le personnage.
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