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"Quand la porte s'ouvre, les hommes posent leur verre, certains après
avoir promptement éclusé les dernières gouttes.
Un macaque de la taille d'un chien est mené avec laisse et collier
par un homme voûté aux cheveux blancs peignés. Personne
ne parle. Dix yeux sont braqués sur le mammifère qui pénètre
en chancelant dans la pièce. Ses poils couleur brique empestent
l'alcool et les excréments, après qu'on l'a forcé
à ingurgiter de la vodka et de la morphine dans sa cage toute la
matinée. (...)
L'homme vouté conduit le singe sous la table, fait passer sa tête
dans un trou découpé en son centre. On ouvre une autre bouteille.
La capsule émet un bruit sec tandis que les hommes s'emparent de
leurs verres.
Le singe est attaché à une poutre sous la table. Il se débat
dans tous les sens. La gueule étouffée par une lanière
en cuir, ses hurlements ressemblent plutôt au bruit de moulinet
d'une ligne lancée à travers un étang."
Un bref instant de splendeur, Folio, p. 62-63
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Vuong de Voix au chapitre
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