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Le
chocolat et Madame de Sévigné (le chocolat lui tourne la tête visiblement...)
Sa fille est enceinte, elle lui écrit : Et, le 15 avril, elle lui écrit : "le chocolat n'est plus avec moi comme il était : la mode m'a entraînée, comme elle fait toujours : tous ceux qui m'en disaient du bien, m'en disent du mal ; on le maudit, on l'accuse de tous les maux qu'on a, il est la source des vapeurs et des palpitations ; il vous flatte pour un temps, et puis vous allume tout dun coup une fièvre continue, qui vous conduit à la mort ; enfin, mon enfant, le grand maître, qui en vivait, est son ennemi déclaré :vous pouvez penser si je puis être d'un autre sentiment ! Au nom de Dieu, ne vous engagez point à le soutenir ; songez que ce n'est plus la mode du bel air. Tous les grands et moins grands en disent autent de mal qu'ils disent du bien de vous : les compliments sont infinis." Puis, un mois plus tard, à sa fille enceinte : "Je vous en conjure ma très chère bonne et très belle de ne plus prendre de chocolat, je suis fâchée avec lui personnellement [...] En l'état où vous êtes, il vous serait mortel." Le 16 septembre : "Si je n'étais pas brouillée avec le chocolat, j'en prendrais une chopine ; il ferait un bel effet avec cette belle disposition que vous voyez." Le 25 octobre, elle insiste : "Mais le chocolat, quen dirons-nous ? Navez-vous point peur de vous brûler le sang ? Tous ces effets miraculeux ne nous cacheront-ils point quelque embrasement ? Dans létat où vous êtes, ma chère enfant, rassurez-moi, car je crains ces mêmes effets. Jai aimé le chocolat, comme vous savez ; il me semble quil ma brûlée, et depuis, jen ai bien entendu dire du mal ; mais vous dépeignez et vous dites si bien les merveilles quil fait en vous, que je ne sais plus quen penser." Puis c'est la panique : "La marquise de Coëtlogon prit tant de chocolat, étant grosse l'année passée, qu'elle accoucha d'un petit garçon noir comme le diable, qui mourut". Et... revirement le 28 octobre : "J'ai voulu me raccommoder avec le chocolat
; j'en pris avant-hier pour digérer mon dîner, afin de bien
souper, et jen pris hier pour me nourrir, afin de jeûner jusqu'au
soir : il m'a fait tous les effets que je voulais ; voilà
de quoi je le trouve plaisant, c'est qu'il agit selon l'intention".
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Sévigné de Lirelles
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